dimanche 29 avril 2012

Suite et fin de l'aventure avec les Tanichthys Albonubes !


Voilà, c'est fait, il y a une semaine déjà que les Tanis ont rejoint leur résidence d'été qu'est mon bassin. Vous savez ces cuves noires que l'on voit dans les jardineries et dans lesquels sont stockées les plantes de berge et autres plantes semi-aquatiques? Ce n'est pas une poubelle et même s'il répond aux critères posés par les poubellariophiles, je ne pouvais lui donner le nom pompeux de poubellarium, et comme ce n'est pas non plus un véritable bassin mais plutôt une grande bassine, je n'ai eu d'autres choix que de lui donner le nom, non-moins pompeux, de bassinarium!


C'est une grosse bassine de 300l, mise en eau en avril 2009, dans laquelle ont évolué des poissons rouges, jusqu'à ce que je découvre les Tanichthys Albonubes. Et c'est en mai 2011 que j'ai remplacé, tout naturellement, les poissons rouges par une quinzaine de ces petits poissons espiègles et pas difficiles pour un sou. Les poissons rouges ont rejoint un bassin beaucoup plus grand et plus adapté à leur besoin en espace. J'en profite pour remettre les pendules à l'heure, les poissons rouges ne craignent absolument pas l'hiver, chez moi, ils ont passé deux hivers sous une mince couche de glace, sans nourriture et sans filtration aucune, au printemps ils étaient encore plus beaux, plus vifs et plus éclatants. Soit dit en passant, ils adorent brouter les lentilles d'eau, leur en donner une fois pas mois est bénéfique pour leur santé, ne pas oublier que ce sont des omnivores et qu'ils ont besoin de nourriture végétale.
Les Tanis sont restés dans le bassin jusqu'à l'automne de la même année, période à laquelle je les ai rentrés dans mon aquarium de 255l. La pêche fut difficile et deux d'entre eux sont restés à l'extérieur car je n'ai pas réussi à les attraper à cause de l'épaisse vase dans laquelle ils ont trouvé refuge.

Vous n'arrivez pas à suivre? C'est normal, moi-même je m'y perds un peu, alors récapitulons :

  • Avril 2009, mise en eau du bassin avec filtration seulement durant les beaux jours.
  • Mai 2009, introduction de 4 poissons rouges.
  • Avril 2011, les poissons rouges quittent mon bassin.
  • Mai 2011, introduction de 15 Tanichthys Albonubes dans le bassin sans aucune filtration.
  • Juin 2011, des alvins en masse!
  • Novembre 2011, les Tanis, une cinquantaine à présent, sont rentrés en aquarium, sauf deux d'entre-eux qui sont restés dans le bassin.
  • Avril 2012, les Tanis sont remis en bassin.

Alors et pour en revenir à mon introduction, c'est un peu par hasard que je me suis décidé, la semaine dernière, à remettre les Tanis en bassin. C'est en faisant le nettoyage de printemps de mon bac que j'en ai attrapé un par mégarde avec les plantes flottantes en surplus. Alors que je m'apprêtais à composter tout ça, je me suis aperçu qu'un petit Tanis se trouvait dans mon récipient, et comme je me trouvais à ce moment-là près du bassin et que je ne crois pas au hasard, je me suis dit: « tiens, ça c'est un signe, il est temps de les remettre dans la nature!». Aussitôt dit, aussitôt fait, voilà qu'il se retrouvait à nager dans mon bassinarium. Après quelques minutes d'observation et voyant qu'il se sentait bien; sa première réaction fut de gober tout ce qui se trouvait à la surface, je me décidais à les remettre tous à l'extérieur.
Heureusement que ces petits poissons, charmants et peu farouches, se sont laissés faire sans rechigner, ils entraient pratiquement tout seuls dans mon récipient en plastique. Ils ont dû sentir, après avoir passé six mois en aquarium, qu'ils allaient rejoindre de nouveau un espace plus grand, sans personne pour les lorgner à longueur de temps.

Il faut que je dise, quand-même, qu'ils sont passés d'une température de 21° à une eau de 15°, six degrés de différence, c'est pas rien tout de même. Faut dire aussi que je ne les ai pas jetés dans le bassinarium sans aucune préparation, j'ai mélangé petit à petit l'eau du récipient avec celle du bassin, histoire de leur épargner un choc thermique trop brutal. Oui, je sais, ma bonté me perdra!

Du coup les deux Tanis que je n'a pas réussi à attraper l'automne dernier et qui ont, donc, passé tout l'hiver dehors planqués au fond du bassin sous les feuilles mortes, sont finalement sortis de leur cachette en se disant, » enfin de la chair fraîche, nous on est pleines et on en peut plus! » Car il semble bien s'agir de deux femelles Tanis, tant elles sont énormes, elles devaient attendre impatiemment la venue des mâles, histoire de répondre à l'appel irrésistible de la nature. Je m'attends, donc, à être de nouveau papa, voire grand-papa d'ici peu.

Mais ceci prouve, s'il fallait encore une preuve, que ce sont des poissons grégaires et que seul ou à deux, ils ne sont pas à l'aise et passent leur temps à se planquer. Il faut au minimum 6 de ces poissons, aussi beaux qu'intéressants, pour qu'ils se sentent bien et en sécurité, surtout dans un aquarium où les cachettes manquent souvent. Ce qui est intéressant aussi, c'est que ces deux femelles ont survécu sans aucune nourriture artificielle et dans une eau plus que froide avec un hiver à -2 cette année, et malgré ces conditions rudes elles sont plus grandes, mis à part leur gros ventre, plus colorées et vives que leurs compagnons restés dans l'aquarium au chaud.

Acorus decoratum, Bletilla striata
Alors, pour ceux qui voudraient un coin de vie aquatique dans leur jardin, et qui ne peuvent s'offrir un grand bassin digne de ce nom, ce petit poisson fait très bien l'affaire, s'il est installé à plusieurs dans une grande bassine. Il n'a que des avantages sans les inconvénients, il est beaucoup moins pollueur que les fameux poissons rouges, peu exigeant quant aux paramètres de l'eau, n'a pas besoin d'un grand espace et vit très bien en eau froide, en plus il se délecte des larves de moustiques, que des avantages disais-je!

Aujourd'hui j'ai dû me résoudre à faire un peu de ménage dans leur résidence d'été qui va, d'ailleurs, devenir leur résidence à l'année. J'ai enlevé un seau d'algues filamenteuses qui devenaient vraiment trop envahissantes réduisant d'autant l'espace de nage aux poissons. Avec les algues, j'ai attrapé quelques larves de libellules de différentes tailles et j'entends déjà les récriminations de mon copain Charlie, mais c'est avec la conscience tranquille que je les ai compostées sans pitié aucune! Faut pas abuser, la place ne manque pas dans le quartier, elles n'ont qu'à établir leurs domicile chez mon voisin, chez lui pas de poissons et, donc, pas de reproductions, elles y seront bien avec les larves de moustiques, les Dytiques et les araignées d'eau, chez lui elles ne feront aucun mal, nom de nom! De toute façon il en reste encore au fond de mon bassinarium, ça doit même pulluler de larves en tout genre...

En faisant la poussière dans leur gîte, j'ai remarqué des pousses bien vertes sur les brins de Cératophyllum et d'Elodée restées dans le bassin durant l'hiver. Je n'avais pas envie de les enlever, oui je sais, je suis un tantinet fainéant. Mais il semble que j'aie bien fait, en fait ces plantes résistent à l'hiver mieux que prévu. Il est vrai qu'avec le froid elles jaunissent puis se désagrègent, mais ce processus étant assez lent, les plantes arrivent à passer les quelques mois d'hiver et n'ont pas le temps de disparaître complètement. Ainsi, dès les premiers rayons de soleil elles repartent de plus belle! J'ai même remarqué au fond une pousse de Cardamine Lyrata d'un vert tendre, jetée nonchalamment dans le bassin l'année dernière, qui reprend également, j'espère qu'elle réussira à prospérer.

Dans le but de leur faciliter la vie, je leur ai rajouté quelques brins d'Elodée et des Pistias qui viennent de mon bac, car bien que les plantes restées dans le bassin reprennent, il n'y en a pas assez pour leur offrir des cachettes et des supports de ponte. Quand il fera plus chaud je leur mettrai des Hygrophila, comme l'année dernière, et d'autres plantes flottantes. Les Hygrophila seront magnifiques avec leurs sommets qui percent fièrement la surface.

