jeudi 2 mars 2017

Aquarium naturel avec terreau.

On sait qu'il est possible de faire un aquarium équilibré et d'avoir une végétation luxuriante avec un simple sable.
Substrat avec terreau
Mais on peut aussi améliorer la qualité nutritive de son substrat facilement et à moindre coup. Il s'agit d'ajouter une couche de terreau sous le sable. Le terreau, matière organique vivante, va permettre d'abriter beaucoup plus de bactéries bénéfiques pour l'écosystème aquatique, qu'un simple sable inerte.

C'est un vieux truc, qui date des années 60/70, et qui a fait ses preuves. Cela se faisait beaucoup à cette époque, c'est dire que la méthode est connue depuis longtemps, et qu'elle a donné de très bons résultats. Ces bacs étaient prévus pour durer plusieurs années sans problème.



Les avantages du terreau.
  • Le terreau est vivant, contrairement au sable, et va continuer à vivre une fois immergé,
  • Il contient divers organismes et va abriter énormément de bactéries bénéfiques pour tout l'écosystème,
  • Il va enrichir la flore bactérienne en permettant à d'autres bactéries de se développer,
  • Il va favoriser l'enracinement des plantes,
  • Il va apporter des minéraux et des oligoéléments,
  • Il va apporter des acides humiques, qui protègent les poissons de l'ammoniac, des nitrites, et des métaux lourds,
  • Il va produire du CO2 naturellement, 
  • Il va contribuer à faire baisser le pH,
  • Il ne colore pas l'eau, celle-ci reste limpide.

    Quel terreau choisir?
    En général, il faut éviter les terreaux 'premier-prix', qui contiennent des résineux, des morceaux plus ou moins gros de pin ou de cèdre, qui se dégradent très mal ou trop lentemenent dans l'eau. Il faut éviter aussi le compost avec du fumier rajouté, enfin ceux qui contiennent beaucoup d'engrais chimiques.

    Personnellement, et à défaut d'avoir trouvé le terreau que j'aurais voulu, j'ai opté pour un terreau simple dit "universel' et bio. (photo ci-contre)

    Mais le mieux est évidemment la Terre de Bruyère véritable. Il ne faut pas confondre avec la terre "dite" de bruyère, qui n'a rien à voir et est de moindre qualité. La vraie Terre de Bruyère est produite par la société Fourche et Compagnie  et est commerciaisée par Jardiland, entre autres.

    Comment procéder ?
    Mélange pour un substrat riche
    Il y a différentes façons de faire, à chacun sa méthode, avec ses explications plus ou moins scientifiques sur le pourquoi du comment. En fait, il y a des  méthodes différentes qui fonctionnent toutes aussi bien, il y a aussi celle de D.Walstad, mais personnellement je fais autrement.

    Comme je le disais plus haut, à défaut de Terre de Bruyère véritable, j'ai pris un terreau de rempotage bio.

    1) Je l'ai passé au tamis, en effet, s'il y a beaucoup de gros morceaux il vaut mieux le tamiser, mais ça dépend de la qualité. Je sais que certains aquariophiles ne tamisent rien du tout et utilisent même les morceaux de bois. Dans la barquette bleue, photo-ci contre, se trouvent les déchets après la tamisation. La grosse coupelle noir contient le terreau tamisé et propre que je vais utiliser pour le substrat.
    2) J'ai prévu quelques poignées d'argile verte, l'argile va se charger en minéraux et oligoéléments disponibles aux plantes par les racines.
    3) J'ai aussi rajouté un peu de pouzzolane, ceci dans le but de faire une sous-couche poreuse et souple.
    4) J'ai enfin mélangé le tout avec un peu d'eau pour en faire une pâte bien humide, sans bulles d'air.

    Terreau sous forme de pâte
    Pour un aquarium de 55l, j'ai prévu une fine couche de substrat de 1 à 2.5 cm, ce n'est pas au millimètre près non plus.

    Pour les proportions, je fais ça plutôt à la louche, pour moi l'aquariophilie n'est pas une science exacte! Mais pour donner une idée plus précise, on peut faire un mélange comme celui-ci: 40% sable + 40% Terre de Bruyère + 20% d'argile verte.

    Il faut y aller doucement avec l'argile, car l'argile a tendance à comptacter et peut devenir imperméable, ça peut asphyxier un sol et empêcher les échanges gazeux. Mieux vaut moins que trop!


    Le terreau dans l'aquarium
    5) J'ai réparti le substrat ou cette pâte sur le fond du bac. J'ai utilisé une cuillère en bois pour bien tasser le tout et pour chasser les éventuelles bulles d'air. En effet, il faut éviter que ne se forme des poches d'air concées dans le substrat, ça pourrait favoriser la fermentation.

    6) Enfin, j'ai mis le sable de Loire par dessus, une couche de 3/4 cm à l'avant et 5/6 cm à l'arrière.

    Mise en eau du bac
    7) Il reste à remplir le bac, il faut faire ça délicatement pour ne pas tout remuer. On peut utiliser une coupelle déposée sur le sable et dans laquelle on verse doucement l'eau. On peut aussi se servir d'un tuyau à air pour faire couler l'eau encore plus déliactement. Si on a des plantes gazonnantes, c'est à ce moment là qu'on peut les planter, une fois le bac complétement rempli c'est plus embêtant à faire.


