samedi 11 février 2017

Artémias, daphnies, vers de vase!

Comme il n'est pas toujours possible de faire la culture de nourriture vivante chez soi, surtout dans un appartement, il existe la possibilité de l'acheter toute prête dans les magasins aquario et en jardinerie.

Barquette Artémias et daphnies
C'est la société Grebil dans la Somme qui produit, de père en fils, ces délices pour nos poissons: des proies vivantes, fraîches, variées, et de qualité certaine. Elles sont conditionnées dans des barquettes plastiques ou des godets facilement transportables. Ainsi on peut obtenir des artémias, de daphnies, des vers de vase, des tubifex et j'en oublie. Grebil fait une livraison hebdomadaire dans toutes la France et chaque magasin  les propose à un jour convenu à l'avance. Les proies les plus vendues sont les artémias, les daphniesvers de vase, et vers blancs.  Pas la peine de chercher à commander chez Grebil, c'est un grossiste et ne livre que les professionnels. En revanche, Aqualiment livre même les particuliers et propose un plus large choix de proies vivantes.

Artémias et daphnies
1) Les artémias salina sont des crustacés d'eau salée de 5mm. Elles vivent dans les étangs, les lacs salés en Amérique du Nord et dans la mer Caspienne. Leur nourriture est constituée de phytoplancton. Il est possible de se procurer des cystes, œufs d'artémias, pour faire une culture de nauplii pour les alevins. Dans les barquettes, on peut trouver des adultes qui portent une grappe d’œufs, mais aussi des artémias juvéniles fraîchement écloses. 
Les artémias sont disponibles toutes l'année. Il m'est arrivé de tomber sur des artémias d'excellentes qualité, petites et bien roses dont les poissons raffolent. Ce sont des proies idéales pour les Charracidés et tous les poissons qui évoluent dans la zone de surface et de milieu. Mais les poissons de fond les gobent aussi bien volontiers, lorsqu'ils arrivent à les atteindre.

Je crois bien qu'au niveau énergétique les artémias sont les plus riches, et conviennent à la plupart des poissons d'eau douce.

2) Les daphnies sont des crustacés aussi, mais d'eau douce, on en trouve partout en Europe dans les cours d'eau lents et les étangs. Elles aussi se nourrissent de phytoplancton, et sont plus faciles à élever. En magasin elles ne sont pas disponibles toute l'année car elles obéissent à des cycles de reproduction. Au  début du printemps, elles commencent à se reproduire, c'est à ce moment là qu'on les trouve en abondance.  Il est beaucoup plus rare d'en trouver l'hiver sauf si elle sont cultivées sous serre, et encore, ce n'est vraiment pas évident. Rien à voir avec ces daphnies séchées, sans aucune valeur énergétique, que l'on trouvait il y a quelques décennies, et qui représentaient une vraie punition pour les poissons rouges, la double peine quoi! Adieu la nourriture lyophilisée et vive le vivant!

3) Les vers de vase sont courants en animalerie, et sont appréciés par les poissons les plus gros. Ces vers, de 1 à 1,5 cm, sont de couleur rouge vif est sont, en fait, des larves des Chironomus de la famille des diptères,  une sorte d'insecte, mais pas un moustique comme on le pense à tort. Ces insectes pondent des œufs dans les rivières et les eaux à courant rapide, les œufs deviennent des vers, pour ensuite se transformer en insecte. C'est à l'état de ver qu'on les récolte et cultive comme nourriture pour poissons. Parait-il qu'il ne faut pas en donner aux poissons trop souvent ou régulièrement, personnellement j'en donne une fois par mois et je n'ai jamais constaté de problème. Les poissons comme les Poissons rouges, les Apistogramma, les Cichlidés et même les petits Corydoras les apprécient. C'est une nourriture pour poissons de fond et de milieu. Evidemment, pour les très petits poissons, il ne faut pas en donner.