Il manque encore de la végétation, mais ce n'est que provisoire, il faut que les températures montent encore pour que les plantes puissent donner le meilleur d'elles-mêmes. Alors voilà un petit aperçu de mon bassinarium à travers ce petit film, histoire de prouver que mes Tanis sont heureux!


Si vous vous demandez quelles sont les plantes entourant le bassin, ce sont des saponaires qui prospèrent au bord des ruisseaux. Elles font de magnifiques fleurs roses très odorantes et pleines de mousse, ce n'est pas pour rien qu'on les appelle "herbe à savon".

Installation: Le bassin est installé à l'ombre, il y a seulement 2 heures de lumière par jour, le reste du temps seuls quelques rayons percent les branches des arbres. Ça permet de garder l'eau fraîche même en plein été et ça limite la prolifération des algues. L'eau du bassin est à 80% de l'eau de pluie, l'été, seulement, je rajoute de l'eau de conduite à cause de l'évaporation. Il y a tout un tas de feuilles mortes tombées naturellement des arbres durant l'automne, l'eau doit être plus douce et légèrement acide. Le substrat est composé de sable de Loire, de puzzolane et autres graviers et d'un peu de terreau.

De la faune: Mis à part les Tanichthys il y aussi des Aselles, des Physes beaucoup plus gros que ceux de nos aquariums, des larves de libellules, un Notonecte, vous savez cette bestiole qui nage gracieusement à la surface de l'eau la tête en bas, et enfin, une grenouille verte semble avoir établi domicile dans le bassin, à la tombée de la nuit ses croassements résonnent dans tout le quartier. 

De la flore: Pour le moment il y a des brins d'Elodée et de Cératophyllum Submersum, des Pistia stratiotes, des Salvinia natans, des brins de Myriophyllum brasiliensis qui reprennent vie, une Bletilla Striata, orchidée aquatique avec ses magnifiques fleurs mauves et un Acorus decoratum. D'autres plantes viendront compléter la flore comme l'Azolla caroliniana et l'Hygrophila corymbosa. Il y a bien sûr des algues, mais c'est normal et même souhaitable. Elles fournissent un support au zooplancton et la nourriture aux alvins. 

Entretien: Méditez ce vieux proverbe chinois:

"Plus une eau est propre, moins il y a de poissons dedans !"

Comme il n'y a pas de filtration, il n'y a pas de nettoyage des masses filtrantes non plus. Seulement, deux à trois fois par an, suppression du surplus d'algues filamenteuses et, durant l'été, rajout de l'eau de conduite à cause de l'évaporation. Pas de nourrissage, la nature se charge de nourrir les habitants du bassin.

Je puis vous affirmer que l'eau est saine; j'ai failli plonger la tête la première dans le bassin tellement l'odeur qui s'en dégage me rappelle les ruisseaux des sous-bois.  Je pense que ces conditions de maintenance se rapprochent le plus fidèlement possible de l'habitat naturel des poissons.
C'est une expérience à tenter avec la plupart des Danio, qui vivent dans les ruisseaux entre l'Asie et l'Inde, dans une eau fraîche. Même si les Tanichthys supportent une couche de glace, je tiens à préciser quand-même que je suis dans le Sud de la France. 

Voilà pour ce qui est de cette petite aventure pleine d'enseignements en tout genre. A conseiller, donc, à tous ceux qui souhaitent avoir une mare dans leur jardin, cela avec peu de moyens, d'énergie et de temps! 

Épilogue: Enfin, ce n'est pas vraiment la fin de cette histoire, puisque dorénavant les Tanis vont rester en bassin toute l'année, il y aura sans doute beaucoup d'autres choses à raconter. Il s'agit seulement de la fin de leur voyage entre le magasin, l'aquarium et leur habitat définitif qu'ils ont bien mérité. A plus tard, donc, pour d'autres aventures aquatiques!

mercredi 25 avril 2012

Plantes flottantes


L'Azolla caroliniana,  fougère purificatrice de l'eau est extrêmement utile pour l'aménagement des bassins, des poubellariums, des paludariums et même de nos aquariums. Les plantes flottantes en générale et l'Azolla en particulier ont une part active au maintien de l'équilibre biologique d'un plan d'eau. L'Azolla élimine efficacement les nitrates de nos aquariums.

Origine: Amérique du Nord, Mexique
Croissance: rapide
Besoins: Soleil à mi-ombre en bassin, lumière artificielle en aquarium
Température: 15 à 27° mais ses spores résistent à une température de -20°
Taille: 2 cm
Multiplication: se multiplie par dispersion

Divers: Cette fougère est de couleur  verte claire dans les conditions normales, mais rougit au froid ou à la chaleur. L'hiver elle disparait à l'extérieur, mais ses spores tombent au fond de l'eau et hivernent en attendant les beaux jours. Au printemps, dès les premiers rayons du soleil, les spores produisent de nouvelles plantes et le cycle redémarre. Elle travaille en symbiose avec des cyanobactéries présentes sous la plante ce qui lui permet de fixer l'azote contenu dans l'air ambiant. 

Comme toutes les autres plantes flottantes l'Azolla est essentielle pour la filtration de l'eau puisque elles se nourrit des déchets générés pas tous les habitants d'un milieu aquatique. Elle est idéale pour les bassins, poubellariums et aquariums sans système de filtration.

En se développant à la surface elle permet de filtrer la lumière, ce qui évitera un réchauffement trop important des bassins et fournira de l'ombre aux poissons, qui se sentiront en sécurité et les protègera d'éventuels prédateurs. Mais il faut éviter, en même temps, que cette plante flottante ne devienne envahissante en recouvrant toute la surface, ce qui provoquerait la mort des plantes aquatiques immergées et l'appauvrissement de l'eau en oxygène, évidemment néfaste pour les poissons.

A savoir sur l'Azolla caroliniana
  • elle est aujourd'hui cultivée pour la fertilisation des cultures grâce sa capacité à fixer l'azote dans le sol,
     
  • elle entre dans la composition de l'alimentation industrielle de nos poissons, des fourrages pour le bétail, grâce à sa richesse en vitamines, acides aminés, protéines, minéraux et acides aminés,
  • elle est cultivée dans les rizières de par sa capacité à bloquer la lumière en empêchant ainsi la pousse des plantes concurrentes,

  • elle est également  utilisée dans les rizières pour empêcher la prolifération des moustiques; grâce à ses capacités à asphyxier le milieu aquatique elle permet d'étouffer les larves.
Précaution à prendre:
Bien que ses qualités pour nos bacs sans filtration soient incontestables, il convient d'être prudent, comme pour toutes les plantes aquatiques importées d'ailleurs. A cause de sa résistance aux températures extrêmes et à sa capacité à asphyxier les milieux aquatiques, il ne faut pas, si l'on souhaite s'en débarrasser, la jeter dans la nature mais la détruire sans pitié, tout simplement!

mardi 24 avril 2012

Les poissons faciles

Le Puntius titteya
Famille:
Cyprinidés
Genre: Brachydanio
Origine: Sri Lanka
Taille: 4 cm pour les femelles, 5cm pour les mâles.
Température:
De 22 à 27°, 25° pour la reproduction
Le Puntius titteya ou Barbus titteya et aussi appelé Barbus cerise à cause de sa couleur rouge et rouge profond lors de la période de frai, et de ses barbillons au coin des lèvres. La femelle est de couleur plus pâle. Ce petit poisson de 5 cm fait partie de la famille des Cyprinidés et est originaire du Sri Lanka.

C'est un poisson paisible et lent hormis la période de frai, période durant laquelle il course les femelles en les harcelant. Il vit 4 années en moyenne dans les eaux très ombragées, peu profondes et calmes, le substrat est riche en limon avec beaucoup de feuilles tombées des arbres qui surplombent son habitat. L'eau est peu minéralisée et douce. C'est un poisson tropical peu exigeant, idéal pour les débutants, mais à maintenir absolument en groupe, jamais seul ou à deux!

