jeudi 6 juin 2019

1) Eclairage


La lumière est nécessaire aux poissons pour réguler leur cycle jour/nuit, elle est indispensable pour les plantes qui sont "autotrophes". Elles utilisent la lumière, les photons, comme source d'énergie pour générer leur matière organique à partir des nutriments et du CO2.  Ce processus s'appelle la photosynthèse qui vient du grec "phos " lumière » et " synthesis " combinaison ", c'est donc un processus bioénérgétique qui leur permet, à partir de la lumière, et par réduction du gaz carbonique, d'accroître leur biomasse. C'est par ce processus que les plantes produisent de l'oxygène durant la journée en absorbant le CO2, la nuit elles absorbent l'oxygène et rejettent du CO2, d'où une baisse du pH durant la nuit et une augmentation de celui-ci durant le jour.

Je me souviens des jours heureux où le choix d'un éclairage était simple. Ma première galerie était de fabrication maison, des bouts de carton assemblés pour former un semblant de galerie avec du papier alu à l'intérieur en guise de réflecteur. Cette galerie maison était équipée d'une simple ampoule à incadescence. Les plantes poussaient très bien et sans aucune problème d'algue. Peu après, j'ai réussi à obtenir un vrai éclairage pour mon premier aquarium de 20l, une petite galerie avec un tube, là aussi, à incadescence, c'était pout moi le must! Bien sûr, ce genre de tube à incadescence n'existe plus aujourd'hui.  Mais la bonne vieille ampoule à incadescence est excellente pour les plantes. Evidemment, le gros défaut c'est sa consommation élevée et la chaleur qu'elle dégage. Réduire la consommation devrait être la principale motivation pour des recherches et avancées technologiques en matière d'éclairage. 

Par la suite, pour des aquariums plus gros, j'ai utilisé des T8, aujourd'hui des T5, et je n'ai eu aucun problème d'algues. J'utilise simplement des tubes basiques, non-horticoles, de type daylight.  Jamais des éclairages surpuissants, généralement 1w pour 2/3 litres, et j'ai toujours eu une végétation luxuriante. Sur la photo ci-contre il s'agit d'un tube T5 de 24w, 1w pour 2 litres pour un aquarium de 50l.

Les industriels cherchent à reproduire la lumière solaire pensant ainsi favoriser la pousse des plantes, c'est surtout une opération commerciale très juteuse. Ils proposent différents éclairages pour les aquariums petits et grands, des tubes fluorescents, des ampoules fluocompactes, des lampes HQI pour les aquariums très profonds, et depuis peu des leds.  Les éclairages font mention de différentes informations comme la puissance en watt, les lumens, le spectre lumineux, la température de couleur (°K) et le rendu de couleur (IRC), il est difficile de s'y retrouver, faisons le point.

Le spectre lumineux est composé d'ondes électromagnétiques dont la mesure est le nanomètre (nm).


La lumière émise par le soleil est un faisceau d'ondes visibles et invisibles. Dans un arc-en-ciel on voit distinctement que la lumière est composée des sept couleurs, c'est la partie visible. Chaque couleur correspond à une longueur d'onde qui est exprimée en nanomètre. Pour favoriser la pousse des plantes on suppose que l'éclairage artificiel doit se rapprocher ou imiter la lumière du soleil.
C'est pourquoi il est conseillé d'utiliser un éclairage qui reproduit les ondes électromagnétiques qui s'étalent de 400 à 800 nanomètres du spectre visible. Les ultraviolets et les infrarouges ne nous intéressent pas en aquario. Sur les emballages on trouve un schèma qui donne un apreçu de la qualité du spectre lumineux, comme sur la photo ci-dessus. Ici il s'agit  d'un tube T5 de type Solar Ultra Color. On voit les différentes couleurs présentes et la longueur des ondes électromagnétiques en nm.
Certains éclairage manquent de rouge, d'autre manque de bleu, ou au contraire ont trop de bleu et pas assez de rouge. On estime qu'un éclairage pour aquarium avec un espectre lumineux équilibré devrait  restituer toutes les couleurs.


La lumière est une température (°K).
La température de couleur en degré Kelvin (°K) est une unité de mesure qui indique, en gros, si une lumière nous apparaît plutôt chaude ou froide. Au lever du soleil et en fin d'après midi  la lumière est dite chaude, à midi où le soleil est au zénith la lumière est dite froide. A midi, sous un ciel avec nuages, la t° de couleur est de 6500°k, sous les tropiques et sous un ciel dégagé, la t° est de 10000°k.  Donc, plus la température est faible plus on va vers une lumière dite chaude, plus la t° est élevée plus la lumière émise sera dite froide. Une source lumineuse de moins de 5 000k aura donc un rendu plutôt jaune, rose ou rouge, au dessus de 5000k la lumière va tirer vers le bleu.

L'image ci-dessus donne une idée de ce que l'on voit avec un éclairage de 6500°k. (illustration selon wikipedia)


Pour nos aquariums on conseille une température de couleur comprise entre 4000 et  7000°k, de type day light.