    Terreau installé et bac rempli
    8) La dernière chose à faire est de fournir un bon brassage. Ceci est important. Les bactéries qui vont se développer dans le terreau vont consommer beaucoup d'oxygène, il faut donc une bonne aération durant les deux ou trois premières semaines. Sur ma turbine, j'ai la possibilité d'ajouter une prise d'air -système venturi- qui peut apporter beaucoup d'oxygène suivant le réglage. Dans les premiers jours, l'eau a pris différentes teintes, d'abord blanchâtre et trouble, puis marron et sale, avec des moisissures gélatineuses sur le sable. Ceci n'a rien d'anormal, des bactéries se développent, des substances nutritives sont libérées dans l'eau, tout ceci contribue à donner une coloration spéciale. C'est là que j'ai rajouté le système venturi, dans le but d'apporter plus d'oxygène aux bactéries aérobies. Au bout de quelques jours, l'eau était de nouveau limpide. Au bout de deux semaines j'ai supprimé l'oxygénation, au bout d'un mois j'ai bridé la turbine à un débit minimum. En deux mois j'ai fait deux changements d'eau pour éliminer le trop de nutriments, surtout que mes plantes ne risquaient pas de les consommer vu leur tête!

    10) Introduction du vivant. Dès le début j'ai mis des escargots, des planorbes et des physes venues toutes seules, comme des grandes, et enfin les melanoides. Pour les poissons, je pense qu'il faut un cyclage plus long que pour un aquarium avec seulement du sable comme substrat.


    Le bac après trois mois
    En ce qui me concerne, le bac a tourné pendant deux mois sans poissons, je n'étais pas fixé sur la population. D'ailleurs, la végétation aussi a changé plusieurs fois, ce qui a contribué, aussi, à retarder l'introduction des poissons. J'ai essayé des plantes de bassin qui, après-coup, ne m'ont pas plu. Sans compter qu'il n'est pas facile de se procurer celles que l'on souahite, sont soit indisponibles, soit introuvables. Finalement, je suis revenu à une végétation plus convetionnelle. Bref, ça m'a pris deux bons mois pour planter, et c'est moi qui répète sans cesse qu'il faut faire une liste au préalable...😎 Question poissons, j'ai récupéré des Endlers, une dizaine, qui sont bien sympathiques, ça me rappelle mes débuts en aquario. Mais je ne suis pas sûr de les garder bien longtemps, j'envisage de les remplacer par des poissons beaucoup moins prolifiques. Il y a ussi des crevettes Red cherry fire red. Personnellement, je pense qu'il faut laisser le bac tourner un bon moment, la durée peut varier d'un aquarium à un autre, dans tous les cas il faut laisser l'écosystème s'établir en douceur. Pas la peine de se presser et de balancer les poissons trop rapidement, un laps de temps de trois à quatre semaines me semble nécessaire. Durant les deux/trois premiers mois il faut surveiller les poissons et les paramètres, éventuellement, il faudra faire des changements d'eau.

    Bac naturel de 55l avec terreau
    Aujourd'hui, et au bout de cinq mois, la végétation se compose de: Eleocharis sp. mini, Cryptocoryne beckettii, Cryptocoryne parva, ça c'est pour les plantes basses. Pour les plus hautes et de gauche à droite: Rotala wallichii, Ludwigia repens, Rotala boshi, Vallisneria nana, Rotala sp. green (le gros buisson au centre), Limnophila ambulia. En flottantes, il y a de la Salvinia natans et des Spirodella polyrhiza.
    Il n'y a pas de filtration du tout, le bac tourne avec une turbine qui brasse faiblement l'eau, sans la mousse, juste un morceau de bas sur la crépine pour empêcher que des escargots se fassent aspirer. 
    Il n'y a pas de chauffage, l'eau est à 18°. 
    L'éclairage est un vieux tube T5 de 24w, le bac est éclairé 8h par jour en continu. A l'arrière du bac, contre la vitre, il y a deux feuilles de Catappa pour les précieux acides humiques. 

    Impressions, difficultés, retour sur expérience:
    Ce bac m'inspire le calme et la patience. Curieusement, les plantes poussent plutôt lentement mais sont luxuriantes à la fois, toutes en très bonne santé, même les brins qui sont complètement à l'arrière privés de lumières, ou ceux carrément à l'ombre. C'est très curieux, c'est complètement à l'opposé de ce que j'ai connu avec mes bacs  précédents avec terreau. Je reste étonné du peu de temps que je passe à jardiner dans ce bac, malgré une végétation dense et luxuriante.

    Ce qui est très intéressant avec ce genre d'installation, c'est qu'une faune riche se développe, des cyclops, des vers filiformes, d'autres courts et gras, d'autres encore noirs et carapacés. Il est amusant d'observer leur comportement lorsqu'ils se croisent...se demandant "ça se mange ça ou ça va me manger moi'😄 Il y aussi plein de puces d'eau, je ne sais pas comment appeler ça exactement, en tout cas ça bouge dans tous les sens et ça grouille de vie. Evidemment, dès que les poissons sont arrivés, adieu les bestioles!

    Je note aussi que, malgré un brassage très faible de la surface de l'eau, aucun biofilm ne s'est formé, c'est suffisamment rare pour le signaler, en tout cas en ce qui me concerne.