Il peut être maintenu dans un bac de 60l de 6 individus, deux mâles pour quatre femelles est un minimum. Même s'il s'adapte à une eau plus dure, on peut lui procurer une eau douce et légèrement acide en ajoutant 50% de l'eau de pluie et en mettant dans le bac des feuilles de chênes mortes ou, pour les plus riches, des feuilles de catappa pour leurs propriétés antiseptique et acidifiante.

Comme il possède un paire de barbillons et fouille constamment le substrat à la recherche de nourriture, il faut, donc, prévoir un sable très fin pour lui éviter de se blesser. Le bac ne doit pas être chauffé mais doit être très planté, la végétation dense va lui offrir de nombreuses cachettes et des supports de pontes.

Des plantes flottantes viendront tamiser l'eau reconstituant un peu son habitat naturel, ce qui va permettre d'accentuer ses couleurs. Mais il faut prévoir aussi un espace pour la nage libre, un bac planté aux deux tiers est idéal. Contrairement aux autres Barbus, c'est un poisson pacifique qui peut cohabiter avec d'autres espèces de même caractère et de la même origine, mais dans un aquarium plus spacieux.

Dimorphisme. Le mâle arbore une belle couleur rouge, plus prononcée que chez la femelle, la couleur est accentuée lors de la période de frai, qui devient rouge profond. La couleur des mâles dominants par rapport à celle des mâles dominés est également plus prononcée et brillante. Les femelles ont, comme souvent, le ventre plus rebondie et sont de couleur plus pâle.
Couple Barbus titteya
Reproduction: Lors de la période de frai, les mâles poursuivent les femelles quelques fois jusqu'à épuisement, ils deviennent également agressifs envers les rivaux qu'ils chassent sans pitié. Il faut veiller à maintenir un mâle pour deux femelles pour permettre à celles-ci de se reposer. La femelle Puntius Titteya pond 200 à 300 œufs qu'elle disperse sur les plantes et le substrat, le mâle viendra ensuite féconder les œufs. Les parents ont tendance à manger leurs œufs, il faut donc prévoir un bac séparé si l'on souhaite avoir des reproductions réussies. Un bac de 20l, à une température de 25°, avec beaucoup de plantes et de la mousse de java, dans laquelle les œufs seront déposés, suffit. Il faut retirer les parents à la fin de la ponte, après plusieurs heures. Les œufs éclosent au bout de 1 à 2 jours et les alevins nagent rapidement. Au bout de 5 semaines, ils atteignent 1 cm et ressemblent déjà à leurs géniteurs. Il faut nourrir les alvins avec des infusoires, puis des nauplies d’artémia ou des micro-vers.

Nourriture: Comme tous les poissons ils préfèrent la nourriture vivante, larves de moustiques, artémias, daphnies, acceptent aussi la nourriture congelée et des légumes pochés, salade, carotte, etc...
Très gloutons, il faudra faire attention à ne pas les suralimenter si on veux éviter de les perdre!

Les plantes faciles


Nom: Cabomba Caroliniana

Origine: Amérique du Nord
Croissance: Rapide
Besoins : Préfère les eaux calmes, douces et limpides. Aime un éclairage intense et il faut la planter  suffisamment espacée de façon à ce que ses tiges puissent recevoir la lumière sur toute la longueur. Bien que son feuillage soit tendre et ses tiges cassantes, elle reste moins fragile et exigeante que la Cabomba Aquatica.
Température: 20 à 26°, mais supporte des T° de 15°durant l'hiver.

Taille: 50 à150cm

Multiplication: Par bouturage, il faut couper la tige au niveau des racines latérales et la replanter. Elle tend à être envahissante.
Divers: Plante immergée, idéale pour faire des massifs d'arrière plan. Comme toutes les plantes 100% aquatiques elle abrite une infinité de micro-organismes, c'est un bon support pour le zooplancton et les alvins aimeront se cacher dans son feuillage. N'aime pas les remous, il faut la placer loin du rejet du filtre. Pour les aquariums sans filtration et sans chauffage elle est idéale si elle reçoit suffisamment de lumière, on peut la laisser flotter. C'est une plante oxygénante et purificatrice car  gourmande en nutriments, aussi elle peut freiner la croissance d'autres végétaux présents dans le bac.

jeudi 12 avril 2012

La méthode Walstad.

Voici une méthode qui revient au goût du jour après être tombée dans les oubliettes de l’aquariophilie. Cette méthode est connue depuis des décennies et a été pratiquée par de nombreux passionnés. Certains diront "Mme Walstad n'a rien inventé", peut-être pas, mais elle a au moins le mérite de faire revivre une manière plus naturelle de pratiquer l'aquariophilie et de donner des bases scientifiques à cette méthode, ce qui n'est vraiment pas négligeable. J'ai moi même pratiqué cette méthode il y a longtemps: substrat fait maison à base de terreau ou de tourbe et de sable, comme moyen de filtration un système de type Aquaclear. Il s'agit d'un petit filtre extérieur de faible capacité avec comme masse filtrante de la mousse ou du perlon, le tout accroché à l'arrière du bac. Il est très performant et pratique car ne prend que très peu de place et se nettoie très facilement, et ça c'est pas rien, pour des fainéants comme moi! Je dois dire que, depuis, je n'ai jamais eu un bac aussi beau, avec des plantes aussi magnifiques, saines et sans aucun problème d'algue quelconque, à conseiller donc!

En quoi consiste la méthode Walstad?


Cette méthode a été rendue populaire par Diana Walstad, auteur de «L'écologie de l'aquarium planté - traité pratique et scientifique pour l'aquariophilie».

Principalement, c'est un aquarium naturel planté densément, ayant un sol riche avec une sous-couche de terreau maison. Le but étant de favoriser au maximum la croissance des plantes. Ce substrat à base de terreau favorise aussi l'installation des bactéries dénitrifiantes, ce sol offre un espace de colonisations 50 fois supérieurs à celui d'un substrat simple à base de sable. 
Principe:
Il s'agit de créer un écosystème où les plantes et les poissons équilibrent les besoins de chacun. La sous-couche du sol devrait  permettre aux plantes de se développer rapidement et convenablement, ceci pour supplanter les algues et recycler les déchets des poissons. Ici ce sont les plantes qui éliminent les toxines comme l'ammoniaque, nitrites, etc. Un sol pauvre ne permet pas aux plantes de faire leur travail.



Résultats escomptés:
Une bonne croissance des plantes
Pas d'injection de CO2
Pas ou peu d'algues
Pas besoin d'engrais
Fournitures d'éléments trace pour la santé des poissons
Environnement stable pour les poissons
Pas de nettoyage du substrat
Pas de changements d'eau fréquents une fois l'aquarium stabilisé
Pas de mauvaise odeur
Filtration non nécessaire (plantes se chargeront de l'ammoniaque, des nitrites et des nitrates, les bactéries du sol consommeront l'azote).