En fait, il faut choisir l'éclairage qui convient à notre oeil, celui qui rend l'aquarium agréable à regarder.  Un  éclairge à 4000°k peut très bien faire l'affaire, certains aquariophiles utilisent même des tubes à 2700°k. Personnellement, j'ai utilisé des tubes de 9000 °K pour mon 200l, de marque Lumivie, ceci à cause de la grande hauteur du bac, ce qui donnait l'impression d'une lumière plus forte.

Le rendu de couleur ou Indice de Rendu de Couleur (IRC).


Il s'agit aussi d'une mesure Ra qui va de 0 (gris) à 100 (gamme de couleurs plus riches) et qui va nous donner une idée sur la capacité d'un éclairage à restituer la couleur naturelle des objets éclairés.
Plus l'indice est proche de 100, plus la gamme de couleurs sera complète et nuancée, plus l'éclairage sera capable de faire ressotir les couleurs d'un objet quelconque. Avec un indice proche de 100 la couleur de nos poissons et des plantes sera plus fidèle. Il faut viser un indice de rendu de couleur proche de 90, voire au delà si possible.


Pour info, la lumière du jour a un indice de 100.
Les ampoules à incandescence sont proches de 100.
Les tubes fluorescents pour aquariophilie ont un IRC entre 80 et 90.
L'éclairage leds dernière génération a un IRC entre 80 et 98, de qualité très très variable suivant les fabricants.

Classement des IRC
1A = entre 90 et 100
1B = entre 80 et 89  
2A = de 70 à 79
etc...
Pour l'aquariophilie la mesure qui nous intéresse est donc 1A et 1B, c'est cette information que l'on retrouve sur l'emballage des éclairages.

La puissance.

Le watt.
1A = IRC>=90, 1B = 80

Source: https://www.aquariophilie.org/articles/complement-technique-eclairage-part-1-177.html
Auteur: TeTRaM78, le 2007-02-01
Mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons © BY-NC-SA 3.0
1A = IRC>=90, 1B = 80

Source: https://www.aquariophilie.org/articles/complement-technique-eclairage-part-1-177.html
Auteur: TeTRaM78, le 2007-02-01
Mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons © BY-NC-SA 3.0
1A = IRC>=90, 1B = 80

Source: https://www.aquariophilie.org/articles/complement-technique-eclairage-part-1-177.html
Auteur: TeTRaM78, le 2007-02-01
Mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons © BY-NC-SA 3.0
La puissance de l'éclairage est exprimée en watt et nous donne une indication de la quantité d'énergie consommée, pas de la qualité de la lumière émise. Mais ça reste un des critères à prendre en compte pour choisir son éclairage. Il est évident qu'une ampoule fluocompact de 20w ne pourra pas éclairer un grand aquarium de 100l même avec un excellent spectre lumineux, mais conviendra pour un petit bac jusqu'à 50 litres, ou alors, toujours pour l'aquarium de 100l, il faudrait deux ampoules fluocompactes de 20w.

Il faudrait pour un aquarium:

- très faiblement planté: 1w/3 litres d'eau
- moyennement planté: 1w/2 litres d'eau
- très planté: 1w/1 litre

Mais ça c'était avant! En effet, auparavant les watts correspondaient à la puissance de l'éclairage et le choix était donc facile. Aujourd'hui, pour une même consommation, une rampe led est plus puissante qu'un un tube T5, qu'un tube T5 est plus puissant qu'un tube T8. Avec l'évolution de la technologie et l'apparition des leds, nous avons des éclairages qui produisent beaucoup plus de lumière pour un nombre de watt identique voire plus faible.

Le lumen:
Le lumen (lm) est une unité de mesure de la quantité de lumière émise par une ampoule, un tube ou des leds. Cette information apparait de plus en plus sur les emballages.
On estime qu'il faut pour un aquarium:

- très faiblement planté ou plantes peu exigeantes: 20/25 lumens par litre
- planté moyennement : 25/35 lumen/l
- très planté: plus de 35/40 lumens/l

Comme pour les tubes, un éclairage led doit aussi offrir un spectre lumineux de qualité, avec des leds rouges, jaunes, bleues, pas seulement des leds blanches.
De l'aveu des vendeurs aquario eux-mêmes, les éclairages leds de première génération étaient de mauvaise qualité. Ils balancaient une lumière trop puissante, principalement blanche, qui donnait un espect délavé à l'aquarium et pouvaient favoriser les algues.
Aujourd'hui, on trouve des éclairages leds de meilleur qualité surtout grâce aux grandes marques aquario qui ont investit le marché. Ainsi, on trouve des éclairages aquario avec des leds de couleur rouge, jaune, bleue, se rapprochant de la qualité des tubes fluorescents.

Il faudrait parler aussi du lux (lx), mesure plus précise qui donne une idée de la quantité de lumière reçue par une surface donnée, mais comme cette information n'est pratiquement jamais donnée, je vais en rester là. Je laisse de côté aussi le débat sur quelle couleur serait plus profitable aux plantes aquatiques.