Godet de tubifex
4) Les tubifex, ci-contre, plus rares, sont des vers qui mesurent 1 mm de diamètre et peuvent atteindre 3 à 4 cm de long, voire plus. Ils vivent très près les uns des autres en partie dans le substrat, au moindre danger ils s'enfouissent entièrement pour réapparaître lorsque le danger a disparu, ils sont très vifs et rapides. Ils vivent dans les étangs et lacs à eau lente enfouis dans la vase. Ils peuvent être porteur de parasites, mais ont un rôle important de dépollueurs dans la nature. Ils peuvent supporter des conditions très difficiles, manque d'oxygène et forte pollution.  C'est pour ça qu'il faut éviter de les récolter soi-même, mais les acheter chez un professionnel, qui a les moyens de les élever dans de bonnes conditions. 

Dans les godets, ils se regroupent en boule, car ils cherchent à s'enfouir, et les vers qui sont au centre de la pelote sont sûrement morts étouffés. 

Tubifex en mangeoire
Pour avoir des tubifex, ce qui déjà n'est pas courant, il faut tomber sur un arrivage de qualité. Ils doivent être bien roses, très fins et d'une belle teinte bien claire.  Le liquide dans le quel ils baignent doit être bien propre, si le liquide est sale ou trouble il ne faut pas les prendre. Il ne faut pas en prendre, non plus, s'ils sont trop gros, trop longs, de couleur sombre et très lents. Ce sont les signes certains qu'ils sont impropres à la consommation même pour nos poissons. Comme les vers de vase, les tubifex sont appréciés par tous les poissons de fond et de milieu.

J'y pense, la mangeoire n'est pas nécessaire, j'ai simplement voulu laisser les poissons se débrouiller, mais les vers ont du mal à passer au travers des ouvertures, du coup ça ne sert pas à grand chose. Il vaut mieux les distribuer peu à peu, ceux qui réussissent à tomber au fond seront de toute façon mangés.

Vers translucides Grebil
5) Vers blancs. En fait je ne sais pas ce que c'est exactement, mon fournisseur non plus d'ailleurs. Il m'a simplement proposé cette nourriture, et, par curiosité, je l'ai achetée. C'est aussi Grebil qui propose ces proies vivantes, mais que très occasionnellement.
C'est très curieux, on dirait des larves de moustiques ou des larves d'un insecte quelconque. Tout ce que je peux dire c'est qu'ils sont translucides, qu'ils sont très propres, qu'ils polluent très peu, et qu'ils se gardent plusieurs jours, je crois plus longtemps que la plupart des autres proies vivantes. Ce qui est sûr c'est que les poissons, eux, ne se posent pas la question de leur provenance, et qu'ils les engloutissent avec voracité!

Comment les conserver ? 

Le matériel: Il faut une passoire à thé pour le rinçage, une pipette pour les attraper et les distribuer, et un godet ou un autre contenant de petite taille pour les conserver, une boite transparente de cure-dents peut faire l'affaire surtout avec son couvercle très pratique.
Artémias et daphnie prêtes pour le frigo
Il faut, dans un premier temps, jeter le liquide dans lequel les proies baignaient en versant le tout dans une passoire à thé, puis rincer les proies qui restent dans la passoire deux à trois fois avec l'eau de l'aquarium, pas celle du robinet! Les mettre ensuite et les conserver dans un godet, ou un autre contenant, avec de l'eau de l'aquarium, même les artémias qui, pourtant, vivent en eau salée supportent très bien l'eau douce plusieurs jours. Chaque jour, voire deux fois par jour, il faut les rincer de nouveau et leur changer l'eau. Si cela est fait correctement on peut les garder 3 jours en les conservant dans la partie basse du réfrigérateur. Il m'est arrivé de conserver, grâce à cette méthode, des artémias pendant 4 jours et elles étaient superbes. Les proies qui se conservent le moins bien sont les vers de vase et les daphnies, il faut donc les distribuer rapidement. En revanche les daphnies se conservent très bien durant la belle saison à l'extérieur, en plus elles se reproduisent, il faut simplement leur donner de l'eau verte chargée en phytoplancton. Avec une dose achetée on peut en avoir tout l'été.