Les proportions:
Exemple d'un aquarium de 3L pour des crevettes mis en place en une journée selon la méthode Walstad:
  • Une couche de 2,5cm de terreau générique disponible dans tous les centres de jardinage. Évitez les substrats contenant des engrais chimiques (sulfates et nitrates seront convertis en H2S et en nitrite, après que le sol soit submergé). Les engrais phosphatés et le calcium (par exemple, de petit os mélangés au sol) peuvent être bénéfiques. Peut convenir également un substrat pour bassin non stérilisé.
Concernant le compost – de marque John Innes (ou autre)
  • Puis une couche de 2,5cm de gravier fin à moyen pour couvrir le terreau (les bactéries ont besoin d'oxygène, donc de ne pas étouffer le substrat avec des pierres, du bois flotté, etc)
  • Si vous avez une eau trop douce, vous pouvez ajouter au substrat une source de calcium (chaux, sable de corail, coquillages, os, etc) pour assurer aux plantes un apport suffisant de calcium et obtenir un GH convenable.
  • Concernant la plantation, commencez avec de nombreuses espèces de plantes à croissance rapide (vous trouverez celles qui s'adaptent le mieux aux conditions de votre aquarium). Exemples: Hygrophila corymbosa, Shinnersia riv, Rotundifolia rotala, Ludwigia repens, Limnophila sessiliflora, Cornifle nageante, Riccia, etc.
  • Installer un éclairage adéquat. Au moins 2W par gallon américain (3.8L) de l'éclairage fluorescent sur toute la longueur de la cuve pour une période d'au moins 10 heures par jour. Des tubes «blanc froid» sont généralement suffisants. Si vous pouvez positionner l'aquarium pour qu'il puisse obtenir un peu de soleil pendant au moins une heure par jour, faites-le, assurez-vous que l'eau ne se réchauffe pas.
  •  Ajouter l'eau à température ambiante (pas de chlore ou de chloramine). Si besoin, ajoutez un conditionneur d'eau.
  •  Créer un mouvement de l'eau (via des pré-filtres, des pompes de brassage, etc) afin d'oxygéner l'eau pour les poissons et les bactéries présentes dans le substrat. (Avoir une eau bien oxygénée est particulièrement important les deux premiers mois avec un sol fraîchement préparé). La circulation d'eau près de la surface permettra de briser le bio-film sur la surface.
  •  Tous les deux jours testez le pH, l'ammoniaque, nitrites et nitrates (pendant au moins deux mois et jusqu'à l'équilibrage du bac ). Il peut y avoir une augmentation temporaire de ces niveaux pendant la stabilisation du sol, surtout si le substrat a été artificiellement fertilisé. Envisagez l'utilisation d'Amquel au début pour enlever toute l'ammoniaque potentielle qui pourrait se développer.
  •  Si des algues apparaissent, réduisez temporairement le niveau d'éclairage ou ajouter des plantes flottantes. Le but principal est d'obtenir des plantes qui poussent convenablement pour supplanter les algues.
  •  Faites les changements d'eau que si nécessaire - des changements d'eau peuvent être nécessaires les deux premiers mois pour éliminer les toxines diverses (par exemple, les huiles de bois) dégagées par le sol. En outre, les nouveaux substrats libèrent des nutriments qui stimulent la croissance des algues (azote). Une fois l'équilibre atteint, les changements d'eau peuvent devenir rares.
  •  Vous pouvez ajouter des animaux aquatiques le jour même de la mise en place, mais suivre de près la santé des poissons. Il peut être nécessaire (quoique rare) au cours de cette « période de rodage » de faire quelques changements d'eau pour abaisser les tanins. Certaines personnes utilisent le charbon actif dans le filtre pour supprimer tout effet de tanins jaunes (mais ces tanins sont un avantage pour la santé des animaux du bac.)
  •  Vérifiez le taux de l'ammoniaque, des nitrites le premier mois. Si vous obtenez un niveau supérieur à zéro, effectuez un changement d'eau de 25%! Toutefois, si vous ajoutez Amquel ou un conditionneur, vous allez protéger les occupants du bac contre tout dommage possible.

Résultats obtenus:
  • Le substrat contient naturellement des bactéries nitrifiantes qui vont agir et détoxifier l'ammoniaque et les nitrites. Il contient également des bactéries dénitrifiantes qui vont traiter et enlever les nitrates.
  •  Les plantes consomment l'ammoniaque et les nitrites, qu'elles préfèrent aux nitrates.
  •  Le substrat produira du carbone (CO2) qui va grandement stimuler la croissance des plantes et va permettre de stabiliser le KH.
  •  Les déchets des poissons (mulm ou vase) et les aliments non consommés seront rapidement transformés par les bactéries du substrat, de sorte que les plantes pourront les utiliser pour leurs besoins nutritionnels.
  •  Ce substrat avec une sous-couche devrait durer plusieurs années (~ 10 ans), parce que les déchets des poissons et de plantes vont en permanence reconstituer les éléments nutritifs du substrat dont les plantes se nourrissent. Pas besoin d'ajouter d'engrais pendant des années.
  •  Le substrat libère les oligo-éléments dont les poissons ont besoin pour leur santé, ce qui réduit les besoins en changements d'eau.

Entretien:

  • Taillez les plantes si nécessaire et ajustez la quantité de lumière au besoin. Plus de lumière, croissance plus rapide des plantes et moins d'algues.
  •  Pensez à ajouter de petits escargots qui accéléreront la décomposition du mulm.
  •  Si vous avez besoin d'une eau dure, GH supérieur à 7, ajoutez du gravier de corail ou de coquillages et laissez-les se dissoudre lentement. Toutefois, l'ajout d'un mélange 4:1 de chlorure de calcium et de sulfate de magnésium est un moyen d'obtenir le GH désiré, sans augmenter le pH.
  •  Assurez-vous que le KH n'est jamais inférieur à 6, sachant que le PH peut varier, voir le bicarbonate de sodium pour plus de détails.
  •  Ajouter lentement les plantes à croissance lente comme Hydrocotyle verticillata et Anubias, une fois les plantes à croissance rapides établies.
  •  Testez votre taux de nitrates 1 fois par mois (ou plus tôt après l'ajout de poissons) pour s'assurer que les niveaux de nitrates ne soit pas trop élevé (c'est à dire> 10 mg / l).
  •  Remplacer les tubes d'éclairage tous les ans (les lampes fluorescentes compactes peuvent durer beaucoup plus long).

Difficultés éventuelles:
  • Certaines personnes ont de la difficulté à déraciner et à déplacer les plantes une fois que le bac est installé. Il convient de couper le filtre ou la pompe de brassage pendant ce temps pour permettre aux particules de se déposer au fond. Dans un environnement sain et un bac bien établi les particules retombent au bout d'une heure ou deux. (Ceci grâce aux bactéries du substrat qui font leur travail en agglutinant les particules entre elles)
  • Éviter de perturber le gravier lors des changements d'eau, etc. On peut placer un plat ou un autre objet sur le gravier pour éviter un courant trop puissant venant remuer le fond.
  • Le nombre des poissons dépend de la croissance des plantes, de la surface du bac, du mouvement et de l'aération de l'eau. Les aquariums avec plus de poissons fournissent aux plantes plus de nutriments et de CO2. Les aquariums avec des plantes à croissance robuste peuvent abriter plus de poissons. Le facteur limitant est l'oxygénation de l'eau. Par exemple, on peut augmenter la quantité de poissons en augmentant simplement le mouvement de l'eau et donc l'oxygénation.

Source: http://theaquariumwiki.com/Walstad_method

lundi 9 avril 2012

Exemple d'un aquarium naturel


Voici un bel exemple d'aquarium naturel créé par un aquariophile turc qui n'a pas froid aux yeux. Son bac n'a aucun système de filtration, pas de chauffage, et ne procède à aucun changement d'eau. Le bac est pourvu d'une flore étonnante et d'une faune diversifiée. Il prouve que les bacs naturels sont, non seulement viables, mais beaucoup plus riches, vivants et intéressants à observer, voyons ce qu'il nous en dit:

..."L'Écologie de l'aquarium planté" écrit par Diana Walstad est l'un des livres qui m'a inspiré pour la plupart de mes aquariums naturels low-tech. Diana Walstad explique pourquoi les plantes émergées sont de meilleures purificatrices d'eau que les plantes aquatiques immergées.

Contrairement aux plantes entièrement immergées, les plantes émergées sont caractérisées par:
- Une croissance beaucoup plus rapide (en termes de croissance réelle mesurée par la biomasse sèche)
- Une utilisation plus efficace du dioxyde de carbone (CO2) et de la lumière ( le CO2 dans l'air n'est pas limité par la dissolution du CO2 dans l'eau)
- Une oxygénation plus efficace de la zone racinaire
- Une plus forte activité biologique dans les racines des plantes flottantes

Par plantes émergées, ou plantes aux feuilles aériennes, Walstad désigne toutes sortes de plantes dont les feuilles ne baignent pas dans l'eau. Ces plantes peuvent être terrestres, amphibies comme les Anubias, Echinodorus, plantes flottantes comme la jacinthe d'eau et les lentilles d'eau, plantes aquatiques à feuilles émergentes comme les nénuphars et le lotus.

Les plantes émergées qui reçoivent de préférence la lumière naturelle purifient l'eau beaucoup mieux que n'importe quel filtre créé par l'homme. Plus rapide est la croissance des plantes, plus rapidement l'eau est purifiée. Garder les plantes émergentes pour la purification de l'eau est presque obligatoire pour le maintien de poissons sensibles comme les Apistogramma. Le bénéfice que procure les plantes émergentes peut être difficilement remplacé par des filtres de haute technologie et par les travaux d'entretien fastidieux comme les changements d'eau fréquents.