Idées, suggestions, à faire ou ne pas faire, tout ça en vrac:

Je ne comprends pas cette incitation à prendre des éclairages de plus en plus puissants censés faire pousser les plantes plus vite. On peut avoir de très bons résultats avec un éclairage moyen, voire faible. Se rappeler que les véritables plantes aquatiques n'ont pas besoin d'un éclairage très puissant, en tout cas bien moins puissant que celui proposé dans le commerce.
  • Les plantes dans un nouvel aquarium ont besoin d'un temps d'acclimatation et il devrait être éclairé que progressivement, 6h la première semaine, puis on augmente d'une heure chaque semaine suivante jusqu'à atteindre 10/12h par jour.  
  • On peut éclairer un aquarium entre 9, 12 ou 14h par jour, il n'y a pas de règle précise, il faut être patient et voir comment les plantes se comportent. Si elles poussent bien avec 9 ou 10h par jour, pas la peine d'augmenter la durée juste pour faire comme les autres.
  • Ca ne sert à rien de privilégier un éclairage puissant, trop puissant ça risque de profiter aux algues. Un éclairage puissant va stimuler le processus de photosynthèse et les besoins des plantes en nutriments, si ces derniers manquent les plantes vont stagner, voire dégénérer. Les nutriments vont manquer dans les aquariums faiblement peuplés. Il vaut mieux un éclairage moyen pour, si besoin, augmenter la pussance par la suite.
  • 1w ou 60 lumens pour deux litres d'eau est largement suffisant pour maintenir un bel aquarium planté. 
  • Un éclairage équilibré devrait avoir un peu de rouge, de bleu, de jaune, voir le spectre lumineux sur l'emballage. Pour les éclairages à leds aussi  il faut  des leds de différentes couleurs. On trouve aujourd'hui des leds sous forme de tube adaptable sur une galerie prévue pour les tubes fluorescents T5. 
  • Si on veut un éclairage led, il vaut mieux choisir une marque connue, les mêmes qui fabriquent les tubes classiques,  qu'une rampe basique fabriquée en Chine. 
  • Se méfier des offres "aquarium+filtre+éclairage" premier prix. Il vaut mieux acheter son aquarium et son éclairage séparément, on pourra prendre une rampe de qualité.  
  • Pour les petits aquariums jusqu'à 50/60 litres il y a les lampes fluocompactes, (tubes fluorescents torsadés)  d'une puissance de 20w qui donnent de très bons résultats. Pour un aquarium de 100 litres on peut en mettre deux. C'est ce que j'ai utilisé pour ma "petite mare".
  • Rien n'empêche d'utiliser les nouvelles ampoules E27 à LED qu'on trouve dans les grandes surfaces, il suffit de vérifier le spectre lumineux qui doit comporter toutes les couleurs. 
  • Il faut dès le début mettre beaucoup de plantes à croissance rapide (cératophyllum, elodée, sessiliflora), ça va freiner l'apparition des algues. Quand je dis beaucoup, je pense à de gros buissons, pas forcément plein de plantes différentes.
  • Il faut éviter l'erreur que beaucoup font, prendre quelques pieds de plantes à croissance lente seulement qui mettent longtemps à s'acclimater. Pendant ce temps plus ou moins long les algues apparaissent, les plantes poussent trop lentement et les aquariophiles se découragent. Il faut, dès le debut, des plantes simples et véritablement aquatiques,  des flottantes. Les plantes à croissance lentes viennent uniquement en complément.
  • Dès le début, il faut des feuilles mortes qui vont lutter naturellement contre les algues.
  • Un aquarium n'est pas équilibré s'il n'y a que des plantes amphibies à croissance lente. C'est pour ce genre d'aquarium que les industriels produisent des systèmes à CO2 et vendent des fertilisants chimiques, car ces plantes ont besoin de beaucoup de CO2 et de nutriments, contrairement aux véritables plantes aquatiques.
  • Quand l'éclairage est trop intense, les plantes vont stagner, elles vont chercher à éviter la surface, et vont pousser que très lentement et en largeur. Souvent la tige centrale devient épaisse et change de couleur, c'est le signe que l'éclairage n'est pas adapté. On peut essayer de mettre des flottantes qui vont  tamiser la lumière et réduire l'intensité pour les plantes en dessous.
  • Quand la lumière est trop faible, les plantes vont pousser en hauteur, les feuilles seront très espacées sur la tige et celles qui se trovent au sommet de la plante vont grandir démesurément pour arriver à capter le plus de lumière possible. Il arrive que les feuilles près du sol tombent, la tige se dénude vers le bas, c'est le signe que l'éclairage est trop faible, il faudra soit changer de végétation soit changer d'éclairage.

    Bref, il faut comprendre qu'un éclairage puissant ne suffit pas pour avoir de belles plantes. Avec un éclairage moyen on peut avoir une véritable jungle aquatique dans un petit espace. Puis, chaque aquarium étant différent, il faudra être patient et trouver avec le temps un équilibre entre la source lumineuse, les espèces de plantes qui fonctionnent bien, et le vivant. Il n'y a pas de solution miracle qui va fonctionner parfaitement du premier coup, c'est trop souvent l'erreur commise par les débutants. Il faut tâtonner, faire des erreurs, et apprendre par soi-même.