Si les barquettes n'ont pas été ouvertes, elles peuvent rester deux ou trois jours dans la partie basse du réfrigérateur. C'est au cas où on ne peut pas distribuer la nourriture immédiatement. Il m'est arrivé de prendre plusieurs barquettes, et de les garder au frais plusieurs jours, tout dépend de la fraîcheur des proies.

Comment les distribuer ?
Distribution d'artémias
Pour les donner aux poissons j'utilise une pipette, comme celle sur la photo plus haut. Je les aspire et les rejette dans l'aquarium, et là les poissons se jettent dessus. 
Je répète cette opération plusieurs fois par jour par petite quantité. Je fais en sorte que tous les poissons aient eu leur portion, ce qui n'est pas toujours évident, car il y a toujours des poissons plus rapides que d'autres.

Ce qu'il faut éviter ? 
Distribution de daphnies
- Il faut éviter d'acheter des barquettes dont le liquide est sale, c'est le signe que les proies sont restées trop longtemps dans le contenant, ou que le colis s'est perdu lors du transport.
- Il faut éviter les proies trop grosses, d'une couleur terne et sombre, voire, marron, elles sont sont impropres à la consommation.
- Il faut éviter les vers de vase et les tubifex pour de poissons petits.
- Enfin, il faut éviter de donner la même nourriture trop souvent, la variété est le mieux et le plus sûr.
- Bref, il faut que les proies semblent en bonne santé, qu'elles soient vives et qu'elles frétillent, d'une belle couleur claire, et de petites tailles. 

Conclusion
La nourriture vivante est pour les poissons un bénéfice indéniable. Les proies vivantes contribuent à maintenir leur instinct de chasseur en éveil. Ça excite leur curiosité et leur vivacité, ça les maintient en forme et aiguise l'instinct de reproduction. Des poissons bien nourris avec une nourriture variée seront tentés de se reproduire plus facilement, ce n'est pas le seul critère, mais la qualité de la nourriture en fait parti. Sans compter l'apport énergétique qu'apporte aux poissons une proie grasse et en bonne santé. 

Le prix d'une barquette varie entre 2 et 2.70 €, c'est vraiment pas le mer à boire, une à deux fois par mois c'est à la portée de tout le monde. 

Il ne faut pas pour autant  nourrir les poissons beaucoup et souvent, dans la nature ils ne mangent pas aussi régulièrement, les faire jeûner au moins une fois par semaine est salutaire pour leur longévité.

Enfin, il ne faut pas oublier que pendant plusieurs mois, il y a une nourriture disponible en abondance et gratuite, c'est les larves de moustiques. Il suffit de les pêcher avec une passoire, de les rincer, et de les donner aux poissons, c'est là un spectacle fascinant et qui ne coûte rien!


Stay in touch!

Dani

dimanche 29 janvier 2017

Nos amis les gastéropodes bis!

Le titre n'est pas original, mais il illustre bien le fait que l'escargot dont il est question est, lui aussi, un de mes préférés.

Melanoides avec coquille brune
C'est le Melanoides tuburculata ou le "Malais" comme on l'appelle communément. Pourtant, il ne vient pas de Malaisie, mais d'Afrique tropicale et subtropicale. Il a été introduit en Asie du Sud et du Sud-Est, puis en Europe, et en Amérique du Nord. Les oiseaux contribuent fortement à sa dissémination géographique. Il vit dans les eaux douces à courant plus ou moins rapide, mais s'adapte très bien à une eau saumâtre. Il a deux petites antennes visibles et sa coquille est conique, dont la taille peut aller jusqu'à 3 cm pour les plus gros ou les spécimens les mieux portants. Suivant la composition du sol, sa coquille peut prendre différentes teintes, plus ou moins foncées, dans un sol à base de tourbe sa coquille devient brune ou très sombre. C'est un escargot sexué, il y a un mâle et une femelle. La reproduction peut se fait par accouplement mais surtout par parthénogenèse, donc, pas le peine de chercher à obtenir un couple!

