mercredi 18 mars 2015

Amazonien, et c'est pas fini !

On me pose souvent des questions sur mon bac amazonien, s'il est toujours aussi beau, ou s'il n'a pas périclité. On me demande aussi quelles sont les règles à suivre quant à l'entretien d'un aquarium low-tech. Voici donc un article sur ces deux questions, histoire de faire d'une pierre deux coups.

Pour rappel, "ce bac" a été lancé à l'automne 2012, au départ sans plantes à racines, avec juste des flottantes et un brin de Cératophyllum et plein de feuilles mortes.

Le sol est composé d'une couche de tourbe recouverte par 6/7cm de sable de Loire.
L'eau du bac provient du toit de la maison, quand il pleut évidemment, je la récupère dans des poubelles en plastique. J'ai compensé un certain temps l'évaporation avec de l'eau en bouteille comme la Volcania, mais n'étant plus en vente j'utilise principalement l'eau de pluie. Une à deux fois par an je rajoute un ou deux litres de Cristaline, histoire de rajouter des minéraux.

Quelques mois après son lacement j'ai décidé d'introduire des plantes à racines, un amazonien n'est pas forcément dépourvu de plantes, il y a en Amazonie tout un tas de biotopes extrêmement différents. Personnellement, et dans la mesure du possible, j'essaie de privilégier les plantes d'une même région géographique, ...
Depuis le début j'utilise des feuilles mortes, mais en moindre quantité et moins souvent depuis que le bac est devenu planté.

L'eau de ce bac est chauffée à 21°.

Passons à la pratique:
Amazonien bien planté!
Ci-contre une vue de la façade avant du bac. C'est une véritable explosion de végétation!
La Vallisnéria gigantea cherche à envahir tout le sol en émettant des stolons partout, des stolons qui font plus d'un mètre. C'est ainsi qu'un pied de cette
plante est venu se développer à l'avant droit du bac.



Vue de profil.
C'est la jungle, les rubans de la Vallisnéria gigantea font plus d'un mètre cinquante et recouvrent toute la surface.
Il faut tailler dans le vif! La Sagittaria subulata s'est multipliée à n'en plus finir, et c'est du boulot que de vouloir la maîtriser! C'est une super plante, facile et buissonante, mais qui demande un entretien rigoureux. Mais n'est-il pas dommage de vouloir brider une nature si généreuse?





L'aquarium devient trouble.
Au delà de ces considérations d'ordre philosphique, j'ai supprimé toutes les Vallisnéries gigantea, et j'ai arraché une bonne partie des Sagittaria subulata.

Evidemment, l'eau est devenue trouble à cause de la tourbe qui remonte avec les racines des plantes arrachées. Un dépôt marron recouvre la surface du sol. Cela ne semble pas gêner les poissons, au contraire, les Corydoras habrosus se précipitent pour essayer de trouver de la nourriture, les Otocinclus également viennent voir ce qui se passe.



L'eau s'éclaircit peu à peu.
Mais croyez le ou pas, le dépôt marron a disparu aussi vite qu'il est venu, comme absorbé ou réabsorbé par le substrat, et, petit à petit l'eau s'éclaircit, cela au bout de quelques heures seulement.
Je n'ai rien siphonné du tout, j'ai laissé faire pour voir comment cela allait évoluer. Au bout de deux à trois jours le sol est redevenu propre comme si de rien ne s'était passé. Les Corydoras habrosus ont réinvesti les lieux et se montrent davantage, vu qu'il n'y a plus d'obstacles à leur pérégrination.

Au jour d'aujourd'hui, et deux mois après le jardinage, le bac ressemble à ça, va me falloir arracher de nouveau la Sagittaria.


 Vue d'ensemble, la S. subulata se propage de nouveau

Arrière plan avec Limnophila sessiliflora à droite.







Vue de dessus côté gauche, Pistia naines.
Autre vue de dessus côté droit.
J'oubliais, j'enlève régulièrement des plantes flottantes, si non leur prolifération risquerait de priver de lumière les plantes qui sont en dessous. J'en laisse 1/3 ou 1/4 de la surface. Sur la photo il y a de la Salvinia natans, des lentilles d'eau, de la Phyllanthus fluitans et des Pistia sp. stratiote.