    La difficulté est de trouver le terreau de qualité, mais c'est possible si on ne se précipite pas. Il suffit de prendre son temps et de chercher, on peut même le commander sur internet, ce que je ne pensais pas possible. Certains préconisent de faire bouillir son terreau, oui s'il s'agit d'un terreau de mauvaise qualité, ce faisant on élimine les ajouts chimiques. Mais si on a une terre véritable de bruyère, pas la peine de la bouillir, on tuerait toute la flore bactérienne et on éliminerait les oligoéléments, ça serait dommage!

    Problèmes et solutions.
    1) L'incovéniant du substrat à base de terreau est que le jardinage est difficile. Il faut y aller délicatement, avec une pincette, tirer doucement sur les racines, racine par racine, pour éviter de tout mélanger. Il n'est pas question de changer de végétation toutes les cinq minutes.
    2) Question fermentation: certains ont peur de voir le sol tourner et fermenter, ce qui tuerait les poissons. A mon avis c'est un problème qu'on évite en prenant quelques précautions simples:

    • Il faut un terreau de qualité, si on est pas sûr de sa qualité on peut le laver plusieurs fois pour éliminer les engrais chimiques,
    • Il fait faire attention à l'épaisseur, il vaut mieux en mettre moins que trop,
    • Au début, il faut assurer un brassage puissant du bac pour optimiser l'oxygénation, et favoriser les bactéries aérobies de la colonne d'eau. Ce sont elles qui vont garder le sol sain, pas un filtre sous-sable, ou une couche très/trop fine de sable recouvrant le terreau. J'ai vu des bacs, avec un sol à base de terreau de 15 à 25 cm d'épaisseur, fonctionner pendant des années sans aucun problème, mais avec un brassage intense. Si la turbine ou le petit filtre sont trop faibles, on peut rajouter temporairement un bulleur, le temps que les bactéries se développent,
    • Il faut utiliser les Melanoides tuberculata qui, grâce à leur va-et-vient incessant dans le sol, contribuent naturellement à l'aérer et à chasser les bulles d'air ou de fermentation. Evidemment, si on met ces escargots, il faut une couche de sable sur le dessus suffisamment épaisse, si non ils risquent de tout mélanger,
    • Il faut utiliser les feuilles mortes, leurs acides humiques tendent à neutraliser l'ammoniac et d'autres composés néfastes, c'est aussi pour cette raison qu'à l'époque on utilisait la tourbe dans la filtration, pour apporter les acides humiques directement dans la colonne d'eau, et pas seulement pour faire baisser le pH,
    • Il faut maintenir un pH neutre à légèrement acide, 6.5 minimum, ça réduit tout problème,
    • Il faut planter des plantes à fortes racines. Les plantes oxygènent le substrat en transportant l'oxygène jusqu'aux racines. Ce faisant, l'oxygène permet aux plantes d'absorber les nutriments tout en neutralisant des éléments nocifs.

    En concluison.
    Je trouve que c'est une bonne méthode, qui donne de très bons résultats, bien plus gratifiante que celle qui consiste à acheter un sol "tout-prêt" dont on ne connait pas la composition. Il est dommage que certains, sous l'emprise d'un marketing agressif de l'industrie aquariophile, ou à cause d'idées reçues, jugent cette méthode vieillote ou trop "délicate" à mettre en oeuvre. D'autres ont peur que le sol fermente, mais il y a des aquariums avec un simple sable qui périclitent aussi. D'autres encore pensent que ce n'est pas une méthode pour les novices, mais alors l'aquariophilie elle-même n'est pas pour les novices, car tout le monde a eu des loupés et des échecs au début, même les plus chevronnés.

    Il faut bien commencer un jour, essayer, tester et réessayer par soi-même, et faire des erreurs fait partie de tout apprentissage. Avec quelques règles de base et quelques précautions simples, on peut simplement espérer de réduire les risques à un minimum. Ceci est valable pour tout type d'aquariophilie, low-tech ou traditionnelle, et pour tout type de substrat, avec terreau ou sans!

    See ya ! 😎
    Aquatiquement Dani

    samedi 11 février 2017

    Artémias, daphnies, vers de vase!

    Comme il n'est pas toujours possible de faire la culture de nourriture vivante chez soi, surtout dans un appartement, il existe la possibilité de l'acheter toute prête dans les magasins aquario et en jardinerie.

    Barquette Artémias et daphnies
    C'est la société Grebil dans la Somme qui produit, de père en fils, ces délices pour nos poissons: des proies vivantes, fraîches, variées, et de qualité certaine. Elles sont conditionnées dans des barquettes plastiques ou des godets facilement transportables. Ainsi on peut obtenir des artémias, de daphnies, des vers de vase, des tubifex et j'en oublie. Grebil fait une livraison hebdomadaire dans toutes la France et chaque magasin  les propose à un jour convenu à l'avance. Les proies les plus vendues sont les artémias, les daphniesvers de vase, et vers blancs.  Pas la peine de chercher à commander chez Grebil, c'est un grossiste et ne livre que les professionnels. En revanche, Aqualiment livre même les particuliers et propose un plus large choix de proies vivantes.