Durant la journée, il passe son temps dans les sédiments, il ne sort qu'une fois la nuit tombée. Il peut survivre longtemps à la sécheresse grâce à son opercule qu'il referme pour mieux se protéger à l'abri de sa coquille. Il respire grâce à une branchie, il est donc sensible aux paramètres de l'eau, mais peut survivre dans un milieu très pollué par des déchets organiques et pauvre en oxygène.

Melanoides tuberculatus
Il a principalement une vie nocturne, c'est lorsque l’éclairage se coupe qu'on peut le voir sortir du sol, à la recherche de nourriture. Mais on peut également le voir pendant la journée, comme lorsqu'on a placé des pastilles de fond, il se rue alors dessus avec voracité. Les Corydoras et les Crevettes n'ont le choix que de lui laisser la place, car impuissants face un groupe de ces escargots, ils peuvent récupérer quelques miettes mais c'est tout. Il lui faut une eau d'un GH de 6 minimum car il a besoin de minéraux pour constituer sa coquille correctement.  Si l'eau est trop douce sa coquille sera incomplète et la partie se terminant en pointe lui fera défaut.

Ses principaux atouts:
  • Il participe à l'équilibre du bac en le débarrassant de ses déchets, cet escargot se nourrit des restes organiques, c'est un dépollueur,
  • Il permet aux plantes de puiser les nutriments plus facilement, et fertilise le substrat avec ses déjections,
  • Evidemment, il ne mange pas les végétaux en bonne santé, seulement ceux en état de décomposition,
  • Si, en pleine journée, ils se dirigent en masse vers la surface c'est qu'il y a un souci dans le bac comme une montée de nitrites,
  • Il est indispensable dans les aquariums avec un sol à base de terreau,
  • Il contribue à l'aération du substrat, 
  • Il facilite les échanges gazeux, 
  • Il débarrasse le terreau des bulles de gaz divers qui pourraient être coincées dans le sol, 
  • Il permet d'éviter la fermentation du substrat.  

Ses défauts:
Le Malais voyageur
Ils peuvent devenir envahissants, pour limiter leur nombre il y a plusieurs solutions. Evidemment, on n'utilise pas de produits chimiques, on parle ici d'aquariophilie naturelle! La solution la plus simple et l'épuisette, une heure après la coupure de l’éclairage ils sortent en rampant sur les vitres, il suffit de racler les vitres pour en attraper par dizaines. 
Il y aussi la solution de l'appât, des légumes pochés, une feuille d'épinard ou de salade déposée sur le sable, au matin, et avant que l'éclairage ne se mette en route,  on récupère les légumes avec plein d'escargots collés dessus.
On peut les donner ou les vendre sur internet. Certains poissons les apprécient comme nourriture, les Loches, quelquefois les Betta splendens, les gros Gourami, certains Cichlidés.

Prudence:
Si on fait un substrat à base de terreau, il faut faire attention à l'épaisseur du sable au dessus. En effet, si la couche est trop superficielle ou trop fine, le travail incessant de cet escargot dans le sol va finir par tout mélanger. Il faut une couche de sable au dessus d'une épaisseur de 4 cm minimum. Et si on utilise le Manado avec du terreau ou un substrat pour bassin, tout risque de se mélanger encore plus facilement, le Manado étant très léger il faut prévoir une couche de 5 cm.

Conclusion:
D'une manière générale, quand la population des escargots augmente c'est toujours le signe d'un déséquilibre. Les déchets ne sont pas assez rapidement dégradés et s"accumulent, d'où la prolifération des gastéropodes. Il faut voir du côté du brassage, peut-être qu'il n'y a n'en a pas, ou il n'est pas assez puissant, ou la turbine n'est pas correctement entretenue. Peut-être aussi que la végétation ne fonctionne pas bien et il faut en changer. 

