dimanche 17 juin 2012

Une jungle dans ma poubelle!

Vous vous demandez, sans doute, qu'en est-il de ma poubelle mise en eau en mars et peuplée en avril, je sens bien votre curiosité exacerbée même à travers ces écrans froids et inertes. Mais je vais vous le dire, oh que oui!

Les plantes explosent, l'Élodée est devenue gigantesque et n'arrête pas de fleurir, la Cératophyllum Demersum, étouffée quelque peu par sa voisine, survit tant bien que mal en s'élançant vers la surface pour capter un peu de lumière,  les nénuphars ont presque entièrement recouvert la surface de leurs belles feuilles bien rondes: c'est la jungle, vous dis-je! Je n'arrive pas à voir au delà de la surface, malgré une eau parfaitement limpide et propre.

Les alevins grandissent au soleil, on aperçoit enfin leur bande d'un bleu fluo les faisant passer pour des alevins de Cardinalis. Les Tanichthys plus gros, agiles et espiègles arrivent très bien à se frayer un chemin entre les plantes aquatiques et les véritables lianes que sont les tiges des feuilles de nénuphars.  Je ne nourris pas les crevettes, mais ça ne semble pas les déranger tellement elles sont devenues énormes. En revanche, je nourris de temps en temps les poissons à cause d'un manque de moustiques, il semble que cette année les moustiques soient rares, à cause d'un hiver plus rude sans doute. 


Et moi qui pensait avoir mis mes Red Cherry à l'abri des larves de Libellules dans cette poubelle, car j'ai bien pris le soin de la couvrir d'un grillage plastifié pour éviter des pontes non-désirées, je me suis bien fait avoir. En effet, il n'a pas échappé à mon œil perçant la présence d'une grosse larve de libellule perchée sur un brin d'Élodée, tout près de la surface, attendant bien sagement sa proie . Et c'est, donc, moi-même qui l'ai introduite avec un brin d'Elodée ou autre, ce qui explique pourquoi ces dernières semaines je n'ai vu aucune crevette, j'en étais à me demander si elles avaient survécu.

En fait, elle se cachaient quelque part au fond, tout simplement, à l'abri de cette jungle aquatique impénétrable, essayant de ne pas trop attirer l'attention sur elles.  
Mais maintenant, et ce depuis trois ou quatre jours déjà, mes crevettes préférées prennent le soleil tranquillement, en effet, la larve n'est plus une larve mais une libellule qui a pris son envol. Ouf, le plus dur est passé et le champ est libre désormais. 

Mue après métamorphose
C'est fou combien est court le laps de temps entre la sortie de la larve hors de l'eau, la métamorphose et l'envol définitif de l'insecte devenu volant. Il suffit de quelques heures pour que la larve se transforme en libellule trois fois plus grosse que son fourreau d'origine. La veille au soir il n'y avait rien, le lendemain midi, il ne restait que cette coque vide restée accrochée au treillis, balancée par les mouvements doux d'une brise légère.  
Ma poubelle a ainsi donné sa chance aussi à une libellule, qui va pouvoir, sans gratitude ni gêne aucune, s'accoupler et pondre de nouveau mais cette fois dans mon bassin; n'ont vraiment aucune gratitude ces créatures du Bon Dieu!
Et puisque je suis lancé sur ces insectes « ingrats » voici un autre spécimen.

Larve en train de chasser
Sur les photos ci-contres, on voit une larve dans mon 45l introduite avec les plantes du bassin. Elle terrorisait les Aselles présentes dans le bac qui, pour lui échapper, se cachaient sous les feuilles en faisant les mortes . Il faut savoir que des larves peuvent passer de un à 5 cinq ans dans l'eau suivant les espèces.  Je crois avoir eu de la chance!