    Artémias et daphnies
    1) Les artémias salina sont des crustacés d'eau salée de 5mm. Elles vivent dans les étangs, les lacs salés en Amérique du Nord et dans la mer Caspienne. Leur nourriture est constituée de phytoplancton. Il est possible de se procurer des cystes, œufs d'artémias, pour faire une culture de nauplii pour les alevins. Dans les barquettes, on peut trouver des adultes qui portent une grappe d’œufs, mais aussi des artémias juvéniles fraîchement écloses. 
    Les artémias sont disponibles toutes l'année. Il m'est arrivé de tomber sur des artémias d'excellentes qualité, petites et bien roses dont les poissons raffolent. Ce sont des proies idéales pour les Charracidés et tous les poissons qui évoluent dans la zone de surface et de milieu. Mais les poissons de fond les gobent aussi bien volontiers, lorsqu'ils arrivent à les atteindre.

    Je crois bien qu'au niveau énergétique les artémias sont les plus riches, et conviennent à la plupart des poissons d'eau douce.

    2) Les daphnies sont des crustacés aussi, mais d'eau douce, on en trouve partout en Europe dans les cours d'eau lents et les étangs. Elles aussi se nourrissent de phytoplancton, et sont plus faciles à élever. En magasin elles ne sont pas disponibles toute l'année car elles obéissent à des cycles de reproduction. Au  début du printemps, elles commencent à se reproduire, c'est à ce moment là qu'on les trouve en abondance.  Il est beaucoup plus rare d'en trouver l'hiver sauf si elle sont cultivées sous serre, et encore, ce n'est vraiment pas évident. Rien à voir avec ces daphnies séchées, sans aucune valeur énergétique, que l'on trouvait il y a quelques décennies, et qui représentaient une vraie punition pour les poissons rouges, la double peine quoi! Adieu la nourriture lyophilisée et vive le vivant!

    3) Les vers de vase sont courants en animalerie, et sont appréciés par les poissons les plus gros. Ces vers, de 1 à 1,5 cm, sont de couleur rouge vif est sont, en fait, des larves des Chironomus de la famille des diptères,  une sorte d'insecte, mais pas un moustique comme on le pense à tort. Ces insectes pondent des œufs dans les rivières et les eaux à courant rapide, les œufs deviennent des vers, pour ensuite se transformer en insecte. C'est à l'état de ver qu'on les récolte et cultive comme nourriture pour poissons. Parait-il qu'il ne faut pas en donner aux poissons trop souvent ou régulièrement, personnellement j'en donne une fois par mois et je n'ai jamais constaté de problème. Les poissons comme les Poissons rouges, les Apistogramma, les Cichlidés et même les petits Corydoras les apprécient. C'est une nourriture pour poissons de fond et de milieu. Evidemment, pour les très petits poissons, il ne faut pas en donner.

    Godet de tubifex
    4) Les tubifex, ci-contre, plus rares, sont des vers qui mesurent 1 mm de diamètre et peuvent atteindre 3 à 4 cm de long, voire plus. Ils vivent très près les uns des autres en partie dans le substrat, au moindre danger ils s'enfouissent entièrement pour réapparaître lorsque le danger a disparu, ils sont très vifs et rapides. Ils vivent dans les étangs et lacs à eau lente enfouis dans la vase. Ils peuvent être porteur de parasites, mais ont un rôle important de dépollueurs dans la nature. Ils peuvent supporter des conditions très difficiles, manque d'oxygène et forte pollution.  C'est pour ça qu'il faut éviter de les récolter soi-même, mais les acheter chez un professionnel, qui a les moyens de les élever dans de bonnes conditions. 

    Dans les godets, ils se regroupent en boule, car ils cherchent à s'enfouir, et les vers qui sont au centre de la pelote sont sûrement morts étouffés. 

    Tubifex en mangeoire
    Pour avoir des tubifex, ce qui déjà n'est pas courant, il faut tomber sur un arrivage de qualité. Ils doivent être bien roses, très fins et d'une belle teinte bien claire.  Le liquide dans le quel ils baignent doit être bien propre, si le liquide est sale ou trouble il ne faut pas les prendre. Il ne faut pas en prendre, non plus, s'ils sont trop gros, trop longs, de couleur sombre et très lents. Ce sont les signes certains qu'ils sont impropres à la consommation même pour nos poissons. Comme les vers de vase, les tubifex sont appréciés par tous les poissons de fond et de milieu.

    J'y pense, la mangeoire n'est pas nécessaire, j'ai simplement voulu laisser les poissons se débrouiller, mais les vers ont du mal à passer au travers des ouvertures, du coup ça ne sert pas à grand chose. Il vaut mieux les distribuer peu à peu, ceux qui réussissent à tomber au fond seront de toute façon mangés.

    Vers translucides Grebil
    5) Vers blancs. En fait je ne sais pas ce que c'est exactement, mon fournisseur non plus d'ailleurs. Il m'a simplement proposé cette nourriture, et, par curiosité, je l'ai achetée. C'est aussi Grebil qui propose ces proies vivantes, mais que très occasionnellement.
    C'est très curieux, on dirait des larves de moustiques ou des larves d'un insecte quelconque. Tout ce que je peux dire c'est qu'ils sont translucides, qu'ils sont très propres, qu'ils polluent très peu, et qu'ils se gardent plusieurs jours, je crois plus longtemps que la plupart des autres proies vivantes. Ce qui est sûr c'est que les poissons, eux, ne se posent pas la question de leur provenance, et qu'ils les engloutissent avec voracité!

    Comment les conserver ? 