Outre des plantes amphibies comme les Anubias et les Echinodorus, pour la purification de l'eau de mon aquarium, j'utilise bon nombre de plantes d'intérieur ordinaires . Ceci dans le but d'éliminer toutes sortes de substances nocives organiques et inorganiques tels que l'ammoniaque, les nitrites, les nitrates, les phosphates, etc. Voici ci-après une galerie d'images de ces plantes. La plupart de ces plantes d'intérieur sont de croissance rapide et robuste et sont adaptées à l'hydroculture. Elles peuvent être utilisées dans des aquariums ou des bassins comme filtres naturels. 

La vigoureuse Monstera deliciosa, une sorte de vigne qui a besoin beaucoup d'espace pour croître, est l'une des meilleures purificatrices d'eau parmi les plantes d'intérieur .

Je recommande vivement le pothos doré (Epipremnum pinnatum) pour tous les amoureux des aquariums. Il est robuste et adaptable, et il pousse vite. Ses racines denses à l'aspect très naturel et décoratif fournissant dans un aquarium des cachettes pour les crevettes et les petits poissons . Il peut facilement être multipliés par voie végétative, il faut seulement couper les pousses latérales qui peuvent être mises dans un vase rempli d'eau. Les racines apparaîtront au bout de quelques semaines. Vous n'avez même pas besoin d'un pot d'hydroculture pour l'insertion de la plante dans un aquarium. Un morceau de Epipremnum pinnatum attaché à la vitre latérale donnera très vite des racines qui vont plonger dans l'eau.

Le papyrus parapluie est une plante excellente pour les grands aquariums et les bassins. Sous la lumière naturelle, elle peut pousser jusqu'à 1,5 mètre. Elle peut être plantée directement dans le substrat de l'aquarium à condition que la profondeur de l'eau soit inférieure à 40 cm. C'est une espèce robuste et de croissance rapide. Sa croissance rapide permet de maintenir le substrat sain grâce à racines vigoureuses. C'est est un parfait purificateur d'eau pour les bacs de type Malawi et Tanganyika, car elle peut s'adapter facilement à des degrés élevés de pH.

Le Ficus pumila est aussi une espèce robuste et adaptable, c'est une plante à croissance lente mais persévérante comme les Anubias. Elle peut prendre des années à se développer, mais lorsqu'elle atteint sa taille adulte c'est une plante très décorative et contribue à faire une eau parfaitement propre. Si vous lui laissez le temps elle se met à grimper en recouvrant tout le mur au-dessus d'un aquarium. Elle se développera d'autant mieux si le mur est recouvert de plaques de liège.

"...Comme un bassin de jardin naturel cet aquarium n'a pas de filtre, pas de chauffage, pas de lumière artificielle, pas d'équipement électrique du tout. C'est un aquarium silencieux, un coin de vraie tranquillité. Il reçoit la lumière naturelle directement par la fenêtre. La température peut descendre à 16 ° C en hiver, et monter jusqu'à 28 ° C en été, mais pas de problème, les habitants ont été convenablement choisis parmi les espèces subtropicales. Les plantes marginales, en particulier les plantes parapluie (Cyperus alternifolius) conservent l'eau pure mieux que n'importe quel filtre artificiel pourrait le faire. Les niveaux de nitrate et de phosphate sont si faibles qu'ils sont pratiquement indétectables, même la lumière directe du soleil pendant les quelques heures ne provoque aucune proliférations d'algues. Taille de la cuve: 120x60x40cm.


Inspiré par les bassins naturels des jardins, je n'ai donné aucune nourriture aux poissons durant les huit premiers mois, car je voulais avoir un écosystème autonome avec sa propres chaîne alimentaire. Après quatre mois, j'ai ajouté des Gouramis nains (Trichopsis pumila) et Badis écarlate (Dario Dario) ils se sont développés en se nourrissant seulement de jeunes crevettes, de crustacés et d'autres micro-animaux qu'ils pouvaient trouver dans l'aquarium. Tous ces micro-animaux croissaient à leur tour et se multipliaient en mangeant les algues et le reste des plantes. La seule chose que j'ai ajouté à cet écosystème ont été des feuilles de hêtre sèches trouvées dans le bois d'à côté...."

Source et photos:
http://www.tuncalik.com/2010/01/indoor-plants-for-water-purification-in-aquariums/

Plantes VS filtration biologique!

Voici un extrait tiré du livre "L'écologie de l'aquarium planté" de Diana Walstad, qui explique pourquoi les plantes aquatiques purifient l'eau, et la maintiennent saine et propre mieux que n'importe quel filtre surpuissant!


"Les plantes purifient l'eau mieux que les filtres" Diana Walstad.

Les plantes sont beaucoup plus que des éléments de décorations; elles aident à garder les poissons en bonne santé. Les composés azotés, en particulier l'ammoniaque et les nitrites sont extrêmement toxiques pour les poissons. Les amateurs se sont, depuis de nombreuses années, fortement appuyés sur le processus de nitrification bactérienne (par exemple, "filtration biologique") pour convertir ces composés toxiques en composés moins toxiques comme les nitrates. Les amateurs et même les distributeurs de plantes aquatiques ignorent la capacité d'absorption de l'azote par les plantes d'aquarium ou supposent -à tort- que les plantes d'aquarium absorbent essentiellement les nitrates.

Les plantes aquatiques préfèrent l'ammonium aux nitrates:

Beaucoup de plantes terrestres comme les pois et les tomates poussent mieux en absorbant les nitrates que l'ammonium [1]. Ainsi, certains botanistes ont supposé que les plantes aquatiques se développeraient également mieux grâce aux nitrates. Toutefois, des études expérimentales et sérieuses suggèrent tout le contraire.

Des scientifiques du monde entier ont étudié l'absorption de l'azote par les plantes aquatiques dans des conditions expérimentales variées. J'ai réussi à recenser les études publiées sur 33 différentes espèces de plantes aquatiques. Seulement 4 des 33 espèces préfèrent les nitrates (tableau 1).

Et même dans ce cas, ces quatre espèces proviennent d'environnements particulièrement déficients en nutriments, ce qui est atypique pour les plantes d'aquarium. Par ailleurs, les mesures prouvant la préférence pour l'ammonium sont considérables. Par exemple, les lentilles d'eau Lemna gibba absorbent dans les 5 heures 50% de l'ammonium dans une solution nutritive, même si la solution contient 100 fois plus de nitrates que d'ammonium [3]. Elodea nuttallii, placée dans un mélange de nitrates et d'ammonium, a éliminé 75% de l'ammonium dans les 16 heures tout en laissant les nitrates pratiquement intacts (Fig. 1). Ce n'est que lorsque l'ammonium était absorbé, que l'absorption des nitrates a sérieusement commencé. De même, lorsque la géante Lenticule Spirodela Polyrhiza a été cultivée dans un milieu contenant un mélange d'ammonium et de nitrates, l'ammonium a été rapidement éliminé tandis que les nitrates ont été pratiquement ignorés (figure 2).

Parce que les plantes, pour cette étude spécifique, ont été cultivées dans des conditions stériles, la suppression de l'ammonium ne pouvaient être provoquée par la nitrification. En outre, les chercheurs ont montré que le volume des plantes a augmenté rapidement au cours de l'observation, ce qui confirme que l'absorption d'ammonium n'était pas un artefact expérimental, mais qu'il a probablement causé l'augmentation de la biomasse végétale et de leur besoin en azote. (La concentration d'azote dans les plantes aquatiques varie de 0,6 à 4,3% de leur masse sèche[4].

Le tableau 2 montre la rapidité avec laquelle les nitrates et l'ammonium sont éliminés de l'eau par la laitue d'eau (Pistia stratiotes). Les plantes placées dans une solution nutritive contenant 0,025 mg / l de nitrate-N ont mis 18 heures à éliminer les nitrates. Cependant, les plantes similaires placés dans une solution nutritive contenant 0,025 mg / l d'azote ammoniacal ont mis seulement 3,9 heures pour absorber l'ammonium. Lorsque les chercheurs ont augmenté la concentration d'azote, la différence était encore plus grande. Ainsi, à 13 mg / l N, les plantes ont mis 71 heures (près de 3 jours) pour éliminer les nitrates, mais si l'azote était fourni sous forme d'ammonium, l'absorption était seulement de 4 heures.

L'absorption des nitrates semble donc exiger plus d'énergie que pour l'absorption de l'ammoniaque.