    Stay in touch!
    1A = IRC>=90, 1B = 80

    Source: https://www.aquariophilie.org/articles/complement-technique-eclairage-part-1-177.html
    Auteur: TeTRaM78, le 2007-02-01
    Mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons © BY-NC-SA 3.0

    samedi 29 décembre 2018

    Des algues, introduction.

    Je viens de m'apercevoir que depuis la mise en ligne de ce blog en 2012 je n'ai fait aucun article sur les algues, il est donc grand temps de remédier à ce manquement.

    Personnellement, le seul gros problème d'algues que j'ai eu c'était dans mon 220l, avec filtration  à l'époque. Il y a eu une prolifération de cyanobactéries, qui est d'ailleurs une bactérie et non une algue et qu'on retrouve souvent en aquariophilie d'eau douce. J'ai tout essayé, les produits chimiques, les changements d'eau, les siphonnages, la période de trois jours de black-out, le permanganate de potassium, rien n'a fonctionné. Si bien que j'ai décidé de tout stopper et de refaire le bac à neuf, c'est d'ailleurs à ce cet époque que je suis passé à l'aquariophilie non filtrée. Depuis que je suis en low-tech je n'ai pas eu de gros problèmes avec les algues. Ce qui ne veut pas dire qu'en aquariophilie low-tech ou naturelle il n'y ait jamais de problème d'algues, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!

    Après, il est normal d'avoir un peu d'algues dans son aquarium de temps en temps, comme dans la nature, et tant que ça reste modéré c'est le signe que tout va bien. 

    Algues sur la mousse de Java
    Sur la photo ci-contre, on voit un développement d'algues plus ou moins filamenteuses.

    Chez beaucoup de personnes la mousse de Java est systématiquement envahie par des algues si bien qu'elles abandonnent carrément cette plante à cause de ce problème.

    En fait, la mousse de Java a besoin de très peu de lumière, elle est très jolie sous une couche de plantes flottantes qui vont beaucoup tamiser la lumière et la protéger ainsi des algues. Elle peut se développer dans un aquarium sans éclairage du tout, simplement avec la lumière ambiante. Ici, j'ai simplement coupé la partie de la mousse infestée et l'ai retirée, pas de quoi fouetter un chat comme dirait ma grand-mère!

    Algues filamenteuses
    Ci-contre, j'enlève un peu de filamenteuses en les enroulant sur une baguette en bois. Dans cet aquarium elle est présente uniquement au ras du sol, vraisemblablementt à cause d'un surplus de nutriments à cet endroit et d'une eau qui stagne à cause d'un brassage trop faible.

    Est-ce grave, que disait ma grand-mère déjà?

    On peut aussi l'aspirer lorsqu'on fait un changement d'eau, en la siphonnant avec un tuyau.  Personnellement, je fais très peu de changement d'eau, je l'enlève donc à la main tous les deux ou trois mois. Comme ça reste très limité, il n'y a pas lieu de s'inquiéter plus que ça.

    Quelques généralités:

    Cyanophycées, Chlorophycées, Phéophycées, Rhodophycées, Diatomée, que de jolies noms pour quelque chose qui est un cauchemar pour les aquariophiles, on dirait des noms de déesses grecques.

    Les algues sont des végétaux inférieurs à la base de la vie végétale, juste avant les mousses, et font partie intégrante de tout écosystème. Elles sont apparues il y a des milliards d'années et ont développé une formidable faculté d'adaptation. Des chercheurs ont établi que les algues diffusaient des substances chimiques pour se défendre des autres algues, des prédateurs et pour tuer des plantes supérieures ennemies. Parait-il que les filamenteuses sont capables d'éliminer le phytoplancton en suspension, ainsi, pour lutter contre l'eau verte rien de mieux qu'un peu d'algue filamenteuse!
    Certaines algues diffusent des toxines capables de tuer un animal si celui-boit de l'eau contaminé. Les cyanobactéries ou algues bleu-vert libèrent dans l'aquarium des substances toxiques également.

    Heureusement, les plantes secrètent aussi des substances par les racines et par le système foliaire dans le but de se défendre contre les algues. Si on pouvait voir l'infiniment petit, on se rendrait compte que l'aquarium est en fait un formidable champ de bataille.

    Certaines semblent aimer le courant, d'autres se développent en eau stagnante, certaines aiment la lumière forte, et d'autres les zones sans lumière directe du tout, comme les algues brunes.
    Ça devient vraiment un problème lorsqu'il y a prolifération incontrôlée, elles peuvent éliminer les plantes supérieures et asphyxier le vivant en consommant rapidement l'oxygène. C'est exactement ce qui se passe dans nos cours d'eau pollués par les nitrates rejetés par l'industrie du bétail. On assiste à une eutrophisation du milieu aquatique qui finit par mourir.(Merci l'élevage intensif et à l'appétit insatiable des humains!)

    Revenons à nos moutons, les algues vertes se développent à cause d'un surplus de nutriments et à une lumière intense, les algues brunes se développent surtout à cause d'un éclairage faible ou de mauvaise qualité. Dans les aquariums nouvellement installés, les algues brunes apparaissent quelquefois au début et jusqu'à ce que l'écosystème s'équilibre, les filamenteuses aussi d'ailleurs, heureusement ce n'est que temporaire.
    Il y a véritablement un problème quand le décor et toutes les plantes sont envahis, quand la colonne d'eau verdit et que les poissons pipent l'air à la surface, quand on arrive pas à s'en débarrasser malgré tous nos efforts, là il y a vraiment de quoi s'inquiéter.