    Le matériel: Il faut une passoire à thé pour le rinçage, une pipette pour les attraper et les distribuer, et un godet ou un autre contenant de petite taille pour les conserver, une boite transparente de cure-dents peut faire l'affaire surtout avec son couvercle très pratique.
    Artémias et daphnie prêtes pour le frigo
    Il faut, dans un premier temps, jeter le liquide dans lequel les proies baignaient en versant le tout dans une passoire à thé, puis rincer les proies qui restent dans la passoire deux à trois fois avec l'eau de l'aquarium, pas celle du robinet! Les mettre ensuite et les conserver dans un godet, ou un autre contenant, avec de l'eau de l'aquarium, même les artémias qui, pourtant, vivent en eau salée supportent très bien l'eau douce plusieurs jours. Chaque jour, voire deux fois par jour, il faut les rincer de nouveau et leur changer l'eau. Si cela est fait correctement on peut les garder 3 jours en les conservant dans la partie basse du réfrigérateur. Il m'est arrivé de conserver, grâce à cette méthode, des artémias pendant 4 jours et elles étaient superbes. Les proies qui se conservent le moins bien sont les vers de vase et les daphnies, il faut donc les distribuer rapidement. En revanche les daphnies se conservent très bien durant la belle saison à l'extérieur, en plus elles se reproduisent, il faut simplement leur donner de l'eau verte chargée en phytoplancton. Avec une dose achetée on peut en avoir tout l'été.

    Si les barquettes n'ont pas été ouvertes, elles peuvent rester deux ou trois jours dans la partie basse du réfrigérateur. C'est au cas où on ne peut pas distribuer la nourriture immédiatement. Il m'est arrivé de prendre plusieurs barquettes, et de les garder au frais plusieurs jours, tout dépend de la fraîcheur des proies.

    Comment les distribuer ?
    Distribution d'artémias
    Pour les donner aux poissons j'utilise une pipette, comme celle sur la photo plus haut. Je les aspire et les rejette dans l'aquarium, et là les poissons se jettent dessus. 
    Je répète cette opération plusieurs fois par jour par petite quantité. Je fais en sorte que tous les poissons aient eu leur portion, ce qui n'est pas toujours évident, car il y a toujours des poissons plus rapides que d'autres.

    Ce qu'il faut éviter ? 
    Distribution de daphnies
    - Il faut éviter d'acheter des barquettes dont le liquide est sale, c'est le signe que les proies sont restées trop longtemps dans le contenant, ou que le colis s'est perdu lors du transport.
    - Il faut éviter les proies trop grosses, d'une couleur terne et sombre, voire, marron, elles sont sont impropres à la consommation.
    - Il faut éviter les vers de vase et les tubifex pour de poissons petits.
    - Enfin, il faut éviter de donner la même nourriture trop souvent, la variété est le mieux et le plus sûr.
    - Bref, il faut que les proies semblent en bonne santé, qu'elles soient vives et qu'elles frétillent, d'une belle couleur claire, et de petites tailles. 

    Conclusion
    La nourriture vivante est pour les poissons un bénéfice indéniable. Les proies vivantes contribuent à maintenir leur instinct de chasseur en éveil. Ça excite leur curiosité et leur vivacité, ça les maintient en forme et aiguise l'instinct de reproduction. Des poissons bien nourris avec une nourriture variée seront tentés de se reproduire plus facilement, ce n'est pas le seul critère, mais la qualité de la nourriture en fait parti. Sans compter l'apport énergétique qu'apporte aux poissons une proie grasse et en bonne santé. 

    Le prix d'une barquette varie entre 2 et 2.70 €, c'est vraiment pas le mer à boire, une à deux fois par mois c'est à la portée de tout le monde. 

    Il ne faut pas pour autant  nourrir les poissons beaucoup et souvent, dans la nature ils ne mangent pas aussi régulièrement, les faire jeûner au moins une fois par semaine est salutaire pour leur longévité.

    Enfin, il ne faut pas oublier que pendant plusieurs mois, il y a une nourriture disponible en abondance et gratuite, c'est les larves de moustiques. Il suffit de les pêcher avec une passoire, de les rincer, et de les donner aux poissons, c'est là un spectacle fascinant et qui ne coûte rien!


    Stay in touch!

    Dani

    dimanche 29 janvier 2017

    Nos amis les gastéropodes bis!

    Le titre n'est pas original, mais il illustre bien le fait que l'escargot dont il est question est, lui aussi, un de mes préférés.

    Melanoides avec coquille brune
    C'est le Melanoides tuburculata ou le "Malais" comme on l'appelle communément. Pourtant, il ne vient pas de Malaisie, mais d'Afrique tropicale et subtropicale. Il a été introduit en Asie du Sud et du Sud-Est, puis en Europe, et en Amérique du Nord. Les oiseaux contribuent fortement à sa dissémination géographique. Il vit dans les eaux douces à courant plus ou moins rapide, mais s'adapte très bien à une eau saumâtre. Il a deux petites antennes visibles et sa coquille est conique, dont la taille peut aller jusqu'à 3 cm pour les plus gros ou les spécimens les mieux portants. Suivant la composition du sol, sa coquille peut prendre différentes teintes, plus ou moins foncées, dans un sol à base de tourbe sa coquille devient brune ou très sombre. C'est un escargot sexué, il y a un mâle et une femelle. La reproduction peut se fait par accouplement mais surtout par parthénogenèse, donc, pas le peine de chercher à obtenir un couple!