Par exemple, dans l'obscurité la laitue d'eau a mis beaucoup plus de temps pour absorber les nitrates [5], tandis que l'absorption de l'ammonium était la même dans la lumière ou l'obscurité. Ceci suggère que l'absorption des nitrates requiert plus d'énergie que l'absorption de l'ammonium. Par ailleurs, l'absorption des nitrates doit souvent être provoquée pour être mesurée. Par exemple, l'absorption maximale en nitrates par la laitue d'eau n'a eu lieu qu'après une acclimatation de 24 heures aux nitrates purs (toute l'ammoniaque dans l'eau aurait empêché l'absorption des nitrates).

Les chercheurs ont placé les plantes dans des béchers avec une solution nutritive contenant des quantités croissantes d'azote comme des nitrates purs ou l'ammonium pur. Les heures nécessaires à l'élimination de l'azote sont basées sur deux hypothèses: - 1 gr de masse sèche par litre - la solution est constamment agitée. (Remarque:. Mg / l = milligrammes par litre)

L'ammonium inhibe l'absorption et l'assimilation des nitrates chez plusieurs variétés d'organismes comme les plantes, les algues et les champignons [6].

Par exemple, les algues n'absorbent pas les nitrates si la concentration d'ammonium est supérieure à environ 0,02 mg / l [7]. L'absorption des nitrates par les lentilles d'eau cesse rapidement lorsque l'ammonium est ajouté aux solutions nutritives [8]. L'inhibition est généralement réversible, car les plantes vont malgré tout commencer à absorber les nitrates un jour ou deux après que l'on ait retiré l'ammonium de l'eau. On pourrait émettre l'hypothèse que l'ammonium inhibe l'absorption des nitrates par la plante pour lui éviter une trop grande dépense d'énergie. (voir «Plantes aquatiques vs filtration biologique» ci-dessous).

L'absorption de nitrites par les plantes


Bien que les plantes peuvent utiliser les nitrites comme une source d'azote, la question pertinente pour les amateurs est - Les plantes aquatiques retirent-elles d'abord les nitrites toxiques avant les nitrates non toxiques? Je n'ai pas trouvé d'études dans la littérature scientifique pour pouvoir affirmer de façon concluante ce qu'il en était. Cependant, la réduction chimique des nitrites en ammonium nécessite moins d'énergie pour les plantes aquatiques que la réduction chimique des nitrates en ammonium. - La plante doit convertir les nitrites et les nitrates en ammonium avant de pouvoir les utiliser pour fabriquer ses protéines - Ainsi, il n'est pas surprenant que la Spirodela Polyrhiza cultivée dans un milieu contenant à la fois des nitrates et des nitrites, préféra absorber d'abord les nitrites (fig. 3) .

Les plantes aquatiques préfèrent absorber l'ammonium par les feuilles.

Si les plantes aquatiques absorbaient les nutriments par les racines pour obtenir de l'ammonium plutôt que par leur système foliaire, leur capacité à éliminer l'ammoniaque toxique de l'eau et à protéger nos poissons d'aquarium serait douteuse. Heureusement pour les amateurs, les plantes aquatiques semblent préférer l'absorption de l'ammonium par le système foliaire par opposition à l'absorption à partir des sédiments [2]. Par exemple, dans une expérience avec la zostère marine (Zostera marina) placée dans un compartiment double, quand l'ammonium a été ajouté dans la partie haute où se trouvaient les feuilles/ tige, l'absorption racinaire dans le compartiment du bas a été réduite de 77%. Toutefois, lorsque l'ammonium a été ajouté au compartiment où se trouvaient les racines, l'absorption foliaire n'a pas été réduite pour autant. (Dans les expériences avec des compartiments séparés, les plantes sont cultivées avec leurs racines dans un compartiment étanche en bas et avec leurs tiges / feuilles dans un compartiment séparé en haut.)

Le même travaille avec d'autres espèces végétales confirme les conclusions ci-dessus. Apparemment, le gazon Amphibolis antarctica peut absorber de 5 à 38 fois plus d'ammonium par les feuilles que par les racines. La Myriophyllum spicatum plantée dans un substrat fertile se développe très bien sans aucun ammonium dans l'eau. Cependant, si de l'ammonium a été ajouté à l'eau (0,1 mg / l N), les plantes absorbent plus d'azote à partir de l'eau qu'à partir du substrat.

Plusieurs plantes aquatiques - Juncus bulbosus, Sphagnum flexuosum, Agrostis canina, et Drepanocladus fluitans - ont prouvé qu'elles absorbaient de 71 à 82% de l'ammonium à partir des feuilles alors que leurs racines ont absorbé qu'une faible quantité.

Les amateurs utilisant des comprimés d'engrais pour les plantes aquatiques devraient tenir compte de la préférence des plantes aquatiques à absorber l'ammonium par voie foliaire (par opposition à l'absorption racinaire). Dans les bassins et les aquariums, les plantes devraient être en mesure de satisfaire leurs besoins en azote généré naturellement par les poissons. De plus, l'azote ajouté aux substrats peut être préjudiciable, l'ammonium présent dans les différents substrats tout-prêts peut être toxique pour les racines des plantes. Même les nitrates sous forme de comprimés peuvent créer des problèmes. C'est parce que les bactéries présentes dans le substrat convertissent rapidement les nitrates en nitrites toxiques. [2]

Plantes aquatiques Versus Filtration biologique

Les plantes, les algues, et tous les organismes à travers la photosynthèse utilisent l'azote à partir de l'ammoniaque - non les nitrates - pour produire leurs protéines. Quand la plante prend des nitrates, ceux-ci doivent être convertis en ammonium dans un processus nécessitant de l'énergie appelée «la réduction des nitrates».

La réduction des nitrates par les plantes semble être le reflet du processus de nitrification bactérienne. Les bactéries nitrifiantes obtiennent l'énergie dont elles ont besoin pour leur vie uniquement à partir du processus d'oxydation de l'ammonium en nitrates, le gain d'énergie totale en deux étapes de la nitrification est de 84 kcal / mol. La réaction globale pour la nitrification est la suivante:

NH4 + + 2 O2>> NO3-+ H2O + 2 H +

En théorie, les plantes doivent dépenser essentiellement la même quantité d'énergie (83 kcal / mol) pour convertir de nouveau les nitrates en ammonium, dans un processus en deux étapes de réduction des nitrates La réaction globale pour la réduction des nitrates est la suivante:

NO3-+ H2O + 2 H +>> NH4 + + 2 O2

L'énergie requise pour la réduction des nitrates est équivalente à 23,4% de l'énergie obtenue à partir de [1] la combustion du glucose. Donc, si les bactéries nitrifiantes dans les filtres biologiques convertissent tout l'ammonium disponible en nitrates, les plantes seront forcées au prix d'une perte énergétique de convertir tous les nitrates en ammonium. Cela peut expliquer pourquoi plusieurs plantes aquatiques (par exemple, la jacinthe d'eau, Salvinia molesta, Cornifle nageante, et Elodea nuttallii) semblent mieux se développer avec de l'ammonium ou un mélange d'ammonium / nitrate qu'avec avec des nitrates purs [2]. Le cycle de l'azote est souvent présenté à tort pour les amateurs comme des bactéries nitrifiantes qui convertissent l'ammonium en nitrates pour que les plantes puissent les absorber. En fait, le cycle de l'azote se compose des deux: plantes et bactéries qui rentrent en compétition pour l'absorption de l'ammonium. Les plantes absorbent les nitrates uniquement si elles ne peuvent faire autrement ou si elles sont forcées. Ainsi, les nitrates peuvent s'accumuler, même dans les bassins et les aquariums plantés.

Dans des aquariums dépourvus de plantes aquatiques, la nitrification renforcée par les filtres est essentielle pour protéger les poissons de l'ammoniaque toxique. Il en va autrement pour les aquariums plantés. En fait, les plantes fournissent une surface énormément plus importante aux bactéries nitrifiantes. La superficie plantée (par opposition aux zones sans plantes) dans les habitats naturels (rivières, lacs, etc) fournissent un nombre accru et de manière exponentielle des surfaces de colonisation pour les bactéries [9]. Soyez sûr que chaque feuille et chaque tige sont recouvertes d'une couche de bactéries nitrifiantes et autres.