    Pourquoi les algues prolifèrent:
    1. La première cause vient d'un éclairage inadapté et d'un déficit en végétation. Un éclairage trop puissant favorise les algues vertes, et quand il est insuffisant il favorise les algues brunes.
    2. A cause d'une eau de mauvaise qualité.
    3. Trop de nutriments sous forme de matière azotée en lien avec la vie de l'aquarium.
    4. Un substrat trop riche, avec engrais chimiques ou pas, non adapté à la végétation.
    5. A cause d'une végétation faible, pas assez de plantes à croissance rapide et pas de flottantes.
    Souvent, plusieurs facteurs se combinent et il est difficile de trouver la cause exacte, il faut donc procéder par tâtonnement et par élimination.

    Il y a beaucoup de points à voir et chacun demande un développement plus ou moins important. Pour éviter de faire un article beaucoup trop long je vais développer chaque point séparément, ce sera plus claire et plus lisible.

    Donc, la suite au prochain épisode.

    Stay in touch!

    dimanche 5 août 2018

    Attention à la canicule!

    Hier matin, en observant l'aquarium, je me suis aperçu que la respiration des poissons était inhabituellement rapide.

    Je précise que l'éclairage n'était pas encore allumé. Je l'ai observé de nouveau l'après midi, une heure après la mise en route de l'éclairage, et là les poissons respiraient normalement.

    A l'évidence ils manquaient d'oxygène.

    Mais c'est bien sûr, ça s'appelle la photosynthèse. La nuit les plantes consomment l'oxygène et vu la jungle dans cette aquarium elles devaient en consommer beaucoup. Pour rappel, durant le jour la végétation consomme le CO2 et rejette de l'oxygène, alors que la nuit elle consomme l'oxygène et rejette le CO2. Ceci explique la respiration rapide des poissons quand il n'y a plus de lumière puisque l'oxygène se raréfie.

    J'ai fait un test de l'eau, pas fait depuis 2016, pour être sûr qu'il n'y avait pas une montée de nitrates ou nitrites.

    Les résultats sont négatifs, pas de nitrites, pas de nitrates, les deux sont indétéctables. Le pH est à moins de 6.5. La température est entre 26 et 28° entre le matin et le soir. C'est donc bien un problème de manque d'oxygène qui se manifeste uniquement lorsque l'éclairage est éteint.
    Dans mon précédent article j'avais indiqué avoir supprimé le brassage de l'eau. Hé bien, me voilà obligé de remettre en route un petit filtre cascade histoire de redonner du souffle à mes petits poiscailles. En fait, ce filtre cascade ne filtre rien du tout, il ne peut servir qu'à brasser l'eau d'un petit aquarium, pas à filtrer son eau. Sans rentrer dans les détails, il m'a été livré sans masses filtrantes, et sa conception rudimentaire empêche un véritable pouvoir de filtration. Mais comme je suis en low-tech son pouvoir de filtration ne m'intéresse pas, en revanche, ce petit filtre est très utile pour augmenter la circulation d'une manière idéale, on peut même régler le débit. Puisqu'il s'accroche à l'aquarium il ne prend pas de place à l'intérieur du bac, et se rince facilement en le décrochant simplement sans devoir mettre les mains dans l'aquarium. Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez le trouver pour quelques euros sur ce site parmi d'autres. 

    Pour favoriser une pénétration maximale de l'oxygène j'ai supprimé pas mal de flottantes, j'ai laissé quelques spécimens de chaque espèce et mis au compost tout le reste. Quand les flottantes  recouvrent toute la surface elles empêchent les échanges gazeux et la pénétration de l'air dans l'eau. C'est une chose à ne pas oublier surtout en période de canicule. 

    J'en profite pour faire un autre rappel, trois paramètres sont importants pour nos bacs low-tech, le pH, les bactéries, et l'oxygène:

    Le pH: On sait que les déchets tels que l'urine, les excréments, les débris végétaux,  cadavres d'escargot ou autres se transforment en ammoniaque très toxique pour les poissons. Dans une eau légèrement acide l'ammoniaque se combine à de l'hydrogène actif et devient de l'ammonium. L'ammonium est un engrais naturel et  facilement assimilable par les plantes, c'est pour ça qu'on a pas besoin d'un filtre.
    En revanche, dans une eau plus dure l'ammoniaque ne peut pas se transformer en ammonium  et reste sous sa forme toxique, surtout si le pH est au dessus de 7.
    Donc, il vaut mieux avoir une eau légèrement acide et douce si on veut espacer les changements d'eau et se passer des filtres. Il faut viser un pH en dessous de 7 sachant que 6.5  est l'idéal. 