    Durant la journée, il passe son temps dans les sédiments, il ne sort qu'une fois la nuit tombée. Il peut survivre longtemps à la sécheresse grâce à son opercule qu'il referme pour mieux se protéger à l'abri de sa coquille. Il respire grâce à une branchie, il est donc sensible aux paramètres de l'eau, mais peut survivre dans un milieu très pollué par des déchets organiques et pauvre en oxygène.

    Melanoides tuberculatus
    Il a principalement une vie nocturne, c'est lorsque l’éclairage se coupe qu'on peut le voir sortir du sol, à la recherche de nourriture. Mais on peut également le voir pendant la journée, comme lorsqu'on a placé des pastilles de fond, il se rue alors dessus avec voracité. Les Corydoras et les Crevettes n'ont le choix que de lui laisser la place, car impuissants face un groupe de ces escargots, ils peuvent récupérer quelques miettes mais c'est tout. Il lui faut une eau d'un GH de 6 minimum car il a besoin de minéraux pour constituer sa coquille correctement.  Si l'eau est trop douce sa coquille sera incomplète et la partie se terminant en pointe lui fera défaut.

    Ses principaux atouts:
    • Il participe à l'équilibre du bac en le débarrassant de ses déchets, cet escargot se nourrit des restes organiques, c'est un dépollueur,
    • Il permet aux plantes de puiser les nutriments plus facilement, et fertilise le substrat avec ses déjections,
    • Evidemment, il ne mange pas les végétaux en bonne santé, seulement ceux en état de décomposition,
    • Si, en pleine journée, ils se dirigent en masse vers la surface c'est qu'il y a un souci dans le bac comme une montée de nitrites,
    • Il est indispensable dans les aquariums avec un sol à base de terreau,
    • Il contribue à l'aération du substrat, 
    • Il facilite les échanges gazeux, 
    • Il débarrasse le terreau des bulles de gaz divers qui pourraient être coincées dans le sol, 
    • Il permet d'éviter la fermentation du substrat.  

    Ses défauts:
    Le Malais voyageur
    Ils peuvent devenir envahissants, pour limiter leur nombre il y a plusieurs solutions. Evidemment, on n'utilise pas de produits chimiques, on parle ici d'aquariophilie naturelle! La solution la plus simple et l'épuisette, une heure après la coupure de l’éclairage ils sortent en rampant sur les vitres, il suffit de racler les vitres pour en attraper par dizaines. 
    Il y aussi la solution de l'appât, des légumes pochés, une feuille d'épinard ou de salade déposée sur le sable, au matin, et avant que l'éclairage ne se mette en route,  on récupère les légumes avec plein d'escargots collés dessus.
    On peut les donner ou les vendre sur internet. Certains poissons les apprécient comme nourriture, les Loches, quelquefois les Betta splendens, les gros Gourami, certains Cichlidés.

    Prudence:

    Si on fait un substrat à base de terreau, il faut faire attention à l'épaisseur du sable au dessus. En effet, si la couche est trop superficielle ou trop fine, le travail incessant de cet escargot dans le sol va finir par tout mélanger. Il faut une couche de sable au dessus d'une épaisseur de 4 cm minimum. Et si on utilise le Manado avec du terreau ou un substrat pour bassin, tout risque de se mélanger encore plus facilement, le Manado étant très léger il faut prévoir une couche de 5 cm.



    Conclusion:

    D'une manière générale, quand la population des escargots augmente c'est toujours le signe d'un déséquilibre. Les déchets ne sont pas assez rapidement dégradés et s"accumulent, d'où la prolifération des gastéropodes. Il faut voir du côté du brassage, peut-être qu'il n'y a n'en a pas, ou il n'est pas assez puissant, ou la turbine n'est pas correctement entretenue. Peut-être aussi que la végétation ne fonctionne pas bien et il faut en changer. 

    Bref, c'est un bon indicateur de l'état général du bac, le Malais contribue à son l'équilibre directement ou indirectement, c'est un allié des aquariums naturels.

    Stay in touch!

    lundi 23 janvier 2017

    Nos amis les gastéropodes!

    J'ai déjà parlé des Aselle et des Ostracode, mais pas des escargots, qui sont, pourtant, les détritivores les plus communs et très utiles dans un aquarium low-tech.

    A quoi servent les escargots aquatiques, sont-ils vraiment indispensables dans un aquarium?

    Planorbe de Floride
    Les escargots permettent d'éliminer les sources de pollution comme les déchets organiques de toutes sortes. Ils éliminent les végétaux morts ou en cours de décomposition comme les feuilles qui commencent à s'abîmer. Mais ils ne s'attaquent jamais aux végétaux vivants ou en bonne santé. S'ils sont herbivores, ils n'hésitent pas pour autant à consommer les cadavres de poissons ou d'un autre escargot, ils permettent, là aussi, de limiter la pollution. De puis, ils participent à freiner les algues en mangeant les micro-algues, mais on ne peut pas considérer ces bestioles comme un "anti-algues".

    Leurs déjections vont tomber sur le sable et servir de repas aux bactéries, ce faisant, des éléments nutritifs seront libérés et rendus disponibles aux plantes comme engrais naturel. Rien ne se perd, tout se transforme, vous dis-je!

    Pour moi, il y a seulement deux ou trois escargots vraiment indispensables, parmi ceux-là il y a la Planorbe corneus. Sa particularité est que sa coquille est de forme aplatie et ronde, d'où son nom : planus "plat" et orbis " cercle.