Pour résumer en quelques points:

  • Tous les deux ou trois mois j'enlève le trop de plantes, je déracine, je coupe et j'élague. 
  • Chaque semaine j'enlève des plantes flottantes.
  • Chaque semaine je rajoute 2 à 3 litres d'eau pour compenser l'évaporation.
  • Je ne siphonne jamais le sol. Dans un bac équilibré avec un léger brassage le sol reste propre car les déchets sont recyclés.
  • Tous les six mois je fais un changement d'eau de 20% avec de l'eau de pluie. Je pense que ça ne sert à rien mais puisque j'en ai à ma disposition je le fais.
  • Je ne râcle jamais les vitres vu que je n'ai aucun souci d'algues quelconques.

Pour cet article et après plus d'un an j'ai fait un test des paramètres, j'ai obtenu les résultats suivants :

PH 6/ NO2 0/ NO3 0/ GH 4/ KH 0

Avec un KH à zéro mon bac devrait être instable et mes poissons en grand danger. En fait c'est tout le contraire, mon bac est remarquablement stable et mes poissons se portent à merveille.

Comme quoi, la théorie et la pratique ne sont pas toujours en concordance et ce pour différentes raisons, mais ça c'est une autre histoire.

Je vous laisse méditer sur le sujet...

See you soon !

vendredi 30 janvier 2015

Retour sur expérience en images !

Depuis le lancement de ce petit aquarium naturel de 55 litres il s'est écoulé un peu plus d'un an. Il est temps d'en faire un compte rendu. Si vous souhaitez voir la création de cette aquarium rendez vous sur cet article.

Peuplé au début par 6 Danio erythromicron et de quelques crevettes Neocaridina heteropoda rili, de Planorbes cornelius et de Malanoïdes, ce petit bac est passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, aussi bien au niveau de la coloration de l'eau qu'au niveau de la végétation. C'est un petit aquarium sans filtration, ni chauffage.

Novembre 2013
Question plantes, de la Cératoptéris cornuta, de la Cératophyllum demersum, de l'Egéria najas et de la mousse de Java ou Vesicularia dubyana. En flottantes, de la Lemna minor ou des lentilles d'eau, de la Spirodela polyrhiza et des Salvia natans.
Vous avez remarqué ces magnifiques galets! Certains ne les aiment pas, tant pis?



La Cérato explose.

Ce qui est bien avec la Cératophyllum c'est qu'elle pousse dans   n'importe quelle condition. 

Tout nouvel aquarium devrait avoir un beau bouquet de Cérato, au moins au début. Une fois que l'équilibre est établi on pourra toujours s'en passer, ou la contenir à un ou deux brins. La cérato est indispensable si l'on veut passer son bac filtré en non filtré. 



Début 2014

Ça pousse, ça pousse.  La Salvinia à pratiquement recouvert toute la surface. Et toujours au premier plan mes beaux galets. 
La cérato envahit tout l'espace disponible. Va falloir tailler dans le vif! La cératoptéris s'est bien développée aussi, mais après quelques semaines elle a périclité, si bien que je m'en suis débarrassé. 

Début 2014, changement total de végétation. Rajout de la Ludwigia repens, et de la Ludwigia repens rubin. A droite il y a la Rotala rotundifolia, à gauche de l'Hygrophila difformis. En avant plan, de la mousse de Java et de la Riccardia chamedryfolia. Il s'agit d'une très belle mousse, prolifique, mais plus fine et plus jolie que la mousse de Java.

Sur la photo, ci-contre, il y a rajout d'une flottante superbe qu'est la Riccia fluitans. Magnifique, les Danio l'adore. Ils s'en servent comme d'une maison close pour y faire leur petite affaire à l'abri des regards indiscrets.

Voici une vue de dessus, on y voit la Riccia qui forme comme une île flottante, la Ludwigia va bientôt percer la surface, la Bacopa monnieri a la tête carrément hors de l'eau et fleurit.

2015, changement du tout au tout. Exit les plantes rouges, exit la mousse de Java. Bienvenue à la Fougère de Java naine sur racine, à la Limnophila sessiflora, à l'Anubia nana, à la Sagittaria subulata, à la Ludwigia arcuata et à une Vallisnérie du Sud-Est dont j'ai oublié le nom. C’est carrément la jungle!

Ça explose question végétation, mais faut dire que j'ai rajouté depuis peu une petite turbine pour nano-cube d'une capacité de 50l/h. Je suppose que la nage de mes petits prédateurs ne suffisait pas à répartir les nutriments pour la bonne croissance des plantes.