    L'oxygène: Tout ce processus de transformation de l'ammonique en ammonium est effectué grâce aux bactéries aérobies, c'est à dire qu'elles ont besoin d'oxygène pour bien travailler. Un aquarium bien oxygéné est donc idéal pour favoriser un milieu aquatique sain. C'est pour ça qu'il faut veiller à laisser une partie de la surface libre et qu'il vaut mieux avoir un léger brassage. C'est surtout vrai pendant les périodes très chaudes, le reste du temps le brassage n'est pas une obligation.
    C'est d'autant plus vrai que l'aquarium est bien peuplé, comme le mien. Si vous avez un grand bac avec très peu de poissons ces obligations ne s'appliquent pas forcément.

    La température: Plus la température est élevée et plus les poissons auront besoin d'oxygène. Paradoxalement, plus la température s'elève et moins il y aura  d'oxygène disponible dans l'eau. C'est surtout le cas l'été et lors de changements de pression atmosphérique. Ce qu'il faut retenir c'est que l'été l'aquarium (poissons+plantes+bactéries) a besoin d'un supplément d'oxygène, et il ne faut pas hésiter à rajouter un bulleur ou une pompe de brassage. Le signe d'un manque d'oxygène est la respiration rapide des poissons et le fait qu'ils montent souvent à la surface pour piper l'air.


    En conclusion: Pour un milieu aquatique idéal il faut un pH en dessous de 7, une eau légèrement acide, une température inférieure à 25°. L'été il faudra compenser l'élévation de la température par une oxygénation plus importante soit en rajoutant un bulleur soit en ajoutant une pompe de brassage. Cet apport supplémentaire d'oxygène devra se faire surtout la nuit, moment où l'oxygène manque le plus.

    Sur ce bonnes vacances et see ya! 😎

    Dani

    vendredi 22 juin 2018

    Pas mal du tout!

    Voici un dernier article sur mon petit aquarium avec terreau, histoire de faire un petit bilan et de montrer ce que ça donne au bout d'un an et six mois.

    Il y a eu de petits changements au niveau de la population d'abord. J'ai dû me débarrasser de mon bassin et j'ai dû donner une partie des poissons. J'en ai gardé quand-même une huitaine que j'ai mais dans mon aquarium avec terreau. Ils cohabitent maintenant avec une dizaine de Boraras naevus. Je dois dire que la vie en groupe se passe remarquablement bien. Les Naevus, pas timides pour un sou, n'y trouvent rien à rdire. Lorsque je regarde le bac, photo ci-contre, je n'ai pas l'impression qu'il s'agit d'un bac de 55l seulement. Je précise qu'il n'y a aucun problème de cohabitation, voire de surpopulation, les poissons semblent heureux! De toute façon, contrairement à ce qui est dit ici et là, et pour les avoir vus évoluer dans un bassin de 300l, les Tanichthys n'ont pas besoin d'un espace de nage si grand que ça, un bac de 60cm est un minimum.

    La végétation a explosé durant ces dernières semaines, ça devient une véritable jungle. Mais je ne jardine pas tant que ça. Une fois par mois j'enlève les stolons des Vallisnéries qui viennent trop près de la vitre frontale, et j'enlève le surplus de flottantes qui prennent trop de lumière aux plantes en dessous. Il faudrait que j'éclaircisse aussi les tenellus à l'avant, oui sans doute, un de ces jours...
    La racine, que je trouvais si jolie, est maintenant complètement cachée par la mousse de Java. Elle n'est plus du tout visible à partir de la vitre frontale, là aussi, il faudrait que j'intervienne.
    C'est le pourquoi de cette photo ci-contre.
    L'Echinodorus bolivianus se plait beaucoup, c'est une véritable découverte! C'est une très jolie plante, elle est idéale pour les petits aquariums, mais plus de détails lors d'un prochain épisode.



    Autre changement depuis le dernier article, aujourd'hui il n'y a plus de brassage du tout. En fait, lors du dernier nettoyage de la turbine j'ai oublié de la remettre en route. Le bac a l'air de tellement bien se porter que j'ai décidé de ne pas la réutiliser. C'est vrai que la brassage n'est pas obligatoire pour tous les aquariums, il est surtout utile pour les bacs aux dimensions hors norme. Ceux dont la hauteur est supérieure à la largeur, freinant ou empêchant les échanges gazeux, ce qui n'est pas le cas de celui-ci. L'eau reste parfaitement limpide, l'odeur qui s'en dégage est comme celle d'un ruisseau, pour sûr, tout va pour le mieux!

    Voici une vue d'ensemble.


    Pour terminer, voilà une petite vidéo du bac. J'ai filmé les poissons et leur état d'excitation après les avoir nourris avec des larves de moustiques en grand nombre, quel bonheur pour  eux, leur instinct de chasseur est en éveil!






    Même si j'ai des critiques quant au choix de la végétation, je trouve que ce petit bac est vraiment pas mal du tout, mais je ne sais pas combien de temps vais-je le garder avec cette configuration.
    J'ai déjà d'autres idées d'agencement et ça me titille...wait and see.

    J'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont contacté pour leur gentillesse et pour leurs encouragements, au plaisir de vous lire et relire.


    Amicalement
    Dani

    jeudi 12 avril 2018

    Aquarium avec terreau, et après?