    Il y a beaucoup d’espèces de Planorbe, comme la grande Planorbe européenne avec sa coquille de 4 cm et de couleur brune, mais pas présente en aquarium. Plusieurs espèces existent partout sur le globe, les nuances sont quelquefois subtiles et il es très difficile de les identifier avec précision. 

    Planorbarius corneus collée à la vitre

    Je pense que, sur la photo ci-contre, il s’agit de la Planorbella duryi ou Planorbe de Floride, qui est massivement présente en aquriophilie.  Elle a une coquille discoïdale et peut atteindre les 3 cm grand maximum. Elle supporte des T° comprises entre 10 et 30°. Perso, j'en ai dans mon bassin et elles supportent des températures de moins de 10 degrés.  
    Elle peut survivre longtemps au sec, en cas de sécheresse elle est protégée de l'extinction, car elle attend patiemment le retour de la pluie.

    Cet escargot est, comme souvent, hermaphrodite et possède donc les deux sexes, même s'il peut s'autoféconder,  il n'est pas rare d'observer deux individus en train de s'accoupler. Par-ci, par-là, sur la vitre ou sur une plante, on peut apercevoir une capsule gélatineuse avec des points blancs à l'intérieur, ce sont les œufs de la Planorbe protégés par un sac de bave. Lorsque les œufs deviennent orange c'est que l'éclosion est proche. La Planorbe a une durée de vie de deux ans à peu près. 

    La Planorbe et son petit
    Elle respire grâce à un poumon et doit remonter régulièrement à la surface pour piper l'air, mais si l'eau est très riche en oxygène elle déploie un grand repli de le peau lui permettant d'absorber l'oxygène directement dans l'eau.

    Si vous les voyez monter vers la surface, ce n'est pas forcément que quelque chose ne va pas dans le bac, c'est simplement pour respirer.
    Elle peut aussi se coller, à l'envers, à la surface de l'eau, ceci dans le but de manger le bio-film, qui se constitue dans les aquariums ayant un brassage trop faible.

    Son comportement n'est pas un très bon indicateur en cas d'une montée de nitrites. D'ailleurs j'en mets dans tout nouvel aquarium, dès le début, et pour lancer le cyclage. 

    C'est le seul escargot qui a de l'hémoglobine pour transporter l'oxygène dans son corps.


    Planorbe rouge
    L'escargot le plus commun est la Planorbe de couleur marron, mais il en existe des rouges, des jaunes, des bleues, et des tachetées comme la robe d'un léopard.
    Les rouges et les jaunes sont superbes, avec une couleur bien définie et vive, en revanche, pour les bleues, c'est vraiment pas évident, elles sont plus ternes et la couleur bleue est presque absente.

    Toutes les Planorbes, peu importe leur couleur, peuvent se reproduire entre elles. Si ces escargots pullulent c'est qu'il y a aussi beaucoup de nourriture, et donc de déchets. Il faut en trouver la cause. 

    Les coquines!
    Anecdote: Ces escargots sont apparus l'été dernier, comme par magie, dans la piscine de mon voisin. C'est une piscine transformée en mare et qui ne sert plus depuis longtemps. Ils ont dû être apportés par des oiseaux, je ne vois pas d'autre explication, en tout cas ils pullulent, c'est dire combien il leur est facile de se reproduire et peu importe le milieu ou le contenant!

    Généralement, la population de cet escargot s'autorégule, mais s'il y a un déséquilibre dans le bac, avec beaucoup de déchets, il peut pulluler. Ça peut devenir un inconvénient, d'ailleurs il est considéré comme envahissant, il ne faut pas le rejeter dans la nature. Mieux vaut en donner à des aquariophiles qui ont des Cichlidés, ces derniers les apprécient comme repas. Il suffit de mettre une feuille de salade, d'épinard, une rondelle de concombre pour les attraper. Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes de population avec cet escargot.

    Trio infernal!
    Comme pour la plupart des escargots, il ne faut pas une eau très douce ou pauvre en minéraux car ils ne pourront, ou auront du mal, à constituer leur coquille.

    Pour pallier à ce problème, et si on une eau très douce on peut mettre dans le bac une coquille d’huître pour apporter du calcium, on peut aussi, comme moi, les nourrir avec des légumes.

    Aussi, il ne faut pas les mettre dans des aquariums avec des Loches ou des Cichlidés, ces poissons en feraient un festin.

    On peut les trouver dans les boutiques e-commerce au prix de 2 à 2.50 d'euros.

    La Planorbe est, pour moi, le plus charmant des escargots communs, j'en ai partout dans mes aquariums. Si vous souhaitez en savoir plus et essayer de les identifier, voici une page, et une autre.


    En tout cas c'est une alliée des aquariums naturels!

    Stay in touch.
    Dani

    mercredi 28 décembre 2016

    Une mare dans mon salon!

    Cela fait un moment que je pense à créer un point d'eau avec seulement des plantes européennes ou d'eau froide. D'abord j'ai pensé à mon bassin mais, sachant qu'on peut faire ça dans un aquarium, j'ai finalement opté pour un petit aquarium de type nano-cube, que j'avais déjà et qui dormait dehors. Ainsi est né l'idée de la mini-mare dans mon salon, c'est ce qui dorénavant remplacera mon amazonien de 200 litres.