Pour finir, voici une photo d'une Rili grainée, j'espère avoir plein de petites crevettes juvéniles, et qu'elles vont réussir à survivre parmi les prédateurs impitoyables que sont les erythromicron et les sangsues. 
Sont curieuses ces bestioles, durant des mois elles font leur vie sans se préoccuper de savoir si oui ou non elles vont laisser une trace derrière elles, il suffit d'introduire une autre espèce de crevette pour qu'elles veuillent se reproduire et marquer ainsi leur territoire. 

Un brassage peut être quelquefois nécessaire suivant les poissons et les plantes que l'on maintient. Dans mon cas, la nage de mes petits, tout petits Erythromicron, ne suffisait pas à répartir les nutriments ni le CO2 dégagé par les organismes vivants, c'est pourquoi j'ai rajouté une petite turbine, et, depuis mes plantes explosent littéralement, d'ailleurs, va falloir que je taille dans le vif et ce très très bientôt. 

Erythromicron en train de se goinfrer!

J'y pense, vous ai-je dit qu'au bout d'un an et à partir de 6 spécimens j'ai aujourd'hui une trentaine de poissons ? Ben, voilà, c'est dit.


Pour eux la période de reproduction dure toute l'année, pas de repos pour les braves dit-on! Ainsi, il y a de nouveaux alevins tous les deux mois.




 
Encore quelques photos: 

Vue d'ensemble
D'un peu plus près!
C'est vraiment la jungle!

En bref: 
  • Question substrat, un simple gravier de 4/5 cm avec trois cuillères à soupe d'argile.
  • De l'eau, bac mis en eau avec de l'eau de conduite, puis compensation de l'évaporation et deux changements d'eau  avec de l'eau de pluie.
  • Plantes simples et peu exigeantes mais très efficaces!
  • Éclairage, un tube T5 de 24W, mais je pourrais faire mieux pour bien moins cher!
  • Entretien, deux changements d'eau d'une dizaine de litres depuis son lancement et à chaque fois après un jardinage important. Chaque semaine compensation de l'évaporation de 1 à 2 litres avec de l'eau pluie. Chaque 3 à 4 mois ajout d'une feuille de catappa histoire de protéger les poissons des maladies. Sur les photos on ne la voit pas car elle est placée à l'arrière du bac contre la vitre et derrière les plantes, c'est pas bien joli une si grosse feuille dans un si petit bac.
  • Température, pas de thermoplongeur, la température varie entre 18 et 21° durant la journée, les Danio préfèrent une eau fraîche.
  • Au début peuplé de 6 Danio erythromicron, de 6 crevettes rili, Melanoïdes et Planorbes corneus. Aujourd'hui ils sont plus d'une trentaine, je parle des poissons évidemment!
  • Nourriture, ils sont nourris 3 jours par semaines avec des Artémia vivantes, le reste du temps avec des Artémia congelées et des paillettes.
  • Après plus d'un an ajout d'une petite turbine bridée à 50l/h à peu près, les plantes apprécient.
  • Paramètres, aucune idée ! Cela fait longtemps que je n'ai effectué aucune mesure, ce dont je suis sûr c'est que les poissons sont passés d'une eau plutôt dure et d'un PH élevé à une eau douce et plutôt acide sans aucun problème.
Conclusion:

Voilà un petit aquarium, sans filtration, sans chauffage, sans changements d'eau importants, avec une trentaine de petits poissons dans un 55l qui fonctionne à merveille, mais avec beaucoup de plantes! Les poissons sont heureux, ça se voit à l’œil nu, pas besoin de beaucoup philosopher ni
tomber dans l’anthropomorphisme pour s'en rendre compte. 

Stay in touch.
Dani


jeudi 8 janvier 2015

Des feuilles mortes comme médicament naturel!

La plupart de nos poissons d'ornement vivent dans leur habitat naturel au dessus d'une couche de feuilles mortes, celle-ci tombent naturellement dans l'eau des nombreux arbres qui surplombent les cours d'eau.
Dans certains cours d'eau d'Amazonie, cette couche de feuilles est si épaisse qu'on appelle cette eau : "eau noire", sa couleur rappelle celle d'une infusion de thé noir. En effet, les feuilles, une fois dans l'eau, relarguent des tanins et des acides humiques responsables de cette teinte si particulière et si bénéfiques à la santé et au bien-être des poissons.