    Que peut-on faire lorsqu'on a mis du terreau dans le sol de son aquarium, peut-on changer la végétation sans être obligé de tout refaire?
    Le bac, ci-contre, tourne depuis fin 2016 et j'ai eu envie, en ce début 2018, de modifier son aspect en changeant carrément la végétation. Et ça c'est pas évident à cause de la couche de terre sous la sable. Avec ce genre d'installation il vaut mieux éviter de toucher et retoucher. Mais je suis du genre aventureux et ça me fait pas peur de mettre les mains dans la gadoue! 

    Alors voilà comment j'ai procédé:

    Pour arriver à travailler délicatement il faut des outils, ne dit-on pas d'ailleurs qu'un bon ouvrier n'est rien sans ses outils, ou quelque chose dans le genre ?! Moi j'ai utilisé une pince et je dois dire que c'est quand même bien pratique! C'est surtout utile pour  éviter de tout remuer. Pour enlever les plantes il faut déterrer les racines et ce plant par plant. J'y suis allé doucement en enserrant le collet de la plante et en tirant  dessus légèrement jusqu'à voir les racines.
    A ce stade, en plus de la pince, il faut aussi une paire de ciseaux spéciale aquascaping, rien que ça! Une fois les racines en évidence il suffit de les couper le plus près possible du sol, comme sur la photo ci-contre. J'ai pas cherché à sortir les racines, c'est simplement impossible, il suffit de les laisser dans le sable.  Elles disparaitront peu à peu mangées par les bonnes bactéries dont le substrat est rempli. Ben oui, le sable est rempli de millions de bactéries surtout celui avec du terreau, on l'a déjà vu dans l'article précédent, hein ?!

    J'ai taillé les racines d'une plante avant de la replanter, c'est une plante que je voulais déplacer. Toujours avec cette pince magique, je l'ai sortie, taillée puis replantée ailleurs donc, vous suivez toujours? Certains me diront qu'on peut utiliser une pince à épiler, oui peut-être, mais une pince à épiler risque d'abîmer le collet de la plante car trop coupante.
    Voici ci-contre la plante taillée prête à être replantée. Pas la peine de chercher à enfouir les racines trop profond, il faut simplement que la plante ne puisse remonter et flotter à la surface. Le but est de ne pas remuer la couche de terreau. 
    Ca a l'air simple comme ça, mais il s'agit de plantes de petites tailles, on peut pas faire la même chose avec de grosses Echinodorus ou des Hygrophila, avec ces dernières on ne peut faire autrement que de refaire le bac entièrement.
    Pour résumer, j'ai coupé les plantes dont je voulais me débarrasser en laissant les racines dans le sable. Ca semble tout bête finalement en une phrase!

    Une fois les plantes sorties j'ai pu mettre ma racine, oui, on ne se refait pas, pour moi une racine ou du bois flotté donne un aspect très naturel au bac. Pour dire les choses autrement, je ne suis pas fan des bacs de type hollandais avec une multitude de plantes différentes, je ne retrouve pas cet aspect naturel particulier.

    Sur la photo on voit encore un buisson de Cryptocoryne, je l'ai enlevé finalement plus tard. Oui, il vaut mieux éviter de changer toute la végétation en une seule fois, il faut y aller par pallier et sur un mois environ. Là j'ai rajouté la Vallisnérie, une Echinodorus, mais de petite taille, et de la Vasicularia. En avant plan j'ai mis l'Echinodorus tenellus, la vraie!

    Et voilà ce que ça donne, ci-dessous, après le grand chamboulement.


    La végétation se compose principalement de: Vallisnéria spiralis, Echinodorus bolivianus, Echinodorus tenellus, Vesicularia dubyana. Quelques brins de Rotala sp. green qui ont repoussé à partir des racines laissées dans le sable, je verrai si je la laisse...Cela fait un mois que le travail de rénovation est terminé, maintenant il faut que ça pousse!

    Pour la petite histoire, l'hiver dernier la t° du bac est descendue à 14,15°et les plantes faisaient la tête, j'ai dû acheter un thermoplongeur que j'ai réglé à 21°. Ce qui était rigolo c'est que les poissons se fichaient royalement de la température, pour eux un bain à 14° était telle une cure de jouvence. Ah oui, il s'agit de 10 Boraras naevus récupérés et placés à la hâte dans ce bac qui sert maintenant de refuge et dans lequel ils se sentent comme à la maison.


    Conclusion

    J'ai donc réussi à changer la végétation malgré un substrat à base de terreau avec quelques précautions:

    - Je n'ai pas éliminé toute la végétation en une seule fois, je l'ai fait peu à peu sur plusieurs semaines
    - J'ai remplacé chaque espèce de plante par une autre au fur et à mesure
    - J'ai fait un changement d'eau lorsque j'ai trop perturbé le substrat
    - J'ai coupé les plantes en laissant les racines

    Je précise que ça peut être fait avec des plantes de petites tailles ou moyennes, avec des plantes énormes c'est évidemment plus difficile, voire impossible.

    Je dois dire aussi que les poissons se portent très bien et n'ont pas été dérangés par ce chamboulement, il n'y a eu aucune perte. Il semble d'ailleurs que ce soit la période des amours vu leur comportement!