Bref, c'est un bon indicateur de l'état général du bac, le Malais contribue à son l'équilibre directement ou indirectement, c'est un allié des aquariums naturels.

Stay in touch!

lundi 23 janvier 2017

Nos amis les gastéropodes!

J'ai déjà parlé des Aselle et des Ostracode, mais pas des escargots, qui sont, pourtant, les détritivores les plus communs et très utiles dans un aquarium low-tech.

A quoi servent les escargots aquatiques, sont-ils vraiment indispensables dans un aquarium?

Planorbe de Floride
Les escargots permettent d'éliminer les sources de pollution comme les déchets organiques de toutes sortes. Ils éliminent les végétaux morts ou en cours de décomposition comme les feuilles qui commencent à s'abîmer. Mais ils ne s'attaquent jamais aux végétaux vivants ou en bonne santé. S'ils sont herbivores, ils n'hésitent pas pour autant à consommer les cadavres de poissons ou d'un autre escargot, ils permettent, là aussi, de limiter la pollution. De puis, ils participent à freiner les algues en mangeant les micro-algues, mais on ne peut pas considérer ces bestioles comme un "anti-algues".

Leurs déjections vont tomber sur le sable et servir de repas aux bactéries, ce faisant, des éléments nutritifs seront libérés et rendus disponibles aux plantes comme engrais naturel. Rien ne se perd, tout se transforme, vous dis-je!

Pour moi, il y a seulement deux ou trois escargots vraiment indispensables, parmi ceux-là il y a la Planorbe corneus. Sa particularité est que sa coquille est de forme aplatie et ronde, d'où son nom : planus "plat" et orbis " cercle.

Il y a beaucoup d’espèces de Planorbe, comme la grande Planorbe européenne avec sa coquille de 4 cm et de couleur brune, mais pas présente en aquarium. Plusieurs espèces existent partout sur le globe, les nuances sont quelquefois subtiles et il es très difficile de les identifier avec précision. 

Planorbarius corneus collée à la vitre

Je pense que, sur la photo ci-contre, il s’agit de la Planorbella duryi ou Planorbe de Floride, qui est massivement présente en aquriophilie.  Elle a une coquille discoïdale et peut atteindre les 3 cm grand maximum. Elle supporte des T° comprises entre 10 et 30°. Perso, j'en ai dans mon bassin et elles supportent des températures de moins de 10 degrés.  
Elle peut survivre longtemps au sec, en cas de sécheresse elle est protégée de l'extinction, car elle attend patiemment le retour de la pluie.

Cet escargot est, comme souvent, hermaphrodite et possède donc les deux sexes, même s'il peut s'autoféconder,  il n'est pas rare d'observer deux individus en train de s'accoupler. Par-ci, par-là, sur la vitre ou sur une plante, on peut apercevoir une capsule gélatineuse avec des points blancs à l'intérieur, ce sont les œufs de la Planorbe protégés par un sac de bave. Lorsque les œufs deviennent orange c'est que l'éclosion est proche. La Planorbe a une durée de vie de deux ans à peu près. 

La Planorbe et son petit
Elle respire grâce à un poumon et doit remonter régulièrement à la surface pour piper l'air, mais si l'eau est très riche en oxygène elle déploie un grand repli de le peau lui permettant d'absorber l'oxygène directement dans l'eau.

Si vous les voyez monter vers la surface, ce n'est pas forcément que quelque chose ne va pas dans le bac, c'est simplement pour respirer.
Elle peut aussi se coller, à l'envers, à la surface de l'eau, ceci dans le but de manger le bio-film, qui se constitue dans les aquariums ayant un brassage trop faible.