Coque vide et Libellule
après métamorphose
Ci contre voici la Libellule ou Anisoptère après la métamorphose qui a duré quelques heures. Celle-ci n'a pas survécu car j'ai mis le bac à l'extérieur pour qu'elle puisse s'envoler, sauf que dehors à ce moment-là il faisait aux alentours de 0°, ce qui devait arriver arriva, la libellule a rejoint ses semblables au paradis des libellules .


Mais est-ce que les larves de Libellule sont vraiment si nocives que ça ?

Beaucoup de personnes ne les aiment pas, principalement à cause de leur redoutable voracité. C'est ce que je pensais moi-même il y a encore peu, mais j'ai changé d'avis depuis, je dirais que j'aie mis de l'eau dans mon vin.

Après avoir constaté la ruse dont ont fait preuve mes Aselles, dans le petit bac de 45l, pour rester en vie en faisant les mortes, et après avoir vu mes crevettes dans le poubellarium saines et sauves, je me dit que finalement elles ne sont pas si terribles que ça, elles peuvent mêmes se montrer bénéfiques. En effet, elles peuvent nous débarrasser des alevins en surnombre et de ceux trop faibles ou malades, participant ainsi naturellement à la régulation de la population d'un plan d'eau, c'est quand même pas rien lorsqu'on a à faire à des poissons aussi prolifiques que les Tanichthys, tout ça sans aucune mauvaise conscience puisque c'est la nature qui fait le travail à notre place. Et elles sont si sympas à observer lorsqu'elle ne font que 5mm, dommage que je n'ai pas pensé à les prendre en photo, ceci me fait dire que tout poubellariophile qui se respecte devrait toujours avoir son APN à portée de main pour pouvoir saisir certaines curiosités et les faire partager à toute la communauté.

Maintenant tout est relatif, et il faut quand même avoir à l'esprit que nos poubelles, contrairement aux véritables bassins, sont des espaces restreints et que si tous les œufs de libellules, elles peuvent pondre jusqu'à 600 œufs, arrivaient à éclosion, les habitants seraient vraiment en difficultés. Dans un grand bassin il n'y a pas trop de risque de voir ses protégés décimés, autant dans un espace aussi restreint que nos poubelles les possibilités de fuite sont vraiment minces.

Notonecte ou punaise d'eau
Le seul prédateur de larves de Libellule est la Notonecte, vous savez ces insectes aquatiques qui nagent si gracieusement à la surface de l'eau, aidés dans leurs mouvements saccadés par leurs deux pattes postérieures. On les appelle aussi des abeilles d'eau car elles piquent et volent comme les abeilles surtout pour rechercher un nouvel habitat aquatique.  Une Notonecte a élu domicile  dans mon bassin, mais ne se montre qu' à la tombée de la nuit, peut-être qu'il fera son travail en débarrassant le bassin des larves de libellules en surnombre.

Pour conclure sur les Libellules, je vais couper la poire en deux en préconisant de recouvrir les poubellariums d'un treillis assez fin pour empêcher la ponte des Libellules tout en permettant aux moustiques de pondre, et concernant les bassins plus grands, je pense que le mieux et de laisser la nature faire sont travail.
C'est une position qui me semble raisonnable et respectueuse de l'environnement.

Voilà en ce qui concerne mes aventures poubellariophiles pour le mois juin, en espérant que la prochaine fois je pourrais, enfin, montrer une superbe fleur de nénuphar dans une poubelle! 


Lundi 18 juin 2012
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Addendum !

Décidément, les Libellules m'ont gâté cette année.

Voici ce que j'ai découvert ce matin à 7h :


Une enveloppe ou une exuvie de libellule vide, encore une!

Les sortes de filaments blancs sur  le dos de la mue indique la partie de l'enveloppe par laquelle la libellule s'est échappée.


Et voici la bestiole fraîchement née de ce matin.

Malgré sa courte vie, je lui souhaite de vivre pleinement, mais surtout loin de mes alevins!






Faudra vraiment penser à mettre un treillis au maillage plus fin!