    Stay in touch!
    Dani

    jeudi 11 janvier 2018

    Une gazonnante de plus

    J'ai déjà parlé de l'Echinodorus tenellus comme gazonnante facile, en voici une autre, c'est l'Eleocharis sp. mini.

    Comme son nom l'indique c'est une Eleocharis de taille plus petite.

    C'est une proche cousine de l'Eleocharis parvula, mais la mini est utilisée en avant plan sous forme de gazon aquatique. Elle est cosmopolite, on la trouve sur tous les continents dans des zones périodiquement innondées, ce n'est donc pas une aquatique pure. Le sol dans ces zones est constitué par du limon, du sable et de l'argile.

    Eleocharis sp. mini en godet
    Elle ressemble vraiment à du gazon d'un beau vert tendre, sauf que les feuilles sont fines comme des aiguilles. On la reçoit en godet pour un prix de 6 ou 7€. Un seul godet est bien suffisant pour recouvrir la plage avant de son aquarium. Mais ce n'est pas une mince affaire, on la trouve enroulée en pelote sur elle-même grâce à ses stolons. Il faut donc défaire la pelote en coupant les stolons,  puis planter chaque rhizome avec une pince, oui, une pince est indispensable tellement cette plantule est fine et délicate.

    Parait-t-il qu'il faut une injection de Co2 et un substrat riche pour la voir s'épanouir correctement. J'ai tenté de la maintenir dans un sol riche à base de terreau et dans un simple sable.

    1) Dans un sol riche

    Eleocharis sp. mini sur du terreau
    Ci-contre, elle se trouve dans mon aquarium avec terreau, sous un éclairage de type T5 de 24w. Elle s'est developpée assez rapidement et a envahi tout l'avant du bac. Ses stolons courent dans le sol et s'enfoncent assez profondément. En revanche, il faut du temps pour qu'elle s'étoffe et pour qu'elle donne l'aspect recherché d'un gazon touffu.
    Elle est maintnue dans un aquarium qui n'est pas chauffé, l'hiver la t° atteint les 19°


    Elagage de l'Eleocharis mini
    Après deux à trois semaines elle a atteint 6 à 7cm de hauteur, j'ai tenté une taille histoire de voir son comportement. C'est pas une mince affaire, c'est pas évident de traviller dans un petit aquarium, il manque de l'espace pour manoeuvrer avec la pince. Une fois la taille effectuée il faut ramasser les aiguilles coupées qui se mettent partout. Les aiguilles sont assez dures et mettent longtemps à se décomposer, vaut mieux les enlever. La taille ne semble pas la gêner beaucoup, les rhizomes finissent rapidement par donner de nouvelles aiguilles.

    Eleocharis en touffe!
    Voilà une vue d'ensemble qui permet de voir ce que donne cette plante au bout de plusieurs mois. Je n'ai pas eu la patience de la planter rhizome par rhizome, ce qui aurait donné un effet beaucoup plus homogène. C'est une plante qui permet de tester sa patience ou la travailler, enfin, si on le veut...



    2) Dans un sol pauvre

    Eleocharis dans du sable
    Voilà à quoi elle ressemble dans un sol sableux pauvre. Elle semble vivoter, elle a bien essayé de coloniser l'espace, mais elle reste assez chétive et clairsemée même après plusieurs mois. Je dois dire que l'éclairage doit y être pour quelque chose. C'est une ampoule de 20w pour 55 litres d'eau, et comme l'aquarium est très haut la lumière a du mal à atteindre le fond. J'ai d'ailleurs fini par l'enlever complètement. Il en ressort que cette plante a besoin d'un bon éclairage, deux watts par litre me semble un minimum, sans oublier de tenir compte de la hauteur du bac.


    En résumé:

    - Question qualité de l'eau, elle accepte tous les paramètres, peu importe si l'eau est dure ou douce, elle s'accomode même d'une eau saûmatre.
    - En revanche, côté température, elle accepte mal les grandes chaleurs sur une longue période. Au delà de 25/26° elle cuit, le mieux pour elle est un bac non chauffé ou tempéré.
    - Pour la lumière, on a vu qu'elle a besoin d'un bon éclairage, 2 watts pour deux litres d'eau minimum, en dessous elle végète, et il faut tenir compte de la hauteur de son bac.
    - Question sol, sans aller jusqu'à mettre du terreau, on peut épandre quelques poignées de "terreau" pour bassin, ça suffit amplement. Ce genre de "terreau" est composé d'argile, de sable et quelquefois de tourbe blanche, ce qui correspond grosso modo au sol que cette plante trouve dans son milieu d'origine.
    - Pour l'entretien, il n'est pas nécessaire de la tailler souvent, une taille une fois par an ou tous les deux ans suffit. Pour l'éclaircir et la rajeunir un peu, on peut supprimer les rhizomes les plus anciens, doucement, délicatement avec une pincette.


    Bref, c'est une plante qui n'est pas si difficile que ça, qui est jolie lorsqu'elle forme un tapis vert homogène, et qui est prolifique.

    Stay in touch!
    Dani