J'ai été surprise du peu de filtration biologique réellement nécessaire dans mon aquarium planté. Quand j'ai graduellement diminué la filtration biologique, en supprimant les médias de filtration des compartiments, les poissons ont continué à bien se porter. Enfin, des années plus tard, j'ai franchi le pas décisif en retirant la cartouche et les filtres complètement pour ne conserver que la pompe interne bon marché, et simplement pour une meilleure circulation de l'eau. Les poissons n'ont jamais «raté un battement de cœur », le bac entier est devenu lui-même un filtre!

Les plantes aquatiques sont donc beaucoup plus que des ornements ou des outils d'aquascaping. Elles enlèvent l'ammoniaque de l'eau. Par ailleurs, elles le font en quelques heures (figure 1, tableau 2). Lorsque vous configurez un bac planté, il n'est pas nécessaire d'attendre 8 semaines pour éviter le «syndrome du nouveau bac ». (Les bactéries nitrifiantes nécessitent plusieurs semaines pour s'établir avant de constituer un filtre biologique vraiment efficace.) Ainsi, j'ai plusieurs fois mis en place un nouveau bac de plantes et de poissons, le tout dans la même journée.

En résumé, il existe dans la littérature scientifique des preuves expérimentales considérables démontrant que les plantes aquatiques préfèrent largement l'ammonium aux nitrates comme source d'azote. Même en présence de nitrates en abondance, les plantes aquatiques sauront tamiser l'eau en 24 heures de tout l'ammonium présent. Les plantes contribuent également à la suppression de l'ammonium par la surface énorme qu'elles offrent à la colonisation par les bactéries nitrifiantes. J'espère que cela explique pourquoi, en termes de santé des poissons, il convient d'avoir des plantes dans vos aquariums.

Schémas, liste des plantes, et référence sur la page:

Diana Walstad a une formation de microbiologiste et a passé plusieurs années à faire des recherches en médecine à l'Université de Caroline du Nord (Chapel Hill). Elle a occupé le poste de biologiste cellulaire à l'Institut national des sciences de la santé de l'environnement (RTP, NC). Elle a pris sa retraite en 2008.

Interview avec Diana Walstad


Acuario rosa: Madame Walstad, je voudrais tout d'abord vous remercier d'avoir accepté notre invitation.

Diana Walstad: Je vous en prie.

Acuario rosa: Nous aimerions savoir comment et quand êtes-vous entrée dans le monde de l' aquariophilie


Diana Walstad: Ma mère a toujours eu des aquariums et des bassins. Lorsque j'étais enfant, dans les années 50, j'ai été absolument captivée par les poissons. J'ai gardé des têtards et des gambusies que j'ai attrapés dans les canaux agricoles. Plus tard, je suis passée à toutes sortes de poissons tropicaux.
En 1988, après une longue période sans aquarium, j'ai décidé une fois de plus d'en faire un. Cette fois, j'étais déterminée à avoir un bac planté. (Toutes les tentatives passées à cultiver des plantes avaient lamentablement échouées.) J'ai eu l'idée de mettre une couche de terreau sous le gravier. Et lorsque j'ai obtenu une croissance spectaculaire des plantes, j'ai été inspirée. J'ai commencé des recherches scientifiques et me suis lancée dans la rédaction d'articles. En 1996, j'ai commencé à travailler sur « l'écologie de l'aquarium planté ».

Acuario rosa: Combien d'aquarium avez-vous? Combien de temps chaque jour consacrez-vous à la maintenance de vos aquariums? Avez-vous un aquarium high-tech?

Diana Walstad: J'ai trois bacs, deux de 213L et un 194L. Je passe environ une heure ou deux chaque semaine à travailler sur les bacs (nettoyage des filtres, des vitres, suppression des algues, élagage des plantes, changement d'un peu d'eau etc.) Je consacre moins de temps à l'entretien même si j'ai plus de temps aujourd'hui.
Je n'ai pas d'aquarium high-tech. Les miens sont tous des « NPT » (Bacs naturels plantés).


Acuario rosa: Votre livre "L'écologie de l'aquarium planté" est célèbre, il est devenu une référence pour beaucoup d'amateurs, qu'ils aient des aquariums high ou low tech. Je souhaiterai approfondir les idées de votre livre. Dans les premiers pages de votre livre, vous écrivez:

"D'autres amateurs, principalement d'Europe, ont développé durant les 20 dernières années des techniques pour améliorer la croissance des plantes et ce avec succès. La technologie sophistiquée qu'ils utilisent produit de magnifiques aquariums plantés, que j'appellerai des aquariums «High-Tech". Le résultat final ressemble en effet à «un coin de nature» avec des poissons et des plantes en bonne santé. Malheureusement, les méthodes artificielles utilisées ignorent de nombreux processus naturels des bactéries et des plantes. Le résultat final ressemble à un aquarium équilibré naturel, mais les moyens pour l'obtenir sont contre-nature, coûteux et laborieux.

Juste après ce paragraphe, vous constatez:

"Les aquariums faibles en technologie que je maintiens sont caractérisés par un nombre modéré de poissons, par une filtration faible et un entretien réduit, par un grand nombre de plantes saines et par la présence de microorganismes divers. Un éclairage modéré est essentiel pour mes aquariums naturels, ainsi qu'un substrat enrichi de terre ordinaire et des plantes bien adaptées. (...) En même temps ils diffèrent des bacs High-Tech par le fait qu'ils profitent de certains processus naturels. L'aquarium low-tech est plus facile (et moins cher) à maintenir. Ceci grâce aux processus naturels dont il tire pleinement parti, par exemple: les bactéries et les poissons fournissent le CO2 aux plantes -donc pas d'injection artificielle-, les plantes éliminent l'ammoniaque de l'eau et protège ainsi les poissons-pas besoin de filtration, les aliments pour poissons et le substrat riche fournissent les oligo-éléments -donc, pas d'engrais nécessaires. »

Aquario Rosa: Pensez-vous que toutes les espèces de plantes peuvent croître sainement dans un aquarium naturel? Quel genre de plantes s'adaptent le mieux à ce type d'aquarium?

Diana Walstad: Je ne sais pas si toutes les plantes peuvent croître avec succès dans un NPT – aquarium naturel planté. J'ai environ 30 à 40 espèces de plantes qui se portent bien, c'est largement suffisant. Certaines espèces s'adaptent mieux que d'autres. Certaines vont bien pendant un certain temps et ensuite se dégradent. Mais il n'est pas surprenant que les écosystèmes NPT évoluent avec le temps.

Dans mon bac de 174L, des plantes très diverses ont bien réussi pendant 7 ans comme les Cryptocoryne diverses (C. balansae, C. wendtii, C. pondederiifolia, C. cordata), Echinodorus (E. tenellus, E. majeur), Sagittaria graminées, S. subulata, et Rotalia indica. Les plantes qui ont dépéri sont Ludwigia repens et Vallisneria.
Acuario rosa: Votre priorité est d'obtenir un aquarium équilibré par la recherche d'un écosystème stable avec comme seuls ajouts: la nourriture pour les poissons et la lumière, une petite pompe de brassage pour garder une certaine circulation de l'eau. Tout le reste est conservé intact et presque sans entretien. Une autre «école» dans la maintenance d'aquariums plantés, spécialement dans l'aquascaping, propose comme méthode des ajouts complexes d'engrais, des changements d'eau réguliers, une injection artificielle de CO2, un éclairage artificiel puissant ... pensez-vous qu'il soit possible d'atteindre le même résultat avec les deux méthodes? Croyez-vous possible de produire un AQUASCAPE comme celui de M. Amano avec pour base la philosophie «el natural»?

Non, je ne pense pas que les mêmes résultats puissent être obtenus avec ma méthode et celle utilisant des procédés de haute technicité. La méthode NPT consiste à favoriser un développement sain et naturel des plantes, et non pas suivant un plan conçu et déterminé à l'avance.
L'objectif du NPT est d'avoir un aquarium avec des plantes et des poissons sains. Ce qui je recherche avantage c'est le naturel et non le côté artistique.

Acuario rosa: Souvent les amateurs d'aquascaping essaient de créer des tapis verts dans leurs paysages avec des plantes comme Eleocharis parvula, CE «Cuba», Elatinoides Glossostigma ... pensez-vous qu'il est possible d'obtenir un tapis épais avec votre méthode? Dans le cas d'une réponse positive, qu'elle est la recette pour y parvenir?