En Asie du Sud-Est, les éleveurs de Betta Splendens utilisent des feuilles de Catappa comme stimulant naturel, et les Killiphiles utilisent les feuilles pour leurs capacités à provoquer des reproductions. Elles sont également utilisées dans les bacs d'élevages pour démarrer la production naturelle d'infusoires dont les alevins se nourrissent. 

Même si les feuilles elles-mêmes ne dégagent pas de CO2, les bactéries qui les colonisent par milliers et s'en nourrissent contribuent à faire baisser le PH de l'eau de 1 à 3°, voire plus si l'eau est douce. 

Feuilles de Noisetier
Toutes les feuilles présentes dans la nature peuvent être utilisées, sauf celles des résineux. Il suffit de les collecter le plus loin possible des zones polluées et éviter les feuilles souillées pas des déjections d'animaux quelconques, et celles tâchées. Avant de les utiliser, il faut simplement les rincer,  mais pas les faire bouillir pour conserver toutes leurs propriétés. Personnellement, j'ai utilisé les feuilles à ma disposition, comme les feuilles de Noisetier et bogues, de Tilleul, de Figuier sans les nervures et effritées, de Néflier, de Chêne, et de Catappa évidemment.

Ma préférée est la feuille de Néflier, dans l'eau elle prend une teinte cuivrée superbe et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle se désagrège assez rapidement malgré son épaisseur et sa rigidité, les bactéries en raffolent! Elle donne une belle coloration à l'eau, vraiment couleur de thé, tout comme la feuille de Catappa. 
Pour les feuilles de Tilleul, il ne faut pas abuser, elles donnent à l'eau une teinte jaunâtre pas très esthétique.

Néflier, Chêne, Noisetier, Catappa
Ci-contre, voici une photo de mon stock de feuilles prévu pour l'hiver et plus. On peut aussi utiliser des feuilles de Hêtre, d’Érable, de Saule, d'Aulne et ses fruits, de Charme et j'en oublie.
Une fois rincées, il faut simplement les mettre dans le bac, après il ne reste plus qu'à attendre qu'elles coulent. Je ne retire pas les restes des feuilles plus ou moins désagrégées, je laisse faire la nature et jusqu'à présent ça fonctionne. Lorsque la plupart des feuilles sont sur le point de disparaitre j'en rajoute de nouvelles, mais on peut aussi laisser passer trois à cinq semaines avant d'en mettre des nouvelles.


Astuce.

Lors de la mise en place d'un nouveau bac, on peut enrichir le sol avec des feuilles mortes émiettées. On transforme ainsi un sable de quartz inerte en un substrat organique riche vite colonisé par un tas de bactéries bénéfiques. Une bonne poignée de feuilles émiettées suffit pour un 50l, deux poignées pour un 100l, ainsi de suite. 


Condensé.

En quelques points, voici un résumé des bénéfices des acides humiques relargués par les feuilles :
  • Stimulent les défenses immunitaires des poissons naturellement
  • Luttent avec succès contre les champignons, les moisissures des nageoires, la plupart des maladies communes sont éliminées
  • Permettent d’accélérer la guérison des plaies
  • Éliminent les bactéries de toutes sortes
  • Les tanins calment et sécurisent les poissons
  • Rehaussent leur couleur naturelle, leur robe devient fluo
  • Stimulent leur instinct de reproduction
  • Sont une nourriture pour les poissons de fond comme les Corydoras et les crevettes.
  • Sont sources de nourriture aussi pour les alevins
  • L'ammoniac et les métaux lourds sont neutralisés
  • Font baisser le PH
  • Luttent contre la prolifération des algues de toutes sorte

Alternatives.

Si pour différentes raisons on ne souhaite pas mettre des feuilles directement dans le bac, mais que l'on souhaite tout de même  profiter de leurs bienfaits, on peut aussi les faire macérer à part dans un récipient d'un demi litre et se servir de la mixture obtenue comme un médicament, en la versant dans le bac peu à peu. Il ne s'agit pas de verser toute la mixture d'un seul coup, mais de le faire d'une manière homéopathique. En effet, verser cette mixture en une seule fois peur provoquer une acidose surtout si l'eau est douce....il faut le faire sur une quinzaine de jours, à raison d'un quart chaque 3 ou 4 jours. Croyez-moi, j'ai testé!!

Plus simple, on peut aussi placer des feuilles mortes à l'arrière plan du bac, coincées entre les plantes et la vitre arrière. C'est une solution pour ceux qui jugent les feuilles mortes inesthétiques mais qui veulent profiter de leurs propriétés.