Son comportement n'est pas un très bon indicateur en cas d'une montée de nitrites. D'ailleurs j'en mets dans tout nouvel aquarium, dès le début, et pour lancer le cyclage. 

C'est le seul escargot qui a de l'hémoglobine pour transporter l'oxygène dans son corps.


Planorbe rouge
L'escargot le plus commun est la Planorbe de couleur marron, mais il en existe des rouges, des jaunes, des bleues, et des tachetées comme la robe d'un léopard.
Les rouges et les jaunes sont superbes, avec une couleur bien définie et vive, en revanche, pour les bleues, c'est vraiment pas évident, elles sont plus ternes et la couleur bleue est presque absente.

Toutes les Planorbes, peu importe leur couleur, peuvent se reproduire entre elles. Si ces escargots pullulent c'est qu'il y a aussi beaucoup de nourriture, et donc de déchets. Il faut en trouver la cause. 

Les coquines!
Anecdote: Ces escargots sont apparus l'été dernier, comme par magie, dans la piscine de mon voisin. C'est une piscine transformée en mare et qui ne sert plus depuis longtemps. Ils ont dû être apportés par des oiseaux, je ne vois pas d'autre explication, en tout cas ils pullulent, c'est dire combien il leur est facile de se reproduire et peu importe le milieu ou le contenant!

Généralement, la population de cet escargot s'autorégule, mais s'il y a un déséquilibre dans le bac, avec beaucoup de déchets, il peut pulluler. Ça peut devenir un inconvénient, d'ailleurs il est considéré comme envahissant, il ne faut pas le rejeter dans la nature. Mieux vaut en donner à des aquariophiles qui ont des Cichlidés, ces derniers les apprécient comme repas. Il suffit de mettre une feuille de salade, d'épinard, une rondelle de concombre pour les attraper. Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes de population avec cet escargot.

Trio infernal!
Comme pour la plupart des escargots, il ne faut pas une eau très douce ou pauvre en minéraux car ils ne pourront, ou auront du mal, à constituer leur coquille.

Pour pallier à ce problème, et si on une eau très douce on peut mettre dans le bac une coquille d’huître pour apporter du calcium, on peut aussi, comme moi, les nourrir avec des légumes.

Aussi, il ne faut pas les mettre dans des aquariums avec des Loches ou des Cichlidés, ces poissons en feraient un festin.

On peut les trouver dans les boutiques e-commerce au prix de 2 à 2.50 d'euros.

La Planorbe est, pour moi, le plus charmant des escargots communs, j'en ai partout dans mes aquariums. Si vous souhaitez en savoir plus et essayer de les identifier, voici une page, et une autre.


En tout cas c'est une alliée des aquariums naturels!

Stay in touch.
Dani

mercredi 28 décembre 2016

Une mare dans mon salon!

Cela fait un moment que je pense à créer un point d'eau avec seulement des plantes européennes ou d'eau froide. D'abord j'ai pensé à mon bassin mais, sachant qu'on peut faire ça dans un aquarium, j'ai finalement opté pour un petit aquarium de type nano-cube, que j'avais déjà et qui dormait dehors. Ainsi est né l'idée de la mini-mare dans mon salon, c'est ce qui dorénavant remplacera mon amazonien de 200 litres.

Sous le sable, j'ai mis une poignée d'argile verte et deux coquilles d'huîtres écrasées. L'argile pour les minéraux et oligo-éléments, les huîtres pour le calcium. Je ne savais pas encore quelles plantes j'allais utiliser. Pour l'argile, je préfère en mettre moins que trop, on peut toujours en rajouter, même lorsque le bac est installé. Il existe des billes d'argiles toutes prêtes dans les magasins, il suffit de les enfouir aux pieds des plantes.
Pour le décor, j'ai mis une belle racine sur laquelle j'ai fixé de la mousse de Java ou Vesicularya dubyana, en espérant qu'elle va recouvrir toute la racine. Ne me pas demandez de quel végétal provient cette racine, je n'en ai aucune idée, tout comme le vendeur d'ailleurs.