Diana Walstad:
Je n'ai jamais essayé ces espèces végétales. Aussi, je ne suis pas adepte des bacs « aquascaped » avec un grand tapis de plantes de type mono-espèce. Trop d'espace ouvert. Je ne pense pas que la croissance des plantes soit suffisante pour supporter un nombre de poissons important ni de prévenir la prolifération d'algues.
Acuario rosa: La méthode que vous décrivez dans votre livre mise sur une source de CO2 obtenu grâce à l'activité bactérienne et à la respiration des poissons. Pensez-vous que cette source soit suffisante pour garantir les niveaux de CO2 dont certaines espèces ont besoin, par exemple Hemianthus callitrichoides, Rotala wallichii ou Rotala macrandra?

Diana Walstad: J'ai réussi à faire croître assez bien la Rotalia macrandra dans mes bacs. Je n'ai pas essayé les autres espèces. Le résultat serait meilleur dans un bac High-tech qui fournissent des niveaux élevés et uniformes de nutriments et de CO2. Mais il m'est difficile de dire si quelqu'un a vraiment essayé de cultiver ces plantes dans un TNP. Un moyen sûr d'offrir plus de CO2 est d'avoir beaucoup de poissons. Récemment, j'ai augmenté le nombre de poissons et l'éclairage, j'ai obtenu une bonne croissance des plantes même de celles plus exigeantes.

Acuario rosa: Ces dernières années certains « scapers aquatiques » ont crées non seulement des " paysages submergés", mais se sont mis à imiter les paysages terrestres. Montagnes, forêts, cascades, rivières, arbres ... Que pensez-vous de cette nouvelle tendance?

Diana Walstad:Pas grand chose. Je ne comprends pas pourquoi les gens cherchent à reproduire un paysage terrestre dans un aquarium. Essayer de coller à une conception artistique prédéterminée est trop rigide à mon goût. Je préfère regarder les interactions naturelles se développer dans l'aquarium.

Acuario rosa: Maintenant, dites nous brièvement ce que les mots suivants vous évoquent:

Takashi Amano: Artiste, célèbre

PLANTES AQUATIQUES CENTRALE: Super endroit pour obtenir des informations

AGA: Groupe de passionnés dévoués aux plantes aquatiques

ADA: Aucune idée

ALGUES: Composante de la nature

AQUASCAPING: Peintures de paysage dans les musées.

CONCOURS: Nourrit l'enthousiasme chez les gens

Acuario rosa: Il y a beaucoup d'aquariophiles qui voudraient faire leurs premiers pas dans les aquariums plantés, mais se trouve devant un mur qui les en dissuade: ils pensent que c'est un grand investissement en temps et en équipement pour maintenir des plantes dans un aquarium. Que recommanderiez-vous à un nouveau venu, de ne pas se perdre en évitant toutes les informations disponibles sur les équipements nécessaires (injection artificiel de CO2, les divers éclairages et les systèmes de filtration ...), les dosages journaliers? Sur quoi voudriez-vous insister, sur les bases qui permettent de garder un aquarium planté et équilibré? Qu'est-ce qui est vraiment essentiel pour garder les plantes?

Diana Walstad: Un éclairage adéquat, 2,5 cm de sous-couche d'un sol non fertilisé, grande diversité d'espèces de plantes, avoir une eau modérément dure, bien nourrir les poissons et de la patience. Aussi, j'encourage les amateurs à acheter mon livre, plutôt que de s'arrêter à ce que d'autre pensent avoir compris.

Acuario rosa: Pour en apprendre davantage sur les plantes aquatiques, quelle source d'information sur Internet (sites web, forums, etc) recommanderiez-vous ? Et pour mieux comprendre le comportement de cet écosystème que nous essayons de créer dans un bac, (en dehors de votre livre que nous recommandons à tous les amateurs), quel autres livres recommanderiez-vous?

Diana Walstad: Je suis sûr qu'il y a beaucoup de bons livres que je n'ai pas encore vus.

Ceux que je crois être les meilleurs concernent principalement l'identification des plantes:

Guide des plantes d'aquarium par Barry James (Magnifique, livre peu onéreux pour les débutants)
Plantes d'aquarium par Christel Kasselmann (pour les avertis)

Merci de recommander mon livre. Mon livre est maintenant disponible sous forme d'e-book (15 $ en anglais) qui peut être téléchargé du site Web instantanément. Atlasbook

Mon livre se vend très bien en Amérique, en Europe et en Australie, mais pas en Espagne, au Portugal ou en Amérique latine. J'espère sincèrement que l'obstacle est dû à la langue est non à une volonté d'acheter des versions piratées!

(NPT-Natural Planted Tank ou Bac Naturel Planté)

Interview: Oriol Pascual sur Acuario Rosa
http://acuariorosa.blogspot.com/2009/04/interview-with-diana-walstad.html

Aselle ou Asellus aquaticus.

Voilà un petit crustacé d'eau douce qui est présent dans les mares stagnantes et qui peut nous rendre de grands services dans les bassins, les poubellariums, les piscines écologiques, mais aussi dans nos aquariums.

L'Aselle est un petit animal ne dépassant pas 2cm dont le principal but dans la vie est de nous maintenir le bac dans un état de propreté irréprochable, et la cerise sur le gâteau c'est qu'elle s'acquitte de cette tâche la nuit lorsque nous nous dormons. Ces crustacés, grands nettoyeurs, se nourrissent de tous les détritus organiques toujours présents dans nos bacs, feuilles mortes, débris végétaux, partie des feuilles malades ou abîmées, mais également de petits animaux ou micro-organismes morts, poissons morts, etc. Les aselles protègent également les pontes de nos poissons du pourrissement général en éliminant impitoyablement les œufs non fécondés. C'est là un service inestimable pour toutes les pontes dont les géniteurs doivent être éloignés ou absents, les amateurs de Killies en savent quelque chose.
Dans des conditions favorables elles prolifèrent rapidement, mais leur prolifération est freinée naturellement lorsqu'elles deviennent des proies pour nos poissons qui trouvent là une nourriture naturelle et riche. Elles peuvent être placées dans nos aquariums s'ils sont non chauffés et donc à température ambiante, elles ne supportent pas les grosses chaleurs.

Ce sont de bons bio-indicateurs, leur présence est signe d'une bonne qualité de l'eau et d'une bonne oxygénation, mais leur prolifération signale également une surabondance des déchets. Les mouvements gracieux et lents   provoqués par ces crustacés parmi les débris, contribuent au mélange des couches d'eau et des nutriments dans les eaux lentes comme nos aquariums sans filtration ni bulleur. Les Aselles sont en croissance perpétuelle et muent régulièrement, leur durée de vie est entre un et deux ans. 
 
La femelle pond des oeufs qui sont conservés dans une poche incubatrice sous son ventre jusqu'à l'éclosion. A l’éclosion, les bébés ont la forme d'une Aselle adulte mais en miniature. Ils resteront, tout de même, dans la poche de leur mère comme chez les kangourous. Une fois suffisamment développés ils abandonneront la poche protectrice pour mener leur propre vie de dur labeur, pour notre plus grand plaisir, nous évitant ainsi la corvée régulière de siphonnage des débris accumulés sur le substrat. Oui, l'aquarium naturel est pour les paresseux et les lents!

Si l'on souhaite nourrir nos poissons avec des Aselles il est facile d'en faire une culture. On introduit une bonne souche dans un récipient en plastique ou une poubelle pas trop haute, qu'on peut placer à l’extérieur car elles survivent même sous une couche de glace. Il faudra les nourrir avec des débris végétaux récupérés dans l'aquarium, avec des feuilles mortes, on peut aussi leur donner de temps en temps les restes de nos légumes cuits, elles adorent ce qui est en état de décomposition.  Ensuite, il suffira d'attendre que la nature fasse son travail de multiplication et d'aller à la pêche aux Aselles. Les poissons en raffolent, évidemment pas les poissons trop petits mais ceux ayant une bouche suffisamment grande.

On devrait placer les Aselles avec des Ostracodes, autre petit crustacé également détritivore, car ces deux crustacés sont complémentaires dans l’élimination des déchets dans un bac sans filtration.

La nature n'est-elle pas bien faite?