Anecdote.

Feuilles de Noisetier
J'ai réussi à sauver un de mes poissons qui était atteint du pourrissement des nageoires, pratiquement en phase finale, simplement en ajoutant une feuille de Catappa. J'ai bien essayé de le pêcher pour abréger ses souffrances tellement il me semblait perdu, mais sans succès, à chacune de mes tentatives il m'échappait.  Il nageait à l'envers, flottant près de la surface, le ventre à l'air, ou se coinçait entre les feuilles des plantes. Le lendemain j'ai rajouté une feuille de Catappa dans le bac et, croyez-le ou pas, trois jours seulement plus tard mon poisson nageait normalement, et après une dizaine de jours il était remis à neuf et ses nageoires étaient comme neuves. Aujourd'hui il est toujours là et en pleine forme! Je précise que l'apparition de cette maladie est dû au fait que je n'avais pas mis de feuilles durant plusieurs mois.

Les feuilles maintiennent les poissons en forme en stimulant leur système immunitaire et les guérissent en cas de maladie déclarée, sont un médicament naturel, écologique et gratuit.

Feuilles de Néflier
Je sais que certains ont peur de mettre de feuilles dans leur bac pour ne pas gêner la pousse des plantes. Il est vrai qu'une eau très ambrée réduit la luminosité, mais enfin, il ne s'agit pas d'en mettre une brouette, seulement trois ou quatre feuilles de chêne, ou une feuille de Catappa, cela suffira à protéger les poissons des maladies sans risquer de trop ambrer l'eau pour la bonne pousse des plantes. Personnellement, dans mes bacs, les plantes poussent très bien et malgré quelques feuilles qui traînent par-ci par-là. Tout est une question de dosage!

Voilà pour cet article que certains attendaient, j'en profite pour souhaiter à tous une bonne année malgré les récents évènements dramatiques qui nous bouleversent tous.

Donc, bonne année quand même, et mettez des feuilles dans vos bacs, une ou deux, ça sera déjà très bien! 

Amicalement.
Dani

lundi 10 novembre 2014

Une belle américaine, peu exigeante, pour se faire la main!

Pour ceux qui ne souhaitent pas se prendre la tête sur le choix des plantes, en voilà une qui est idéale pour eux.

C'est la Sagittaria subulata d'origine américaine, elle a des feuilles rubanées de 5mm de largeur et jusqu'à 50 cm de longueur. Elle est si facile qu'elle peut en devenir envahissante si on ne la contient pas régulièrement.

Jeunes pieds de Sagittaria subulata
Elle pousse pratiquement dans n'importe quelles conditions, eau douce ou dure, lumière forte ou faible, substrat avec terreau ou sans. Dans mon bac elle pousse sans engrais, ni ajout de CO2,  même sous les racines sans lumière directe du tout.
On peut la garder à vie grâce à ses nombreux stolons qui se propagent sans cesse, et ses nombreuses racines permettent le maintien d'un substrat sain et oxygéné évitant ainsi le colmatage du sol. C'est simple, avec 4 ou 5 pieds, et au bout de quelques mois, elle recouvre toute la surface disponible, elle est économique mais très prolifique.

Lors de plantation, il ne faut pas enfouir le collet de la plante qui, dans ce cas, dépérit rapidement. De plus, deux à trois fois par an, il faut supprimer les pieds anciens pour laisser suffisamment d'oxygène et d'espace aux jeunes stolons. Ce sont là ses deux seuls points négatifs ou contraignants.

Pieds anciens de Sagittaria subulata
Au début de son installation il lui faut un à deux mois pour qu'elle s'acclimate correctement, ensuite elle ne s'arrête plus. L'intensité lumineuse influence sa taille, si la lumière est plutôt faible elle aura tendance à faire de longues feuilles, à contrario, si la lumière est très intense ses rubans seront plus courts. Dans les grands bacs elle sera bien en avant plan, dans les petits bacs elle pourra être placée au milieu ou en arrière-plan.
Dans le bac, ci-contre, les pieds anciens de Sagittaria subulata atteignent 37 cm de longueur. Il faudra que je plonge mes mains pour faire un peu de jardinage, c'est une véritable jungle là-dedans, et les Corydoras n'aiment pas vraiment.