    Sous le sable, j'ai mis une poignée d'argile verte et deux coquilles d'huîtres écrasées. L'argile pour les minéraux et oligo-éléments, les huîtres pour le calcium. Je ne savais pas encore quelles plantes j'allais utiliser. Pour l'argile, je préfère en mettre moins que trop, on peut toujours en rajouter, même lorsque le bac est installé. Il existe des billes d'argiles toutes prêtes dans les magasins, il suffit de les enfouir aux pieds des plantes.
    Pour le décor, j'ai mis une belle racine sur laquelle j'ai fixé de la mousse de Java ou Vesicularya dubyana, en espérant qu'elle va recouvrir toute la racine. Ne me pas demandez de quel végétal provient cette racine, je n'en ai aucune idée, tout comme le vendeur d'ailleurs.


    Pour le sol, j'ai utilisé le sable de mon ancien 200 litres, sable qui est resté à l'extérieur dans une poubelle pendant plusieurs mois. Je trouve dommage de jeter du sable lorsqu'on se débarrasse d'un aquarium, sur internet on trouve toujours des preneurs. C'est du sable de Loire mélangé avec de la tourbe puisque à l'origine il était pour un bac amazonien. Je n'ai rien lavé, j'ai juste enlevé un peu de tourbe, pas la peine d'en avoir beaucoup pour un petit bac comme celui-là. Avec ce sable j'ai recouvert l'argile et les huîtres écrasées. 

    Il n'y a pas de filtration, juste une petite pompe de brassage, pompe pour nano-cube. J'ai simplement enlevé la mousse et ai mis à la place un morceau de bas pour éviter que les poissons et autres bestioles, escargots et aselles, ne se fassent aspirer. 
    Ce qui est bien avec ces pompes c'est qu'on peut les brider, ainsi je l'ai réglée au minium, juste assez pour faire un peu de courant, mais pas trop pour ne pas tout remuer.
    Il n'y a pas de chauffage, évidemment, puisque ce bac est prévue pour des plantes d'eau froide, vous suivez toujours ? L'eau est à température ambiante aux alentours de 18°. Il n'y aura pas non plus de changements d'eau fréquents, deux à trois par an suffiront, et en cas de jardinage important ou tout sera remué. Le sol n'est pas très propre, la tourbe remonte par-ci, par-là, mais rien de bien grave, de toute façon je déteste les aquariums ultra propres. A force de nettoyer on en lève ce qui est impoortant pour l'équilibre biologique, les bactéries bénéfiques !


    Pour la végétation, j'ai mis de l'Elodea canadensis et la Potamogeton natans en arrière plan, la Crassula helmsii, Callitriche palustris, Potamogeton gayi, Eleocharis sp. mini en avant et moyen plan,  en flottante quelques Spirodela polyrhiza qui, je l'espère, vont se multiplier.
    Il y aussi un brin de Cératophyllum demersum, ne jamais oublier d'en mettre dans un nouveau bac!

    Je ne sais pas si la végétation va se plaire sur le long terme étant donné qu'il s'agit de plantes de bassin.

    On ne voit pas sur la photo la Potomageton natans, car je n'ai reçu que des racines, mais que j'ai plantées quand même en me disant qu'elles finiraient par donner des feuilles. En revanche j'ai un sérieux doute pour la Callitriche car c'est vraiment une plante palustre qui a besoin de sortir hors de l'eau...
    Une chose est sûre, l'Elodée canadensis va très bien aller, elle pousse déjà rapidement et à l'air de s'y plaire.


    Ce genre de bac est bien pour des poissons de très petites tailles ou des crevettes, mais rien de plus. Il est éclairé par une lampe Ecowawe de 20w, c'est un peu juste pour ce volume, je verrai à l'usage.
    J'ai choisi d'y introduire 10 Boraras naevus, un peu par hasard car mon fournisseur les avait dispo ce jour là, c'est aussi simple que ça, du coup j'ai rempli le bac avec un mélange d'eau de conduite et de Mont Roucous, histoire de faire baisser la dureté et le pH.

    Voyons ce que ça donne après une dizaine de jours et après l'introduction des poiscailles. 


    J' ai mis aussi des Aselles, des Ostracodes et des Cyclops. Une vraie mare quoi ! Sauf que les Cyclops ont servi de repas aux poissons. Ils ont beau être petits ces mini-poissons, ils ont un instinct de chasseur bel et bien développé. J'espère que les Ostracodes s'en sont sortis, en revanche les Aselles, elles, batifolent et font des petits à tire-larigot. Il y a bien sûr des escargots, des Physes, des Planorbes corneus rouges et une espèce de Mélanoïdes non définie.

    Encore des images:



    Les Aselles sont arrivées avec les plantes, elles étaient jeunes et de petites tailles, en quelques jours elles ont grandi et même fait des petits! 



    Les naevus, plutôt timides au début, se coursent, se taquinent, sont toujours en mouvement, et font des parades comme s'ils avaient toujours été là!

    Et enfin une petite vidéo, désolé pour le flou qui apparaît de temps en temps, c'est que je ne suis pas un preneur d'images confirmés!



    Voilà pour cette "mare à la maison", j'imagine le boulot lorsque je devrai élaguer tout ça..Je pense que la végétation va changer car certaines plantes ne vont pas tenir, mais encore faut-il essayer avant de reculer devant mère Nature....

    Stay in touch!