Pour le sol, j'ai utilisé le sable de mon ancien 200 litres, sable qui est resté à l'extérieur dans une poubelle pendant plusieurs mois. Je trouve dommage de jeter du sable lorsqu'on se débarrasse d'un aquarium, sur internet on trouve toujours des preneurs. C'est du sable de Loire mélangé avec de la tourbe puisque à l'origine il était pour un bac amazonien. Je n'ai rien lavé, j'ai juste enlevé un peu de tourbe, pas la peine d'en avoir beaucoup pour un petit bac comme celui-là. Avec ce sable j'ai recouvert l'argile et les huîtres écrasées. 

Il n'y a pas de filtration, juste une petite pompe de brassage, pompe pour nano-cube. J'ai simplement enlevé la mousse et ai mis à la place un morceau de bas pour éviter que les poissons et autres bestioles, escargots et aselles, ne se fassent aspirer. 
Ce qui est bien avec ces pompes c'est qu'on peut les brider, ainsi je l'ai réglée au minium, juste assez pour faire un peu de courant, mais pas trop pour ne pas tout remuer.
Il n'y a pas de chauffage, évidemment, puisque ce bac est prévue pour des plantes d'eau froide, vous suivez toujours ? L'eau est à température ambiante aux alentours de 18°. Il n'y aura pas non plus de changements d'eau fréquents, deux à trois par an suffiront, et en cas de jardinage important ou tout sera remué. Le sol n'est pas très propre, la tourbe remonte par-ci, par-là, mais rien de bien grave, de toute façon je déteste les aquariums ultra propres. A force de nettoyer on en lève ce qui est impoortant pour l'équilibre biologique, les bactéries bénéfiques !


Pour la végétation, j'ai mis de l'Elodea canadensis et la Potamogeton natans en arrière plan, la Crassula helmsii, Callitriche palustris, Potamogeton gayi, Eleocharis sp. mini en avant et moyen plan,  en flottante quelques Spirodela polyrhiza qui, je l'espère, vont se multiplier.
Il y aussi un brin de Cératophyllum demersum, ne jamais oublier d'en mettre dans un nouveau bac!

Je ne sais pas si la végétation va se plaire sur le long terme étant donné qu'il s'agit de plantes de bassin.

On ne voit pas sur la photo la Potomageton natans, car je n'ai reçu que des racines, mais que j'ai plantées quand même en me disant qu'elles finiraient par donner des feuilles. En revanche j'ai un sérieux doute pour la Callitriche car c'est vraiment une plante palustre qui a besoin de sortir hors de l'eau...
Une chose est sûre, l'Elodée canadensis va très bien aller, elle pousse déjà rapidement et à l'air de s'y plaire.


Ce genre de bac est bien pour des poissons de très petites tailles ou des crevettes, mais rien de plus. Il est éclairé par une lampe Ecowawe de 20w, c'est un peu juste pour ce volume, je verrai à l'usage.
J'ai choisi d'y introduire 10 Boraras naevus, un peu par hasard car mon fournisseur les avait dispo ce jour là, c'est aussi simple que ça, du coup j'ai rempli le bac avec un mélange d'eau de conduite et de Mont Roucous, histoire de faire baisser la dureté et le pH.

Voyons ce que ça donne après une dizaine de jours et après l'introduction des poiscailles. 


J' ai mis aussi des Aselles, des Ostracodes et des Cyclops. Une vraie mare quoi ! Sauf que les Cyclops ont servi de repas aux poissons. Ils ont beau être petits ces mini-poissons, ils ont un instinct de chasseur bel et bien développé. J'espère que les Ostracodes s'en sont sortis, en revanche les Aselles, elles, batifolent et font des petits à tire-larigot. Il y a bien sûr des escargots, des Physes, des Planorbes corneus rouges et une espèce de Mélanoïdes non définie.