Subulata en bassin
Elle supporte de grandes variations de température, selon les bouquins, de 15° à 30°. Elle est utilisée dans les bacs à Discus qui ont besoin d'une température élevée. 
Dans mon bassin, ci-contre, elle se trouve à une température de 12°, pour le moment elle semble s'y plaire. Je verrai l'année prochaine si elle aura supporté les températures plus basses de l'hiver. 


Pour la petite histoire:

Subulata en godet
On trouve dans les boutiques aqurio une plante vendue sous la dénomination "Echinodorus Tenellus" mais qui ressemble étrangement à celle sur la photo ci-contre. En fait il ne s'agit pas de la Tenellus mais bien de la subulata. A l'évidence, la Sagittaria subulata a été vendue durant des décennies sous une fausse dénomination, il faut donc faire attention à ne pas les confondre.

Le feuillage de la tenellus est plus court et beaucoup plus fin, les feuilles se terminent en pointe, c'est une plantes gazonnante qui peut être taillée, contrairement à la subulata. Mais la vraie Echinodorus tenellus est très rare dans les magasins aquario, mais on peut la trouver sur le net plus facilement. Histoire de bien voir la différence voici une vidéo de la tenellus

Voilà, je pense que c'est une super américaine, généreuse,  endurante, peu exigeante, elle est accessible aux novices, mais reste très prisée par les plus expérimentés!

Stay in touch!

dimanche 21 septembre 2014

Des îles flottantes dans nos aquariums!

Voilà une flottante qui demande à être observée de plus près.

Il s'agit de la Riccia fluitans. Elle est constituée d'un enchevêtrement de filaments qui forment une touffe de 3 à 4 cm d'épaisseur sous la surface, il s'agit d'un labyrinthe impénétrable de brindilles d'un beau vert tendre.

Il parait qu'on la trouve partout sur le globe terrestre, personnellement j'en ai jamais vu dans nos cours d'eau de par chez nous. J'ai dans l'idée que cette plante vient d'Asie, mais il s'agit là d'un avis tout personnel...

Riccia fluitans vue de dessous

Parait aussi qu'il lui faut du CO2.  Dans mon bac, elle se porte très bien et envahit presque toute la surface, ceci sans aucun ajout artificiel de quoi que ce soit. A plusieurs reprises j'ai dû trancher dans le vif, la couper avec une paire de ciseaux,  pour contenir sa croissance.


Ses qualités:
  • Elle est facile à maintenir, na fait pas la différence entre une eau dure ou douce, chaude ou froide.
  • C'est un véritable garde-manger, elle abrite une micro-faune riche et comestible par les alevins. Ça doit être vrai vu que je ne nourris pas les poissons nouvellement nés, d'ailleurs, on voit sur la photo, ci-dessus, un alevin très intéressé par cette jungle.
  • Elle est aussi un bon refuge pour les alevins qui y trouvent de bonnes cachettes en cas de stress.
  • Les crevettes aiment la brouter, elles y trouvent des organismes unicellulaires à manger.
  • Elle permet de tamiser la lumière, les poissons n'en sont que plus beaux et se sentent rassurés.
  • Les Labyrintidés y construisent leur nid.
  • D'autres pondent leurs œufs dedans. 
Ses défauts:
  • Elle se couvre volontiers d'algues sur sa partie supérieure, mais est-ce vraiment un point négatif? En  fait, dans un aquarium naturel, c'est un plus!
La Riccia vue de dessus, recouverte d'algues
Je n'arrête pas de dire et répéter que les plantes flottantes ont un rôle primordial dans un aquarium naturel, et celle-ci devrait avoir une place de choix.

Quel spectacle que de voir un couple se frayer un chemin dans cette jungle pour aller faire leur affaire en toute discrétion. La première fois, j'ai bien cru qu'ils n'allaient jamais arriver à en ressortir vivants.

Le mâle s’engouffre le premier en "jouant des coudes", une fois le chemin balisé, la femelle suit. Au bout d'une minute, ils ressortent par le même chemin, mais en sens inverse. A leur sortie ils donnent l'impression d'avoir accompli un exploit, semblent fières et bombent le torse ou le ventre, se pavanent tel un paon!

Est sexy la riccia!
Bref, c'est une bien belle plante qui mériterait une place de choix dans n'importe quel aquarium naturel.

J'ai autre chose à dire sur cette plante, mais ce sera pour une prochaine fois, d'ici là..

Stay in touch!
Dani