Encore des images:



Les Aselles sont arrivées avec les plantes, elles étaient jeunes et de petites tailles, en quelques jours elles ont grandi et même fait des petits! 



Les naevus, plutôt timides au début, se coursent, se taquinent, sont toujours en mouvement, et font des parades comme s'ils avaient toujours été là!

Et enfin une petite vidéo, désolé pour le flou qui apparaît de temps en temps, c'est que je ne suis pas un preneur d'images confirmés!



Voilà pour cette "mare à la maison", j'imagine le boulot lorsque je devrai élaguer tout ça..Je pense que la végétation va changer car certaines plantes ne vont pas tenir, mais encore faut-il essayer avant de reculer devant mère Nature....

Stay in touch!


mardi 22 novembre 2016

R.I.P.


Et oui, comme disait le fameux Lamartine, "tout lasse, tout passe, tout casse". 😂

Ainsi je vous annonce la fin de mon aquarium amazonien de 220l. Depuis mars de cette année ce bac n'est plus. En effet, j'ai décidé, à contre-coeur, de m'en débarasser ceci dans le but de gagner de la place. Même si le litrage n'était pas si important que ça il était tout de même imposant dans la pièce.

Depuis 2011, date à laquelle je suis passé à l'aquariophilie naturelle et low-tech, ce bac à eu plusieurs vies. Sans faire trop de blabla je vais simplement rappeler, dans les grandes lignes, quelques caractéristiques de ce bac.

Au départ c'était un bac de type asiatique, très planté, et peuplé de Tanichthys albonubes, de crevettes et d'Aselles.

Puis je l'ai transformé en "hard tank", en bac de type amazonien eau noire avec beaucoup de racines et des plantes flottantes principalement.
Plus tard j'ai quand même introduit des plantes et cet aquarium a fini par ressembler à une jungle.

Il n'a jamais eu de filtration, au début simplement un exhausteur à air, plus tard une petite pompe de brassage pour nano-cube, pas de changements d'eau non plus.
Il a été rempli avec de l'eau de Volcania au début, par la suite uniquement avec de l'eau de pluie, de temps en temps et pour compenser l'évaporatioin j'ai utilisé un peu d'eau de robinet histoire de rajouter des sels minéraux. L'eau était donc très douce et acide.
Le chauffage était réglé à 20°, autant dire qu'il ne s'allumait que rarement.

Bref, assez de blabla, voici quelques photos de ses derniers jours de mars 2016, histoire de montrer à quoi il ressemblait à la fin de sa vie:

Mince, juste au moment où l'Echinodorus tenellus commençait à prendre ses aises
Les Cardinalis pètent le feu même à 20°
Ca pousse, la mousse de Java s'étend, s'étend...
Les Otocinclus affinis non plus ne grelottent pas.
Le Rami aussi se porte très bien.
Une petite fleur de ¨Limnobïum
Belle bande de gai-lurons.
Ca sent la fin...




The End
Je vous rassure, les poissons se portent très bien, ils ont rejoint un bac plus grand aussi de type amazonien.

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur l'évolution de ce bac tout au long de ces années il y a dans les articles précédents, dans cette même rubrique, d'autres informations plus détaillées.

Epitaphe:

Cet aquarium a donné naturellement et simplement beaucoup de plaisir à son propriétaire et à ses amis, par sa simplicité, sa santé, sa luxuriance et la gaïté qui émanait de lui. 
Il restera à jamais gravé dans nos mémoires. Snif!

Alors, et pour finir, et même si effectivement tout passe et tout casse, il n'y a pas de fin ultime pour autant. Dans l'univers rien ne se perd à jamais, rien ne se crée non plus, tout se combine, se transforme et tout se recompose, c'est donc naturellement qu'un nouveau bac, plus petit, remplacera l'ancien ce qui fera l'objet d'un prochain article, d'ici là...😛

Stay in touch et see ya!